Un ministre des finances de la zone euro ? Pas pour demain
Le contexte actuel ne s’y prête-t-il pas ? L’Union européenne n’est-elle pas encore assez mûre ? Toujours est-il que ce jeudi, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a douché les espoirs de Bruxelles : il n’y aura pas de ministre des Finances de la zone euro. En tout cas, pas maintenant et pas tel que proposé. "Je pense que l'Eurogroupe insistera pour avoir son propre président", a déclaré le Néerlandais lors une commission parlementaire européenne.
Pourtant, hier, Bruxelles a tenté un pas en avant. Dans le cadre de la présentation d’une feuille de route pour approfondir l'Union économique et monétaire européenne, la Commission a proposé de nommer un ministre européen de l’Economie et des Finances. Ce dernier aurait pu prendre le titre de vice-président de la Commission (et aurait ainsi été lié à l’exécutif européen), mais aurait également pu présider l’Eurogroupe. C’est-à-dire les réunions informelles des ministres des Finances de la zone euro. Un cumul des postes que permettent les traités actuels.
"En regroupant des responsabilités existantes et l'expertise disponible, cette nouvelle fonction renforcerait la cohérence, l'efficacité, la transparence et la responsabilité démocratique de l'élaboration des politiques économiques de l'UE et de la zone euro, dans le plein respect des compétences nationales", a indiqué Bruxelles. La CE espérait parvenir à un accord pour mi-2019, ce qui aurait permis de mettre en place cette fonction dans le cadre de la constitution de la nouvelle Commission. Et d’ajouter : "L'Eurogroupe pourrait alors décider également d'élire le ministre à sa tête pour deux mandats consécutifs, afin d'aligner les deux mandats". Les mandats de la Commission étant de cinq ans et ceux de l’Eurogroupe de deux ans et demi.
"L'Eurogroupe a vraiment le sentiment qu'il faut distinguer le rôle de l'Eurogroupe, qui est un regroupement de ministres, de celui de la Commission, qui est la gardienne des traités", a argué Jeroen Dijsselbloem.
L'idée d'un ministre des Finances commun n'est pas nouvelle. Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques -celui qui incarne donc l'autre poste à fusionner- a déclaré en octobre que cette fonction devait "exister" et qu'il connaissait "bien le job". Ce poste apporterait "plus de légitimité démocratique" et "plus d'efficacité" dans la politique économique européenne, avait-il alors fait valoir.
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