Feuilleton de l'été
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Xavier Niel, Free : l'ange gardien des start-up
Xavier Niel, s’est construit à partir de rien. Geek dès le départ, il se lance à l’âge de 17 ans dans sa première aventure entrepreneuriale : le minitel rose. A 20 ans, il laisse tomber sa classe préparatoire scientifique et se met en effet à plein temps dans ce domaine lucratif qu’est, à l’époque, le minitel. En 1991, il rachète Fermic Multimédia, un éditeur de services de minitel rose qu'il rebaptise Iliad. Ayant fait ses armes dans l’ancêtre d’Internet, il voit très vite les possibilités offertes par ce réseau mondial et entre au capital de Worldnet, le premier fournisseur d’accès internet ouvert au grand public. Il revend sa part en 2000 et empoche 40 millions d’euros au passage. Un bon départ pour se lancer dans une autre aventure. Ce sera celle de Free, qu’il lance en 1999 avec l’idée de rendre Internet abordable pour le plus grand nombre avant d’innover en lançant la box triple play. Un trouble-fête qui n’arrêtera pas, dès lors, de jouer les « zébulons » dans le monde des affaires.
Car, même s’il a révolutionné l’accès aux nouvelles technologies, c’est en véritable investisseur qu’il s’est révélé. Dès 2010, il investit dans plusieurs start-up de média à commencer par Mediapart, Bakchich et Atlantico, puis prend aussi position dans la technologie (Ateme) et la musique (Deezer). Toujours en 2010, il rachète le quotidien Le Monde, en association avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse. Et toujours dans le monde des médias, il s’associe une fois encore avec Matthieu Pigasse et cette fois avec Pierre-Antoine Capton pour créer Mediawan en 2015, dont l’objectif est de constituer un groupe de médias, via des acquisitions en Europe dans tous les secteurs liés aux contenus des médias ou du divertissement. Et c’est aussi dans son fonds Kima Ventures que Xavier Niel joue à plein son rôle de business-angel et investit dans trois start-up par semaine à travers le monde. Et dans une interview accordée à Society en juin dernier, sa vision des choses est assez bien résumée : « quand vous voyez des jeunes qui ont envie de créer leur boite et que vous les trouvez super brillants, vous avez envie de les aider ».
Autre facette de la personnalité de Xavier Niel, l’envie d’aider et de donner sa chance à chacun. Lui-même ayant démarré de rien, il considère les études dans une Grande Ecole comme nécessaire pour certain, mais pas indispensable. Et « parce que l’Etat n’a plus d’argent mais moi j’en ai et que je pense qu’investir dans un truc comme l’école 42, c’est en faire bon usage ». Car son idée est de donner accès chaque année à plus de 1000 personnes, souvent en échec scolaire mais qui pourraient trouver leur voie dans la programmation. Dès lors, Il fait alors d’une pierre deux coups : fournir une manne de programmateurs à un pays comme la France qui en manque pour continuer son développement technologique et former une génération mise de côté par le système éducatif classique. D’ailleurs, dans son édito de création de l’Ecole 42, il souligne ainsi que « le système éducatif ne marche pas. On peut être en échec scolaire et pourtant correspondre à ce qui est un génie en informatique. On peut ne pas avoir le bac et pourtant devenir le développeur le plus brillant de sa génération ». Tout est dit. Et trois ans après sa création, ce sont près de 3000 (1000 par an) qui ont déjà été formés. Mais évidemment, Xavier Niel ne s’arrête pas là, il a ouvert récemment le clone américain de l’Ecole 42 dans la Silicon Valley !
Plus récemment encore, il lance La Halle Freyssinet, rebaptisée Station F pour héberger des start-up. L’idée est de faire de cet ancien hall de fret ferroviaire de 34.000 m2, un immense campus consacré à la révolution numérique. Ce bâtiment, situé dans le 13ème arrondissement de Paris, devrait accueillir près de 1.000 entreprises dès l’an prochain. Encore un projet pharaonique qui prouve une fois de plus que Xavier Niel croit en l’avenir du numérique en France. Un boulimique de l’entrepreneuriat comme du travail. Et il est fort à parier qu’il a déjà en tête de nouveaux projets pour promouvoir d’autres entrepreneurs français.
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