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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA:<br>Guilhem Tosi, l'intérêt général même dans le privé

Ce polytechnicien, énarque a choisi la banque au lieu de continuer dans le public. Un choix qui, pour lui, rejoint l’intérêt général au même titre que l’administration.
Guilhem Tosi
Guilhem Tosi

Cet ingénieur, diplômé de l’Ecole Polytechnique est l’un des seuls banquiers de la promotion Senghor. « Je n’ai jamais fait d’opposition entre le privé et le public. On peut très bien servir l’intérêt général dans le secteur privé, a fortiori dans une banque qui contribue au financement de l’économie ou à la protection de l’épargne », explique-t-il lorsqu’on lui demande pourquoi avoir choisi le privé. Car son idée originale était de faire des allers-retours entre le public et le privé, mais les choses se sont passées autrement.

Une fois sorti de l’X et rejoignant le corps des Ponts et Chaussées, Guilhem Tosi s’est rendu compte que les mathématiques et la physique limitaient un peu son besoin de connaissances plus économiques et sociales. Il entame donc Sciences-Po puis fait une préparation à l’ENA, qu’il intègre sur concours en 2002 comme tous ses camarades de promo. « J’avais très envie de faire cette école, en particulier parce que les matières qui y sont enseignées, droit public, économie, questions sociales, sont toutes passionnantes et qu’elles sont au cœur du fonctionnement de notre société », raconte-t-il. Ses stages de début d’étude l’amènent alors à devenir chargé de mission pour la préfecture de Lyon, avant de partir pour la représentation française à l’ONU à New York. De ses années à l'ENA, il se souvient d’avoir appris beaucoup de choses notamment dans le cadre des études de cas, et d’avoir rencontré une promotion qu’il a beaucoup appréciée. D’Emmanuel Macron, il se souvient de quelqu’un d’audacieux et de curieux envers les autres.

Puis à la fin de ses deux années à l’ENA, il rejoint la direction du Trésor au service des affaires européennes. « C’était une période passionnante entre la préparation des dossiers pour l’Ecofin, le référendum sur la constitution européenne et la réforme du pacte de stabilité. Mais c’était aussi une période paradoxale car je travaillais sur des sujets importants, qui intéressaient tout le monde, mais sans avoir le sentiment de réellement développer mes compétences. » estime-t-il. Il y passe quatre ans, mais reste un peu sur sa faim, souhaitant avoir les mains un peu plus dans les négociations et le management.

Il est alors approché par la Société Générale pour rejoindre la direction financière, à l’époque dirigée par Frédéric Oudéa (ancien X et ENA également). Il cherche alors à faire jouer un nouveau texte lui permettant de partir en mobilité dans le privé, ce qui correspondait à ses envies d’aller et venir entre public et privé. Mais le Trésor, réticent, lui propose plutôt une disponibilité, beaucoup moins sécuritaire pour la suite mais permettant de partir 10 ans dans le privé. Une réforme que le secteur public a du mal à accepter. Aussi « j’avais plutôt l’impression de faire un aller simple vers le privé », explique t il. Il part donc à la direction financière de la SG dans l’activité de développement. «L’équipe avait en particulier pour mission de valider les opérations de croissance externe des différentes filiales du groupe », commente-t-il. Une bonne porte d’entrée dans le groupe en travaillant avec toutes les filiales, sauf la banque d’investissement, tout en apprenant un nouveau métier.

Au bout de deux ans, il rejoint la banque d’investissement au sein du département de financement d’acquisitions. Il gère alors un portefeuille de clients grands comptes allemands « dans une activité qui demande une bonne capacité d’appréciation du risque de crédit sur des montants prêtés très importants. Elle est en cela au cœur du métier bancaire. Il faut à la fois une bonne compréhension des leviers de croissance du groupe emprunteur, de sa capacité à intégrer l’entreprise qu’il projette d’acquérir, et de sa capacité de refinancement à travers un travail étroit avec les autres équipes concernées de la banques (syndication, émissions actions et dettes, etc) », se souvient il.

Puis après 4 ans, c’est l’aventure Lyxor qui démarre. « Je voulais voir le coté investissement », explique-t- il. Il passe donc du financement d’acquisitions à la gestion d’actifs, change à la fois de supports mais aussi de clients, plus institutionnels ceux-la. « C’était donc un nouveau métier, qui plus est dans un environnement en pleine mutation après la crise. Cela a été passionnant dans ce contexte de voir comment jouer au mieux des forces de Lyxor, qui a un profil et des atouts bien particuliers dans le monde de la gestion d’actifs. Et ça l’est toujours ! », assure-t-il. Aussi, après avoir démarré en tant que responsable de la structuration, il est désormais en charge du marketing et du développement des produits, et membre du Comex. Il participe ainsi à la proposition des nouveaux produits et services du pionnier des ETF qui, via des plateformes d’architecture ouverte, propose aujourd’hui des accès directs aux institutionnels.

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