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Fidelity / Etats-Unis
Les commissions douteuses de Fidelity
Les autorités américaines font elles aussi la chasse aux commissions indues. Dans ce cadre, le Département du Travail de l’administration Trump a ouvert une enquête sur les pratiques suspectes du géant Fidelity, dans la gestion de ses fonds mutuels. Le Département se penche en particulier sur les "frais d’infrastructure", des commissions prélevées annuellement auprès des gérants qui vendent leurs fonds sur la plateforme Fidelity. Ils se montent à 0,15 % des montants gérés globalement par les fonds mutuels, et non sur la seule plateforme Fidelity.
Selon un document interne du groupe cité par le Wall Street Journal, elles ont "pour but de s’assurer que chaque firme du fonds assure un paiement minimum requis par Fidelity". Les fonds ont le choix de régler leur dû directement, ou de répercuter le coût à leurs propres investisseurs. Mais ceux qui refuseraient de le payer seraient circonscrits à "une relation très limitée" avec le mastodonte de la gestion d’actifs, qui ne détient pas moins de 2.600 milliards de dollars sous gestion, notamment les fonds 401k de retraite par capitalisation.
Cette méthode est destinée à combler le manque à gagner pour des acteurs comme Fidelity, dont le business model est mis à mal face à la montée en puissance des fonds indiciels et autres modes de gestion passive, à moindres coûts. "Nous recevons une commission des fonds mutuels pour nous rémunérer de la maintenance de l’infrastructure nécessaire à rendre ces fonds disponibles", a réagi Vincent Loporchio, porte-parole de Fidelity, citant les modes de trading et classement des opérations et le service clients, entre autres. "Cela a un coût de maintenir ce genre d’infrastructure et Fidelity a le droit d’être rémunéré pour ces coûts".
Le Département du Travail s’intéresse surtout à l’opacité de ces frais, que le fonds n’aurait pas communiqués de manière transparente à ses clients, comme cela est la règle pour l’ensemble des frais de gestion. Une action en justice a également été lancée par un investisseur dans un fonds 401k de T-Mobile USA contre Fidelity le 21 février dernier. Mais l’intéressé dément vigoureusement. "La commission d’infrastructure a été dévoilée aux plans 401k et à leurs sponsors via une publication que Fidelity a envoyée à plus de 20.000 plans 401k", a fait valoir Vincent Loporchio. La diversification des sources de revenus semble en tout cas avoir porté ses fruits puisque Fidelity a annoncé il y a quelques jours un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel records en 2018, malgré la baisse de ses actifs sous gestion pour la première fois en sept ans.
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