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Jamie Dimon se dit « patriote avant d’être CEO »

Le patron de JP Morgan a accordé une longue interview à CNBC, où il a expliqué vouloir que le pays se réforme, afin de justifier son coup de sang lors des derniers résultats trimestriels de la firme. Sans parler de bulle, il n’incite pas à acheter des obligations souveraines à long terme en ce moment.
Jamie Dimon - JP Morgan
Jamie Dimon - JP Morgan

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook dont les sorties à la rencontre des populations locales dans les provinces américaines font jaser sur ses ambitions présidentielles, laisse planer le doute. Mais pour Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan -la plus importante banque a monde-, point d’ambition politique en vue. Il l’a précisé au cours d’une longe interview télévisée chez CNBC ce mardi : « Non je ne rentre pas dans l’arène. Et je ne critique pas Washington, je nous critique collectivement. Collectivement, le leadership de l’Amérique n’a pas fait ce qu’il fallait pour nous faire grandir plus vite -sur les emplois et les salaires », a-t-il déclaré. Cette phrase a pour but d’éteindre la polémique qui est née de son récent coup d’éclat, lors des derniers résultats trimestriels de la banque. Il avait alors explosé en disant que c’était « presque embarrassant d’être un citoyen américain » et qu’il était « fatigué d’écouter la m… qui vient de Washington », ce qui a ensuite lancé les rumeurs sur ses supposées prétentions politiques.

Jamie Dimon a donc cherché à mesurer son propos : « l’Amérique est le meilleurs pays au monde. Je suis un patriote complet (…) Mais nous devons identifier nos problèmes et les résoudre ». Il a ainsi appelé à la profonde réforme fiscale voulue par la nouvelle administration, alors que le taux d’imposition sur les sociétés est un des plus hauts dans le monde. « Nous n’avons pas de système fiscal compétitif », a-t-il regretté. L’homme, qui veille à ne pas apparaître comme partisan, a accepté d’aider le Président Trump dans son programme économique et de mener un conseil de grands patrons pour l’épauler. « Je ne veux pas blâmer qui que ce soit. Tout le monde veut la faire passer (la réforme fiscale, ndlr), en tout cas chez les Républicains (…) Nous devrions nous rassembler et travailler aussi dur que possible pour la faire passer », a-t-il martelé. Il considère d’ailleurs que l’économie pourrait croître à plus de 2% par an si ces réformes essentielles étaient menées et que le gouvernement faisait de l’éducation une de ses priorités.

Au sujet du contexte difficile dans la Silicon Valley, touché par plusieurs scandales de sexisme, Jamie Dimon a jugé que Wall Street faisait mieux. « Je suis fier de dire que 30% des personnes qui rapportent directement à moi sont des femmes », et cité l’exemple d’une femme noire responsable mondiale de la banque de détail.

Enfin, sur la valorisation des marchés, le patron a montré tout son tact de banquier. « Je ne vais pas appeler ça une bulle, mais personnellement, je n’achèterai pas de dette à 10 ans nul part dans le monde ». Un discours qui se veut plus rassurant que celui d’Alan Greenspan, l’ancien patron de la Fed qui a jugé il y a quelques jours que le marché obligataire pouvait éclater d’un jour à l’autre, et s’étendre aux marchés actions rapidement. L’environnement est certes totalement nouveau, car les banques centrales n’ont jamais eu à réduire des bilans (4.500 milliards de dollars pour la Fed) de cette ampleur. « Nous avons jamais eu de sortie de QE 1, 2 ou 3 avant. Peut-être que la BCE et la Fed vont le faire en même temps et que l’environnement n’est pas celui que les gens anticipent. On ne peut pas prédire l’histoire », a sagement conclu celui qui, en 2007, avait senti le vent tourner avant les autres et avait vendu le portefeuille de crédits subprimes détenu par sa banque. Dix ans plus tard, après Lehman Brothers, la Baleine de Londres et un cancer, il est toujours là et semble avoir toujours autant d’ambition pour son pays.


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