Jared Kushner, le gendre aux multiples casquettes à la Maison Blanche
Si Steve Bannon, conseiller stratégique et considéré comme l’éminence grise de Donald Trump, fait les choux gras de l’émission satirique Saturday Night Live, on entend encore peu parler de Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump et gendre du Président américain. A 36 ans, ce dernier a été un pilier central de la campagne et a notamment été un orchestre de la stratégie digitale réussie du nouveau locataire de la Maison Blanche. Il a ensuite été étroitement impliqué dans l’équipe de transition, et enfin dans l’organigramme de la nouvelle administration.
Dernière mission qui vient de lui être attribuée : un « bureau de l’innovation » au sein même de la Maison Blanche et sous la responsabilité directe de son beau-père. Il a pour but de s’entourer de conseillers stratégiques du monde économique pour appliquer leurs bonnes pratiques dans l’administration publique. Plus particulièrement focalisé sur les questions technologiques et de données, ce bureau a pour ambition d’éliminer la bureaucratie fédérale et de mettre à exécution des promesses de campagne, comme la réforme des soins aux vétérans ou combattre l’addiction aux opioïdes. Il bénéficie de la valeur ajoutée de grands pontes comme Tim Cook, patron d’Apple, Marc Benioff de Salesforce ou encore Elon Musk chez Tesla et SpaceX.
Cette fonction pourrait ne provoquer qu’un haussement de sourcil, étant donné l’absence d’expérience politique de Jared Kushner, si elle ne venait s’ajouter à la liste déjà exhaustive de ses autres titres depuis l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche. Début janvier, il était ainsi nommé haut conseiller auprès du Président, un titre qui inclut une myriade de dossiers dont les opérations gouvernementales, les traités commerciaux et la politique au Moyen-Orient. S’il a indiqué qu’il ne percevrait pas de salaire pour ce poste, de telles responsabilités sont totalement nouvelles pour cet héritier de Kushner Companies, le groupe familial actif dans l’immobilier, et d’Observer Media, qui publie le New York Observer (dont le créateur, son père Charles Kushner, a été emprisonné après avoir été reconnu coupable de contributions politiques illégales et d’évasion fiscale).
En matière de politique étrangère, Donald Trump a en particulier décidé de relancer les négociations visant à signer « le deal ultime », celui d’un accord de paix entre Israël et Palestine, et de confier ce dossier très difficile à son gendre. Mais ce dernier devra aussi justifier son rôle dans les relations du nouveau Président avec la Russie. Après avoir organisé des rencontres avec des responsables internationaux, notamment l’ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergueï Kislyak, Jared Kushner sera entendu prochainement pour justifier des liens qui unissent l’équipe présidentielle avec le pays de Vladimir Poutine. Ce dernier est accusé d’avoir piraté les élections américaines pour nuire au camp démocrate.
Mais celui qui fait figure de gendre idéal, et suscite les critiques de ceux qui estiment que les conflits d’intérêts sont encore prégnants dans la nouvelle administration, pourrait avoir marqué des mauvais points ces derniers jours. Ainsi, alors que Donald Trump a pour la première fois renoncé à son weekend dans son golf de Mar-a-Lago pour soutenir sa réforme de l’assurance maladie aux côtés de ses proches conseillers, sa fille et son gendre ont passé la semaine à skier à Aspen, station huppée du Colorado. Une escapade qui n’aurait pas été du goût du patriarche de la famille Trump.
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