Croissance : optimisme record des dirigeants d'entreprise
A l'occasion de la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, PwC a publié la 21ème édition de son baromètre "Global CEO Survey". Il en ressort un nombre record de dirigeants qui se déclarent optimistes quant à la conjoncture économique mondiale : 57% des patrons interrogés estiment que la croissance du globe devrait s'améliorer en 2018. Ils sont ainsi près de deux fois plus nombreux que l'an passé (29%) à afficher un tel espoir. "Cette vague record d'optimisme (...) n'est pas l'apanage de quelques pays phares : c'est un mouvement qui peut s'observer dans de nombreuses régions du monde, à l'exception de l'Afrique (...). C'est probablement la meilleure année pour l'économie mondiale depuis 2010", commente Bernard Gainnier, président de PwC France et Afrique francophone.
Dans le détail, l'optimisme a plus que doublé aux Etats-Unis (59%), après la période d'incertitude de 2017 (24%) dans le cadre de l'élection présidentielle. Le Brésil n'est pas en reste avec un chiffre atteignant les 80%. De même, les pays les plus pessimistes s'attendent-ils à un futur meilleur, comme le Japon (38% en 2018, contre 11% en 2017) ou le Royaume-Uni (38% contre 17%). Par ailleurs, les patrons sont également confiants vis-à-vis des perspectives de leur propre entreprise (42% se déclarent très confiants), même si la progression n'est pas aussi nette (38% l'an dernier), note PwC. L'Amérique du Nord est la seule région où une majorité de dirigeants sont très confiants pour les 12 prochains mois : 39% en 2017... 52% en 2018. "Cette tendance s'explique par la politique pro business menée par l'administration Trump", souligne Bernard Gainnier. En revanche, les hommes forts européens sont légèrement moins optimistes (38% sont très confiants).
Quels sont les pays qui inspirent confiance ? Les patrons, hors Etats-Unis, estiment que le pays de l'Oncle Sam sera la principale source de croissance pour l'année à venir (46% des dirigeants placent les US en tête). La Chine reste en deuxième position, toujours à 33%, suivie de l'Allemagne (20%), de la Grande-Bretagne (15%), de l'Inde (9%) et du Japon (8%). La France remonte dans le top. Elle gagne deux rangs et prend la 7ème place. Le Canada passe, quant à lui, de la 15ème à la 9ème occurrence. "Les dirigeants de ces deux pays ont un profil et une posture semblables : Justin Trudeau et Emmanuel Macron se distinguent tous deux par leur attitude positive et pro business", poursuit Bernard Gainnier.
Malgré l'optimisme ambiant, les chefs d'entreprise se montrent inquiets de certaines menaces. Est cité : le risque d'un excès de réglementation (42% se disent très préoccupés à cet égard). Le manque de compétences clefs est une crainte majeure pour les patrons chinois (64% en 2018, contre 52% en 2017). Les risques évoqués dépassent le seul champ économique. PwC constate que la part des dirigeants extrêmement préoccupés par le terrorisme a doublé sur un an, pour atteindre les 41%. Les cyber-menaces ainsi que les risques induits par le changement climatique font également partie des sujets anxiogènes. "Il est intéressant de constater que les menaces sont différentes selon les régions. Ainsi, les dirigeants américains sont 53% à s’inquiéter des cyber-menaces, quand les chefs d’entreprise européens redoutent pour 42% d’entre eux le populisme. En Afrique, 50% des dirigeants sont préoccupés par l’instabilité sociale. Enfin, il est intéressant de noter que les menaces liées au changement climatique entrent dans le top 10. Malgré le retrait des États Unis de l'accord de Paris, les entreprises restent plus que jamais engagées sur cet enjeu", précise Bernard Gainnier.
Face à ces menaces, PwC note que les leaders ne se replient pas pour autant. "Ils s'adaptent face à la révolution numérique et s'engagent au service de la société dans un monde de plus en plus fragmenté", est-il écrit. Par exemple, "dans les métiers de la banque et des marchés de capitaux (65%), de la santé (65%) et de la technologie (59 %), la responsabilisation des équipes dirigeantes est une thématique qui revient plus fréquemment que chez les dirigeants pris dans leur ensemble. (...) Les débats largement relayés sur la diversité, l’immigration, l’inclusion sociale et l'égalité des salaires ont eu pour effet d'accroître les attentes des salariés vis-à-vis des prises de position de leurs équipes de direction sur des enjeux politiques et sociaux, notamment aux États-Unis (51%), en Chine (41%) et au Royaume-Uni (38%)".
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