Ressources humaines : l'EBA veut éviter l'hémorragie
En novembre, la France a enregistré une belle victoire : elle accueillera l'Autorité bancaire européenne (EBA) d'ici au mois de mars 2019. L'Autorité devait se trouver une nouvelle ville pour exercer, la Grande-Bretagne ayant décidé de sortir de l'Union européenne. Elle ira donc à Paris. Si la capitale hexagonale offre de nombreux avantages, pour de multiples raisons, certains employés du régulateur pourraient ne pas le suivre. Ainsi, selon les chiffres obtenus par Financial News, l'EBA aurait perdu 17 âmes depuis le vote du référendum de sortie de l'UE, en juin 2016. Un chiffre à mettre en perspective avec les 169 employés dénombrés cette même année. Afin d'éviter une hémorragie, le patron de l'Autorité s'est doté d'un plan.
Toujours selon Financial News, le président de l'EBA, Andrea Enria, réorganise sa manière de travailler et propose à ses collaborateurs de "nouveaux challenges", sa "plus grande source d'inquiétude" étant d'arriver à donner envie à un maximum de personnes de rester. Le média précise que l'Autorité va commencer à former des groupes qui coordonneront sa démarche sur des réformes spécifiques. Des dirigeants verront également leurs responsabilités étendues et un nouveau directeur sera engagé pour s'occuper de l'équipe en charge des tests de résistance ("stress tests") des banques. "Nous espérons que ces changements aideront à renforcer l'envie des équipes de rester avec nous et de venir à Paris", a confié le patron à Financial News. Et d'ajouter : "Après le Brexit, nous espérons que le travail d'équivalence sur la régulation et la supervision, ainsi que la coopération sur la supervision avec les pays en dehors de l'UE, gagnera en importance".
Dans le détail, il est précisé que ces changements ont été approuvés par le conseil de l'EBA. La Française à la tête de la régulation au sein de l'Autorité, Isabelle Vaillant, s'occupera d'un département de réglementation prudentielle, qui surveillera les exigences en capital pour les banques, les processus de gestion des risques ou encore ceux de gestion de la liquidité. Pour sa part, Piers Haben, directeur de la supervision, aura à charge l'unité centrée sur les organisations bancaires, les produits et les protocoles de protection des consommateurs. L'EBA recrute également en interne un nouveau directeur qui se concentrera sur les statistiques et les analyses économiques. Ce dernier devra évaluer l'impact des réglementations ou encore gérer les stress tests. Enfin, Peter Mihalik restera à la tête des opérations (IT, finances etc.).
L'EBA se dote en parallèle d'une "liste de réserve", au cas où certains de ses experts s'en iraient, certains secteurs clefs n'étant couverts que par une ou deux personnes. Ladite liste sera donc composée de candidats externes capables de prendre la relève.
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