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Les banques allemandes préoccupées par les taux négatifs
L'été n'a pas apaisé les interrogations sur l'avenir de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne. Depuis le vote du Brexit, chacun y va de sa suggestion ou de son conseil. Cette semaine, c'est le ministre des affaires européennes allemand, Michael Roth, membre du SPD, qui a soutenu la possibilité de définir un « statut spécial » pour Londres, dans le cadre de ses relations avec l'UE. Il a cependant appelé les Britanniques à accélérer le processus de négociations, afin de démarrer les échanges au plus tard en début d'année prochaine. « D'ici à la fin de l'année, il devrait vraiment y avoir suffisamment de temps pour s'organiser et s'ajuster à la nouvelle situation, a-t-il déclaré à l'agence de presse Reuters. Nous ne devons pas laisser passer trop de temps ».
Parallèlement à ces déclarations, la Bundesbank s'est affichée sereine quant aux possibles conséquences du Brexit sur son pays. Dans son dernier rapport mensuel, publié le 15 août, l'autorité allemande a noté que les chefs d'entreprises restaient confiants et que la croissance allemande devrait se poursuivre au même rythme. A court terme au moins, les conséquences devraient donc être « limitées », affirme la BuBa.
Les Allemands s'inquiètent beaucoup plus de l'effet des taux d'intérêt négatifs. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung y consacre un dossier, expliquant notamment que « les banques ne veulent plus notre argent ». « Les taux négatifs ont touché les clients privés : la banque Raiffeisen à Tegernsee a exigé pour la première fois une pénalité. La politique de la BCE menace ainsi notre bien-être ». Le journaliste décrit un « monde fou » : pour les dépôts de plus de 100.000 euros, l'établissement réclame une pénalité de 0,4% de la part des épargnants concernés. Pour la banque, « il n'y a pas d'autre choix ». Le président de l'union des banques, Hans-Walter Peters, estime dans les colonnes du quotidien que « les taux négatifs sont un scénario dramatique ». S'il précise que « les établissements allemands sont stables », comme l'a montré le dernier « Stresstest », il souligne cependant qu' « ils souffrent d'une politique monétaire qui menace l' équilibre de l'économie ».
Si les taux négatifs ne sont pas la seule menace pour les perspectives des banques allemandes, « c'est une grande partie du problème allemand, précise le FAZ. Car ici, le travail des banques dépend davantage que dans de nombreux autres pays des taux. '60% des gains proviennent des résultats des taux', détaille ainsi Peters. 'Ces gains sont en train de fondre en raison des taux négatifs, mais aussi des coûts de régulation. Cela va peser lourdement sur les banques dans les années à venir' ».
Tout n'est pas noir pour autant outre-Rhin. « Boom de la construction en Allemagne », prévient le Spiegel. « Des taux d'intérêt faibles, une forte demande : l'Allemagne, entre janvier et juin, a connu un record de nombre de permis de construire, du jamais vu depuis 16 ans. Ce sont essentiellement des habitations qui ont été commandées », précise le site de l'hebdomadaire. Au total, 182 000 bâtiments, soit 30,4% de plus que l'année précédente à la même époque. Un essor qui s'explique non seulement par la conjoncture économique, mais également par l'arrivée des réfugiés, qui ont besoin d'un toit.
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