Les hommes et femmes de l’ombre de l'administration Trump
Les médias américains ne parlent que de la nouvelle histoire d’amour entre Washington et Wall Street, tant Donald Trump a cherché à s’entourer de grands patrons d’entreprises : Gary Cohn, COO de Goldman Sachs, comme conseiller en charge de la dérégulation financière, ou encore Rex Tillerson, ex-PDG d’Exxon Mobil, comme secrétaire d’Etat. Mais derrière ces têtes d’affiche, des hommes et femmes politiques d’expérience ont été nommés pour mettre en musique les grandes mesures annoncées par le nouveau Président. Nombre d’entre eux n’ont pas encore été confirmés, ce qui place la nouvelle administration en retard par rapport à ses prédécesseurs. S’ils sont très peu médiatisés, le New York Times a présenté quelques-uns de ceux qui auront un rôle essentiel pour délivrer les promesses de campagne du candidat républicain.
Tout d’abord, Ryan T. Jackson, nouveau chef d’équipe de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA). Ce dernier a commencé la politique à 18 ans et travaillé essentiellement pour James M. Inhofe, un député républicain de l’Oklahoma réputé pour son scepticisme sur l’environnement. Mais c’est surtout la nomination de Scott Pruitt, lui aussi issu de l’Oklahoma et voix critique du réchauffement climatique, à la tête de l’EPA, qui a permis l’ascension de Ryan Jackson. Ce dernier a pour mission d’orchestrer le revirement complet de l’administration sur de nombreuses réglementations existantes pour des industries variées (agriculture, pétrole, construction, utilities, automobile etc). En première ligne avec la Maison Blanche et le Congrès, il devra notamment réduire le budget de 8 milliards de dollars de l’agence et ses 15 000 employés, ce qui devrait lui valoir l’opposition farouche des groupes de défense de l’environnement.
Donald Trump a déjà demandé à ce qu’il supprime deux lois datant de l’ère Obama : la première accentuait l’autorité fédérale sur les rivières et marais pour empêcher des pollutions industrielles, et l’autre avait pour but de réduire l’empreinte carbone des usines de charbon. Il travaille également à restreindre les règles sur les économies d’essence au sein des nouvelles voitures.
Ensuite, Joyce Meyer est l’assistante adjointe du Président et le directeur adjoint du Parlement pour les affaires législatives. A 45 ans, cette femme de pouvoir doit être le point de contact et l’intermédiaire privilégié entre la Maison Blanche et le Parlement. Mais elle a un atout : elle connaît le porte-parole du Congrès, Paul Ryan, depuis plusieurs décennies. Originaires tous deux du Wisconsin, ils ont commencé au Sénat puis elle l’a suivi comme membre de la Chambre des Représentants en 1998, comme vice-président et enfin comme porte-parole, chef d’équipe adjointe. Elle aura le rôle ardu de dissiper les divergences entre Paul Ryan et le Président, et de fluidifier le dialogue en temps réel. Cela a commencé avec le remplacement de l’Obamacare, où elle a passé des semaines à tenter d'approcher les points de vue, mais sans succès. La réforme législative est le prochain défi.
Shahira Knight est l’assistante personnelle du Président sur les questions législatives et de retraite. A 46 ans, cette économiste a travaillé sur les coupes fiscales de l’administration Bush Jr au début des années 2000, a été membre du comité économique joint du Congrès, et s’était plus récemment reconvertie dans le privé chez Fidelity Investments. Elle aura la lourde charge de préparer une réforme fiscale qui a suscité les plus grandes attentes des marchés, surtout depuis l’échec du remplacement d’Obamacare. Sous la responsabilité de Gary Cohn, elle devra notamment réunir les différents intérêts de façon à ce que la Maison Blanche parle d’une seule voix sur ce sujet complexe et sensible, et qui devrait susciter l’intervention du secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, et du Président lui-même. Le but commun ; réduire le taux d’impôt sur les sociétés et la charge fiscale pour les classes moyennes.
Enfin, Peter Navarro est l’assistant du Président et directeur de la politique industrielle et des échanges. Ce dernier a depuis longtemps des vues très protectionnistes sur les échanges commerciaux qui l’avait isolé des autres économistes, mais il a conseillé Donald Trump pendant sa campagne et dirige maintenant le conseil national sur les échanges et la manufacture. Officiellement, il doit « aider à développer des politiques d’échanges qui réduisent notre déficit commercial, étendent la croissance et aident à stopper l’exode d’emplois de nos frontières. Il dirige ainsi une équipe SWAT chargée d’aider les entreprises, manufactures, agriculteurs etc. à contrer la bureaucratie fédérale et à résoudre des conflits avec des partenaires étrangers.
Mais surtout, il doit seconder le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, et celui au Commerce Extérieur, Robert Lighthizer, pour renégocier les traités de libre-échange, notamment sur l’Amérique du Nord. « Notre mission est de créer des emplois pour le peuple américain et de défendre notre base manufacturière ». Ce dernier estime que les partenaires étrangers trichent systématiquement sur les règles et nuisent au travailleur américain comme l’avait déjà lui-même affirmé Trump. « Dans un business model Trump, quand vous êtes à la Maison Blanche, vous pouvez faire levier sur toute la bureaucratie ».
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