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Fed recherche candidats désespérément

Après la nomination de Jerome Powell pour remplacer Janet Yellen à la tête de la Fed, le nom de Mohamed El-Erian, le conseiller économique d’Allianz, est murmuré pour la vice-présidence. Trois autres sièges, dont le représentant de la Fed de New York, pourraient encore être vacants.
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Maintenant que le suspense -soigneusement entretenu par Donald Trump lui-même- est terminé concernant le nom du successeur de Janet Yellen à la tête de la Fed, les regards se portent sur un autre siège crucial : celui de vice-président, alors que Stanley Fischer a annoncé en septembre qu’il quitterait son poste mi-2018 pour des raisons personnelles. Mardi, un premier nom a été évoqué : celui de Mohamed El-Erian, l’économiste en chef d’Allianz et ancien CEO de sa filiale de gestion obligataire, Pimco. A 59 ans, ce diplômé de Cambridge et Oxford a fait ses armes au FMI, où il a gravi les échelons avant d’en devenir le directeur délégué. En 1998, il passe dans le privé chez Smith Barney, filiale de Citigroup, puis entre chez Pimco dans l’équipe des pays en développement. Après un passage comme CEO de Harvard Management Company, l’entité qui gère les pensions de retraite et actifs de l’université, il revient comme CEO de Pimco en 2007, mais aussi co-CIO aux côtés de Bill Gross. En 2012, il est nommé directeur de la politique de développement global par Barack Obama et démissionne de Pimco début 2014 pour raisons personnelles. Il garde un rôle de conseiller économique chez Allianz, la maison-mère.

Ce nom correspond au souhait de la Maison Blanche de mettre en place un économiste très pointu sur la politique monétaire, pour contrebalancer le profil de banquier de Jerome Powell. Par ailleurs, Mohamed El-Erian semble avoir des positions plus « hawkish » que le nouveau président, qui est très proche des vues de Janet Yellen. Il a en particulier critiqué la lenteur du rythme de normalisation monétaire lors des derniers mois, et a fait valoir que l’objectif d’inflation à 2% pourrait être trop élevé. Il est partisan de la dérégulation financière et de la réforme fiscale, deux chevaux de bataille du Président, mais a également averti des dangers du protectionnisme économique, qui pourrait saper la croissance.

D’autres sièges vacants de la Fed doivent également être remplis. William Dudley, l’influent président de la Fed de New York -un membre votant permanent du comité de politique monétaire qu’il co-préside- a lui aussi annoncé son départ mi-2018, six mois avant la fin de son mandat. A 64 ans, celui qui a été l'un des plus fervents défenseurs des politiques d’assouplissement monétaire après la crise faisait valoir sa grande expérience au sein de l’institution. Il pourrait être remplacé par Simon Potter, qui supervise les opérations de marché à la Fed de New York, ou son prédécesseur Brian Sack. Parmi les autres candidats potentiels figurent le président de la Fed de Dallas, le centriste Robert Kaplan, celui de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari, qui s’oppose à la dérégulation concernant les grandes banques, ou encore Kevin Warsh, dont les vues agressives l’ont empêché de succéder à Janet Yellen.

Enfin, la Maison Blanche doit intégrer un banquier régional au sein de la Fed, comme le Congrès s’y était engagé en 2014, pour remplir le troisième siège vide à la Fed. Michelle Bowman, qui s’occupe de la régulation à la Banque du Kansas, serait bien placée pour accéder à cette position. Dernière inconnue à l’heure actuelle : Janet Yellen n’a pas indiqué si elle souhaitait rester membre de la Fed, même sans le titre de présidente. Son mandat court jusqu’en 2024 et si elle annonçait son départ, il ne resterait plus que trois membres sur les sept que compte le board de l’institution. Le temps presse donc pour la Maison Blanche.

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