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Bruno Le Maire venu prêcher la bonne Parole à New York
Bruno le Maire a beau avoir un agenda de ministre, il est étonnant qu’il ait raté de peu la French Touch Conference, grand-messe des start-up de français et d'investisseurs américains à New York. Ce dernier a atterri en fin de journée mercredi, où il a tenu à se rendre à l’inauguration d’une nouvelle boulangerie de son ami Eric Kayser, sur la 5ème Avenue, tout près de l’Empire State Building. « Je suis venu ici pour arracher des décisions aux institutions financières américaines et leur dire ‘vous êtes les bienvenues en France' », a-t-il déclaré sur le perron de la boulangerie, avant de filer vers le consulat français, où il s’est entretenu avec Larry Fink, le patron de BlackRock, un des plus gros gérants d’actifs au monde, avec 5 400 milliards de dollars sous gestion.
Un dîner était ensuite organisé avec le gratin de Wall Street : outre Larry Fink, John Paulson, le célèbre gérant qui avait parié avant tout le monde sur la crise des subprimes, ou encore Kenneth Jacobs, le CEO de Lazard, étaient présents pour écouter la bonne Parole du ministre sur l’attractivité nouvelle de la France et de la place parisienne. L’enjeu est immense et le temps est compté : les banques et institutions financières sont en train de réaménager leurs équipes en Europe en plein Brexit, mais Francfort, Luxembourg et Dublin sont des concurrents féroces. Bruno Le Maire n’a d’ailleurs pas hésité à critiquer la capitale irlandaise et son système de « dumping fiscal », indiquant vouloir instaurer, main dans la main avec l’Allemagne, plus de convergence, à l’échelle européenne.
L’ex-candidat à la primaire républicaine n’a pas hésité à attaquer directement François Hollande et sa célèbre formule : « mon ennemi, c’est la finance ». Il a ainsi déclaré à l’attention de ses interlocuteurs : « à nos yeux, l’ennemi ce n’est pas la finance, l’ennemi c’est le chômage, et nous allons tout faire pour faire revenir de la richesse, des investissements et des emplois en France ». Le ton est donné, et après une rencontre avec l’équipe du Wall Street Journal, il s’est employé à rassurer personnellement les dirigeants des grandes banques, lors de rencontres en one-to-one avec la COO de Morgan Stanley, Clare Woodman, le président de Citigroup, James Forese, et Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, première banque du pays et surtout proche conseiller de Donald Trump. Mais aussi Henry Kravis, le cofondateur mythique du fonds KKR.
Il a insisté sur la réforme en vue du droit du travail, souvent invoqué comme un frein à l’attractivité de la place de Paris, la baisse de l’impôt sur les sociétés. Surtout, il a promis une nouvelle juridiction en anglais pour régler les litiges de droit britannique : "Nous allons créer un tribunal spécial pour s'occuper des litiges relatifs aux contrats financiers déterminés par la loi anglaise une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne. Toutes les procédures seront en anglais. Nous recruterons des gens avec une expérience de la Common Law”, a-t-il lancé. Le message sera-t-il passé avant même que les premières réformes promises par Emmanuel Macron ne voient le jour ? Réponse dans les prochaines semaines.
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