Gouvernement : qui sont les interlocuteurs des financiers ?
Emmanuel Macron, Président de la République, a annoncé des arbitrages dans le portefeuille de l’Etat. Les banquiers d’affaires étudient plusieurs pistes et les pitchs vont bon train. En outre, les experts de la banque continuent à plancher sur leurs dossiers de M&A et autres opérations d’entreprises. Or, lorsque les dossiers peuvent se révéler sensibles, les professionnels n’hésitent pas à user de leurs carnets d’adresses pour se faire une idée de la manière dont telle ou telle opération pourrait être accueillie par l’exécutif. Au sein des cabinets nouvellement formés, qui sont leurs interlocuteurs de prédilection ?
« Plus vous montez haut dans l’organigramme, plus vous allez vers les proches du Président, plus vous savez ce qui est faisable et ce qui n’est pas faisable », explique un banquier. Néanmoins, le retour d’un conseiller n’augure pas de la suite, il est simplement là pour donner son sentiment en tant que spécialiste du fonctionnement de l’Etat et donc dire si celui-ci peut a priori voir d’un bon œil ou non l’opération. « Hormis sur certains cas, l’Etat n’est pas censé interférer dans les deals, mais il a une sorte de pouvoir régalien historique sur ces sujets », ajoute un autre interlocuteur.
Tout en haut de l’organigramme, on retrouve Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée. Ce dernier est connu pour être le bras droit et l’homme de confiance du Président de la République. « Alexis Kohler voit tout mais ce n’est pas l’interlocuteur en ‘front’ sur tous les sujets », commente un expert. Un autre rapporte : « qu’Alexis Kohler peut vous dire qui à Matignon ou à Bercy va traiter tel ou tel sujet. Parfois, il s’occupe lui-même des dossiers ». A la question de savoir quels sont les critères qui font qu’une opération plus qu’une autre va être traitée par l’Elysée, notre interlocuteur nous répond qu’il n’y a pas de règles, que certains dossiers peuvent se révéler plus politiques que d’autres mais sans critères parfaitement définis.
Toujours à l’Elysée : Alexis Zajdenweber, conseiller économie, finance et industrie, ainsi que Cédric O, conseiller technique participations et économie numérique (également conseiller d'Edouard Philippe), sont également présents. Ce dernier, qui a travaillé chez Safran, est connu pour être accessible et souvent le bon point d’entrée. « Il est l’interlocuteur assez logique. Il a déjà une expérience en cabinet équivalente puisqu’il était chez Pierre Moscovici. Il a un rôle équivalent à Boris Vallaud (ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, NDLR) lorsque celui-ci était à l’Elysée sous François Hollande », poursuit un expert. « Il connaît pas mal de choses », ajoute pour sa part un banquier.
A Matignon, c’est Antoine Saintoyant, conseiller économie, finances, industrie (et chef dudit pôle) qui est à la manœuvre. Tandis qu’à Bercy, Emmanuel Moulin, directeur de cabinet, et Bertrand Dumont, directeur adjoint de cabinet, restent les interlocuteurs privilégiés. « Emmanuel Moulin est un ancien conseiller de l’Elysée. Il connaît très bien la machine d’Etat », explique une source. Cette dernière note par ailleurs qu’il y a plus de conseillers spécialisés en économie au cabinet du Premier ministre qu’au ministère de l’Economie lui-même. « Les effectifs sont tendus. Ils ont beaucoup de travail, sont capables de l’assumer mais s’en plaignent un peu. » A noter que pour l’instant, Bruno Le Maire, locataire de Bercy, n’est pas en première ligne sur ces sujets.
Qu’en est-il de l’Agence des participations de l’Etat ? Le patron de l’APE, Martin Vial n’intervient que sur les deals liés aux titres détenus par le gouvernement. Son rôle est plus un rôle de technicien. « Il est dans les réunions. Il est très présent dès lors que cela touche aux participations de l’Etat. Il instruit, il apporte des éléments pour éclairer la décision du ministre de l’Economie. Il assure également la continuité puisqu’il était déjà là sous François Hollande. »
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