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Macron remonte le moral des investisseurs américains

Selon le baromètre annuel AmCham-Bain, les trois quarts des investisseurs américains voient l’avenir de l’économie française de manière très positive. Un chiffre en nette amélioration qui se traduit par des velléités d’embauches. Mais la guerre n'est pas encore gagnée.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Un vent d’optimisme souffle sur l’Hexagone. Le baromètre annuel AmCham-Bain sur le moral des investisseurs américains en France a été publié aujourd'hui. Et le bilan est plus que favorable : les trois quarts des répondants voient l’avenir de l’économie de notre pays de manière très positive (+23 points par rapport à 2016). Il s’agit du niveau le plus haut depuis que l’enquête existe, à savoir depuis… 18 ans. Cette tendance commencerait même à se traduire dans les faits puisqu'un investisseur américain sur deux envisage de recruter de nouveaux employés sur le territoire français dans les 2-3 prochaines années. Ce score n’était que de 21% en 2016. Si cette inflexion est des plus positives, il reste du chemin à parcourir pour que tous les indicateurs soient au vert.

« Il faut lire ces résultats comme un espoir important en l’avenir mais pas comme une analyse objective. C’est un sentiment positif par rapport à la capacité du leadership de la France. Maintenant la clef c’est de ne pas décevoir », explique Robert Vassoyan, CEO de Cisco France président de l’AmCham. Car les auteurs du baromètre n’ont pas interrogé les investisseurs à n’importe quel moment. Le sondage a été mené six mois après l’élection présidentielle. Et il se révèle qu’il y a un véritable « effet Macron » : pour 9 sondés sur 10, l’action du Président facilite les investissements et améliore l’image de la France aux Etats-Unis. 


L’étude s’appuie sur les réponses obtenues auprès de 156 sociétés américaines -secteurs et tailles confondus- implantées en France représentant plus de 70.000 salariés et plus de 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Leur vision est d’autant plus importante que les entreprises du pays de l’Oncle Sam sont les premiers employeurs étrangers dans l'Hexagone.

Parmi les points d’attention : seulement 21% des répondants recommandent la France comme destination d’investissement. Certes, ce chiffre a connu une véritable progression -il n’était que de 3% en 2016. Mais le « Net Promoter Score » de la destination France (qui traduit la promotion que les investisseurs sont prêts à faire de notre pays) reste encore négatif à -12% (-51% en 2016). « Ils attendent de voir et de vérifier que les réformes vont aller jusqu’au bout », souligne Marc-André Kamel, associé chez Bain & Company et vice-président de l’AmCham.

Que reste-t-il à améliorer pour que la confiance règne pleinement ? « On observe une polarisation : les forces de la France sont de plus en plus des forces. A l’inverse les irritants se sont aggravés avec le temps », précise Marc-André Kamel. Du côté des points positifs, notre pré carré peut se targuer d’avoir une main d’œuvre de qualité. Sa sécurité juridique, ses infrastructures ou encore la possibilité d’y faire de la R&D sont des qualités mises en avant par les investisseurs américains. A contrario, l’Hexagone doit travailler sur le coût global de la main d’œuvre, la flexibilité du temps de travail, la complexité administrative ou encore sur son régime fiscal.

D’ailleurs, la plupart de ces points se retrouvent dans la perception propre des salariés américains invités à se prononcer sur les plus et les moins. De la même façon, sondés sur l'attractivité de la France comme terre de transformation numérique des entreprises, les investisseurs se montrent plus que positifs : 96% des investisseurs américains considèrent que la France est une destination attractive pour une entreprise qui souhaite engager ou accélérer sa transformation numérique (ils étaient 81% en 2016). A la question de savoir ce qui pourrait encore fait grimper ce chiffre, le baromètre conclut que c’est l’amélioration globale (complexité administrative, fiscalité etc.) qui doit être travaillée, pas le cadre sur le numérique et le digital en lui-même. Le message est clair.


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