Comment Jérôme Lacaille réussit la transformation du CIF
Les abonnés de WanSquare ne se souviennent pas tous de la brutalité avec laquelle le Crédit Immobilier de France a été amené, en 2012, à demander d’urgence la garantie de l'Etat, après que son modèle de refinancement exclusif par les marchés a été remis en cause par les agences de notation. Depuis cette violente secousse les 53 sociétés coopératives actionnaires du CIF ont convenu de mettre en place un plan d’extinction ou de résolution ordonnée. De facto, depuis le 27 novembre 2013, la banque ne produit plus aucun prêt. Et son activité est recentrée sur la gestion de ses 19 milliards d’euros d'encours de prêts immobiliers.
C’est Jérôme Lacaille, HEC, ENA, Harvard, ancien conseiller technique d’Alain Lambert et de Jean-Louis Borloo, qui a été choisi en 2015 pour exécuter ce plan de résolution et restaurer la confiance des créanciers et des actionnaires. Un travail de titan et peu banal qui a été mené au cours des deux années passées autour de quatre axes principaux. D’abord, la simplification et la rationalisation des structures. Ce qui a conduit à la fusion de dix sociétés de financement interne et à la réduction du nombre de sites. Ensuite, par l’adaptation des ressources humaines, puisque les effectifs vont être réduits de moitié d’ici début 2018. Puis par l’optimisation de la gestion avec la réorganisation des structures de financement et l’optimisation du bilan. Enfin, par une maîtrise très pointue des risques de manière à rassurer les actionnaires et les autorités de régulation.
Cette période de transition explique que le produit net bancaire ait reculé de 25 % en un an à 162,4 millions d’euros et que le résultat d’exploitation soit négatif à hauteur de 14,9 millions. En revanche le coût du risque qui pesait à hauteur de 406 millions d’euros en 2015 a diminué à 55 millions l’an passé. Si bien que la perte nette du CIF a été très fortement réduite de 390 millions d’euros en 2015 à 104,7 millions en 2016. Dans le même temps, le ratio de solvabilité s’est fortement amélioré en passant de 12,3 à 13,8 %.
Tout ce travail de réorganisation, de renégociation et d’allègement des structures n’est pas terminé. Le plan social en cours va se poursuivre dans les mois à venir, pour tenir compte de l’arrêt de la production de crédits. Par ailleurs une partie des effectifs a été reprise par la société MCS désormais chargée du recouvrement d’une partie des créances anciennes. Le principal bénéficiaire de cette restructuration en bon ordre est l’Etat qui, en contrepartie de sa garantie, a perçu pas moins de 735 millions d’euros depuis 2013. Et si tout se passe comme prévu, les actionnaires peuvent escompter pour l’année prochaine, un premier remboursement de leurs apports. Dans ce contexte favorable, il n’est pas surprenant que le mandat de Jérôme Lacaille ait été renouvelé pour une durée de six ans lors de l’assemblée des actionnaires qui s’est tenue le 31 mai dernier.
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