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Private equity
Les fees du private equity à un point bas historique
Ces
chiffres résultent d’une évolution longue, mais sont éloquents. Selon les
données de Preqin, les fonds de private equity qui ont levé des véhicules en
2013 ou sont en cours de levée prélèvent en moyenne une commission de 1,9% sur
le montant collecté (les « management fees »). C’est le taux le plus
bas depuis le début des statistiques, en 2005. Elles oscillaient entre 1,99 et
2% entre 2005 et 2008, et avaient déjà baissé à 1,94% entre 2009 et 2012.
Les « transaction fees », qui sont les frais de sélection, gestion et vente des sociétés en portefeuille, sont une deuxième source de revenus des gérants en baisse. Ainsi, sous la pression des Limited Partners, ils sont de plus en plus redistribués au fonds lui-même : ce fut le cas pour 87% des transaction fees des firmes en levée ou en cours de levée en 2013. C’est à nouveau la proportion la plus forte depuis le début des calculs, en 2006.
Cette baisse
des niveaux de commissions résulte d’une tendance lourde dans l’industrie du
private equity. Les Limited Partners souhaitent réduire le nombre de relations
qu’ils entretiennent avec des fonds et, étant donné que l’argent est plus rare
et que le « dry powder » (montants levés mais pas encore investis)
reste élevé, ils peuvent négocier des conditions plus avantageuses. Par
ailleurs, de plus en plus d’investisseurs sollicitent des véhicules dédiés,
pour avoir davantage de vue sur les investissements et négocier des commissions
moins élevées. On a ainsi dénombré 73 comptes dédiés pour un total de 20
milliards de dollars en 2013, contre une enveloppe de 17 milliards de dollars
et 61 comptes en 2012.
Certains
vont même plus loin, à l’image des fonds de pension canadiens, et créent des
équipes en interne pour investir en direct et ainsi échapper aux commissions de
gérants. L’an passé, les fonds de pension et les fonds souverains ont ainsi
bouclé 10 deals de private equity en Europe, pour un total de 5,04 milliards de
dollars, contre 3,09 milliards et huit opérations en 2012. Le mouvement est
donc lancé, mais le critère essentiel est de recruter les bons professionnels
qui connaissent le marché local. A cet égard, la course aux recrutements a déjà
commencé : au début du mois, le fonds d’Abu Dhabi a embauché Pascal
Herbeling, depuis 12 ans chez Cinven. Cressida Hogg elle, est partie de 3i
pour le Canada Pension Plan Investment Board, après 20 ans de bons et loyaux
services. Idem encore avec Iain Kennedy de Duke Street, débauché par Ontario’s
Teachers’ Pension Plan en début d’année. Un véritable défi pour les fonds de
private equity, qui doivent miser sur le carried interest qu’ils proposent,
dans un univers de rendements moins flamboyant qu’autrefois.
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