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Ces patrons du CAC 40 mis en cause par la justice

Alors que Vincent Bolloré reste en garde à vue dans l’enquête sur l’attribution de concessions portuaires en Afrique, pas moins d’une vingtaine de patrons du CAC 40 ont déjà été confrontés à cette difficile situation ou à la mise en examen dans le passé. Qui s’est soldée, dans la grande majorité des cas, par un non-lieu.
Vincent Bolloré
Vincent Bolloré

Martin Bouygues, Stéphane Richard, François Pérol… Tout comme Vincent Bolloré, dont la garde à vue a été prolongée ce matin dans le cadre de l’enquête sur l’attribution de deux concessions portuaires en Afrique, nombreux sont les patrons du CAC 40 à avoir subi les affres de la justice pendant leurs mandats. Des situations douloureuses pour les principaux intéressés, mais qui se terminent dans la grande majorité des cas par un non-lieu.

Fin décembre 1995, soit il y a plus de 22 ans : Martin Bouygues est placé en garde à vue sur des soupçons de dons de 2 millions de francs apportés par les filiales africaines sur un compte suisse appartenant au conseiller politique Pierre Botton, gendre de Michel Noir. Il sera finalement relaxé huit ans plus tard, tandis que Michel Noir et Pierre Botton sont condamnés à 18 mois de sursis et 15.000 euros d’amende. Puis sous l’impulsion de magistrats pugnaces comme le juge Renaud Van Ruymbeke, les mises en examen se multiplient dans les années 90: parmi elles, celle de Jean-Louis Beffa, patron de Saint-Gobain, mis en cause pour de supposés pots-de-vin versés par une de ses filiales pour obtenir un marché public à Nantes. Dans ce cas comme dans de nombreux autres, les dirigeants sont en réalité victimes de leur rôle de mandataire social au sein de leur groupe, et responsable juridique de toutes les opérations, même s’ils n’en ont pas connaissance. Une position d’autant plus périlleuse pour ces patrons lorsque, comme Martin Bouygues ou Vincent Bolloré, leur entreprise porte leur nom.

De même, plusieurs PDG se sont-ils déjà retrouvés confrontés à des dossiers judiciaires relevant de leur précédente vie politique. En 1995, c’est Louis Schweitzer, le président de Renault, qui est mis en examen pour l’affaire du sang contaminé, mais aussi plus tard des écoutes à l’Elysée, pour son ancienne fonction de directeur de cabinet de Laurent Fabius dans les années 80. Plus récemment, c’est Stéphane Richard, le PDG d’Orange, qui a été mis en cause pour le dossier d’arbitrage de Bernard Tapie face au Crédit Lyonnais, alors qu’il était directeur de cabinet de Christine Lagarde. Mis en examen, ce dernier a néanmoins réussi à décrocher un nouveau mandat à la tête de l’opérateur télécoms fin février, mais s’il devait être condamné de complicité et détournement de fonds publics, il devrait remettre sa démission.

Autre exemple, les patrons mis en cause en raison de leur nomination même. Ce fut ainsi le cas douloureux de François Pérol qui avait été nommé à la tête de BPCE en 2009 après avoir officié comme secrétaire général adjoint de l’Elysée et avoir été actif dans la fusion des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires pour créer le groupe bancaire. Une « porte tournante » entre public et privé qui est courante aux Etats-Unis et ne donne pas lieu aux mêmes émois qu’en France. Parmi les dossiers les plus sensibles, soulignons également celui de Didier Lombard, l’ex-patron de France Telecom, accusé après-coup, de harcèlement moral, après la vague de suicides de ses salariés, en 2008 et 2009.

Les dossiers judiciaires impliquant les grands patrons sont souvent longs et complexes, si bien que certains doivent attendre de longues années avant d’être lavés de tout soupçon. Ainsi Christophe de Margerie, le patron de Total, a-t-il été mis en examen en 2007 en raison des activités du groupe en Iran vieilles de dix ans, et n’a pas eu le temps de voir aboutir ce dossier avant sa disparition brutale, en 2014. Et les dossiers de ce type continuent à fleurir régulièrement : un des derniers patrons mis en cause est Bruno Lafont, l’emblématique patron de Lafarge, placé en garde à vue en novembre dernier et accusé d’avoir indirectement financé des groupes djihadistes dont l’Etat islamique en Syrie. Des opérations dans des zones très sensibles et qui impliquent des éléments classés secret défense, ce qui ne simplifie pas la tâche des patrons pour démontrer leur innocence.


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