WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Feuilleton de l'été

Feuilleton de l'été

Philippe Villin, le plus beau carnet d’adresses du CAC 40… et de Paris

Philippe Villin
Philippe Villin

S’il est une personne à Paris dont on peut encore dire aujourd’hui qu’il est « le banquier des rois et le roi des banquiers », comme on le disait au XIXème siècle de Laffitte ou des Rothschild, c’est bien Philippe Villin. Il est le banquier des rois dans la mesure où il n’y a pas un patron du CAC 40 à l’oreille duquel il ne murmure des conseils, des analyses économiques ou des informations sur l’état précis de la conjoncture. De Christophe de Margerie à Stéphane Richard, de Henri de Castries à Henri Proglio, de Frédéric Oudéa à Nicolas Bazire, il parle à tous les grands patrons, quels que soient leurs activités, leurs desseins ou leurs banquiers traditionnels. Tous ont, à un moment ou à un autre, besoin d’entendre Philippe Villin leur parler du groupe qu’ils dirigent dans le contexte économique du moment.

Il est aussi le roi des banquiers, dans la mesure où dès qu’un projet d’opération se dessine, sa mécanique intellectuelle impressionne tous ses clients. Bien sûr, il n’a pas de staff en dehors d’une secrétaire redoutablement efficace. Mais il apporte son savoir-faire à telle banque d’affaires, auprès de laquelle il se « plugue » pour l’occasion. C’est ainsi qu’il travaille beaucoup avec Merrill Lynch, Perrella Weinberg, ou d’autres grandes maisons leur faisant profiter de son « goodwill », qu’il s’agisse de ses intuitions en termes d’opérations financières, d’alliances transfrontières ou de modes de financement, que de son sens du timing compte tenu de son expertise en matière de conjoncture économique mondiale.

Pourtant, rien ne prédestinait l’énarque et inspecteur des finances Philippe Villin à devenir la coqueluche des patrons comme des politiques, qui s’arrachent ses analyses sur la situation du pays, comme ses anecdotes sur les princes qui nous gouvernent. Ce fils de modeste patron de PME à Compiègne, qui a toujours affiché un certain mépris pour la fonction publique, est ainsi devenu à 29 ans directeur général du Figaro, alors propriété de Robert Hersant. De cette époque, il a gardé un sens aigu de la communication et des courroies de transmission des informations. En 1994, il quitte le grand quotidien de la Rue du Louvre et se découvre alors une vocation de banquier. Pendant quelques temps, il va l’exercer chez Lehman Brothers avant de se mettre à son propre compte.

Il a été de toutes les grandes opérations financières des dernières années : le rapprochement Sanofi-Aventis, l’opération Dalkia, la fusion GDF-Suez. Mais là où il excelle, c’est dans le repérage des talents de demain. C’est lui qui a négocié pour qu’Alexandre de Juniac puisse atterrir chez Air-France-KLM. C’est lui qui a empêché Gérard Mestrallet de se séparer de Jean-François Cirelli. C’est lui encore qui a aidé l’Etat à trouver le nouveau patron de l’Agence des Participations de l’État. Et en dehors du dimanche matin où il part déjeuner à Compiègne avec sa mère et de quelques soirées à l’Opéra, le banquier Philippe Villin ne décroche jamais. Levé tôt, installé au Bristol à 8 h 30, il enchaine les rendez-vous à un rythme effréné, et ne laisse jamais passer un mois sans revoir un patron du CAC 40 ou un directeur financier.

Il aura soixante ans en octobre prochain, et Philippe Villin garde un enthousiasme impressionnant. La seule chose qui l’importune, c’est de voir la France s’écrouler. Il en parle avec Manuel Valls comme avec Nicolas Sarkozy. Avec Xavier Bertrand comme avec Arnaud Montebourg. Et à chacun il répète son credo anti-euro, accusant la monnaie unique d’avoir sapé la capacité productive du pays. Quoi qu’il arrive, il continuera longtemps à murmurer à l’oreille de tout le CAC 40, des politiques et même des journalistes.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article