Régulation / Concurrence / Politique monétaire / Régulation
Régulation / Concurrence
Politique monétaire / Régulation
Quels sont les principaux risques pour la stabilité financière en zone euro ?
La BCE a dévoilé hier sa traditionnelle Financial Stability Review, un épais document d'une centaine de pages publié deux fois par an depuis 2004, visant à faire le point sur l'état du marché financier européen et mondial et sur les risques pesant sur sa stabilité. Sans être alarmiste, la Revue a recensé quatre principaux risques pour la stabilité financière au cours des deux prochaines années : le premier concerne les retombées d'une éventuelle réévaluation déstabilisante des primes de risque sur les marchés financiers mondiaux. La BCE redoute en somme une forte chute du prix des actifs financiers, notamment sur le marché obligataire et immobilier, qui pourrait entraîner l'ensemble des actifs dans leur baisse. Le deuxième porte sur les entraves potentielles à la capacité des banques à jouer leur rôle d'intermédiaire, dans un contexte de faibles performances financières, aggravées par des difficultés structurelles. "La faible profitabilité des banques met en danger la distribution de crédit dans l'UE", expliquent les auteurs de la revue.
Le troisième risque est lié aux préoccupations actuelles en termes de soutenabilité de la dette publique et privée sur fond de niveaux d'endettement historiquement élevés. La Revue a ainsi classé les Etats de la zone euro en deux catégories, les plus affectés par la crise de 2012 et les moins touchés. Or l'endettement des premiers devrait encore atteindre en moyenne plus de 110% du PIB l'an prochain contre 70% du PIB pour les autres Etats. L'endettement moyen des Etats de la zone euro devrait donc tourner autour de 80% en 2019, un niveau que la BCE estime encore trop élevé. D'autant que l'endettement des entreprises est également très important (il est supérieur à 200% du PIB aux Pays-Bas et proche de 200% en Belgique).
Enfin, le quatrième danger pour les marchés a trait aux risques de liquidité qui pourraient émerger dans le secteur financier non bancaire, avec une contagion se propageant à l'ensemble du système. Les fonds d'investissement ont en effet étendu la durée et accentué le risque de crédit de leurs portefeuilles ces derniers mois, afin d'accroître leurs rendements, tout en puisant dans leurs coussins de liquidité. "Ces évolutions rendent les fonds d'investissement davantage susceptibles d'amplifier toute réappréciation du risque sur les marchés financiers mondiaux", avertit ainsi La Revue.
La création d'un indicateur composite de risque systémique conjoncturel (CSRI) dévoilée dans la Revue hier également devrait donc justement être utile pour mieux percevoir les signes de l'arrivée d'une crise financière. "Cet indice augmente plusieurs années avant la survenue d'une crise et son niveau est fortement corrélé avec la sévérité de la crise (et donc de la chute du PIB)", explique ainsi La Revue. L'indicateur est censé avertir de l'arrivée d'une crise financière 3 à 4 ans avant, précise la BCE. Qui n'a malheureusement pas révélé le niveau de ce nouvel indice...
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

