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Zone euro: 1500 milliards pour combattre la déflation | WanSquare
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Zone euro: 1500 milliards pour combattre la déflation

Telle est la somme que la BCE aura besoin de débourser au cas où la zone euro entrerait en déflation, selon les estimations des analystes de la Société Générale. Mais les conditions pour que Francfort accepte de faire du QE sont nombreuses.
Mario Draghi
Mario Draghi

Mario Draghi a préféré attendre la prochaine conférence de presse mensuelle pour prendre une quelconque décision sur les taux ou de nouvelles mesures non conventionnelles, afin de lutter contre le risque de déflation. Et vu les chiffres de PIB des principaux Etats de la zone euro pour le quatrième trimestre, finalement meilleurs que prévus (+0,3% après +0,1% au troisième trimestre), le président pourrait encore laisser passer quelques mois. Pourtant, le PIB de la zone euro est encore inférieur de 3% à son niveau de 2008, et les risques de déflation sont donc encore importants, « surtout dans les Etats fragiles de la zone », estiment les analystes de capital Economics.

Selon les économistes de la Société Générale, si le scénario de déflation se confirmait, la BCE aurait besoin de débourser 1500 milliards d’euros afin d’enrayer ce risque et faire du QE, sur le modèle des autres banques centrales. Les analystes ont établi deux cas de figure pour l’évolution de l’économie européenne et les décisions de la BCE qui en découleront. Le premier, qui a la plus grande probabilité d’arriver (à 65%), implique une reprise très lente, avec une inflation toujours au plus bas, conduisant la BCE à introduire une nouvelle LTRO, mais pour des montants limités. Cette deuxième opération permettrait aux banques de combler leurs besoins éventuels en capitaux, si l’AQR (l'évaluation des actifs à risque) l’exigeait.

Deuxième scénario (20% de probabilité), celui de la désinflation: une poursuite de la baisse des prix et une détérioration des conditions sur les marchés monétaires. Dans ce cas, la BCE entamera sans doute une politique plus agressive, à la fois de baisse des taux (de 15pb pour le taux de refi et de 50pb pour le taux de réserve) et la fin de la stérilisation du programme SMP (rachat de titres souverains). Elle pourrait par la suite, si besoin, abaisser le taux de dépôt en territoire négatif et renforcer sa forward guidance.

Enfin, troisième cas de figure mais pas le plus probable (15%), l’entrée en déflation. Deux facteurs pourraient précipiter le Vieux Continent dans cette spirale, précisent les analystes. Un hard landing chinois et une propagation de la crise dans les émergents, ou une stagnation de la croissance sur 10 ans. Dans ce cas, la BCE sortira l’arme du Quantitative Easing (QE), et devra débourser 1500 milliards d’euros pour parvenir à enrayer la déflation. Sachant que ce montant pourrait être supérieur si la BCE mettait trop longtemps à passer à l’acte. Si la BCE pratique à son tour le QE, le plus probable serait qu’elle rachète des titres souverains, estiment les économistes. « Mais les obstacles sont très nombreux » concluent les économistes. Même si, en cas de déflation, « l’objectif de stabilité des prix de Francfort devrait l’emporter sur les arguments juridiques prohibant le financement monétaire, et justifierait enfin de pratiquer le rachat de dette ». 

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