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Fusions, Acquisitions / M&A

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Lazard aux premières loges du potentiel plus gros deal européen de l’année

Le premier brasseur mondial AB Inbev a fait un premier pas vers son plus gros concurrent SABMiller, pour un nouveau groupe qui pourrait atteindre 270 milliards de dollars. Les boutiques se distinguent mais les jeux sont loin d’être joués.
Bières
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C’est le deal serpent de mer, qui est murmuré depuis plusieurs années mais auquel on n’osait plus croire. Le plus grand brasseur mondial en volume, le belgo-brésilien Anheuser-Busch InBev, a enfin approché son concurrent direct, le britannique SABMiller. A nouveau, les boutiques ont réussi à se faufiler au premier rang de cette opération qui pourrait créer un géant mondial valorisé plus de 270 milliards de dollars en Bourse, et serait la plus grosse opération M&A de l’année en Europe. Lazard est le conseil financier exclusif d’Anheuser-Busch InBev, tandis que côté cible, la boutique britannique Robey Warshaw, qui s’est déjà positionnée sur le méga deal Shell-BG de 70 milliards de dollars au printemps dernier, a été mandatée aux côtés des grands mastodontes que sont JP Morgan et Morgan Stanley.

Si les analystes et autres protagonistes du secteur avaient parié sur ce rapprochement depuis bien longtemps, le timing de cette annonce ne doit rien au hasard. SABMiller est très exposé aux pays émergents, notamment en Afrique où il génère plus de 7 milliards de dollars de revenus, et en Amérique Latine, son plus gros marché qui lui rapporte un tiers de ses profits. Les déconvenues subies par la Chine et les autres pays émergents ont fait chuter le cours de la société de 15% depuis août, d’où un point d’entrée plutôt intéressant à 18 fois ses profits attendus. Mais le groupe affiche aussi une place de choix aux Etats-Unis, où sa joint-venture avec Molson Coors lui offre 20% de parts de marché. Avec une position dominante de 30% du marché mondial et 70% du marché US, le nouveau groupe serait obligé de procéder à d’importantes cessions d’actifs, ce qui pourrait rebattre les cartes pour tous les autres acteurs du secteur.

L’opération est un nouveau coup de maître de la part de 3G Capital, le fonds brésilien qui est apparu sur le devant de la scène l’an passé, lorsqu’il s’est allié avec Warren Buffett pour fusionner Burger King et la chaîne de restaurants Tim Horton’s. Depuis, l’oracle d’Omaha et 3G Capital ont à nouveau sévi ensemble, en annonçant le rachat par Heinz de Kraft Foods pour 80 milliards de dollars. Les cinq associés fondateurs du fonds, qui siègent au board d’Anheuser-Busch InBev et sont connus pour leur slogan « Dream big », orchestrent de très grosses opérations et procèdent ensuite à des réductions drastiques de coûts pour optimiser les synergies.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres, et pas seulement en raison de la vigilance du régulateur américain. La compagnie de tabac Altria et la famille colombienne Santo Domingo contrôlent à elles deux 40% de la cible, et il faudra obtenir leur feu vert pour que l’opération puisse aboutir. Selon les analystes, l’acquéreur pourrait devoir débourser 40 à 45 livres par titre, soit une valorisation globale allant jusqu’à 130 milliards de dollars pour obtenir l’aval des actionnaires de la cible. Néanmoins, le profil de long terme de ces deux protagonistes signifie qu’une opération en titres, moins difficile à financer, pourrait être une option valable.


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