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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA : Benjamin Richard, investir dans l’innovation pour l’intérêt public

Ancien professeur d’économie et désormais chargé de mission auprès du directeur général de Bpifrance, cet énarque a choisi l’investissement pour pouvoir accompagner l’Etat.
Benjamin Richard
Benjamin Richard

Benjamin Richard a été l’un des premiers à être embauché par Nicolas Dufourcq à la création de Bpifrance en 2012. Depuis 5 ans, il est donc chargé de mission auprès du Directeur Général et endosse ainsi un rôle d’investisseur qu’il défend bec et ongle. « Je pense que l’Etat a besoin d’opérateurs qu’il n’a pas. L’Etat sait en effet gérer un portefeuille d’investissements, ce qu’il fait à l’APE mais il ne sait pas investir dans les entreprises » soulignant ainsi le rôle prégnant de Bpifrance dans l’investissement public auprès des entreprises innovantes. Pourtant, rien ne le destinait, à la sortie de l’Ena en 2004 à faire de l’investissement dans l’innovation.

Fils d’un journaliste et éditeur et d’une mère médecin, Benjamin Richard entame le parcours classique pour devenir professeur : hypokhâgne, khâgne, Ecole Normale Supérieure de Cachan puis Agrégation en sciences économiques et sociales. Il commence à enseigner à temps partiel en région parisienne, mais sait très vite qu’il ne continuera pas et démarre donc en parallèle Sciences Po Paris puis passe l’ENA, qu’il réussit. Mais avant de pouvoir entamer cette école, « que je crois j’ai toujours eu en tête », il doit faire son armée. Il fait ainsi partie de la dernière génération de conscrits et passe plusieurs mois au Ministère de la Défense en tant que conseil économique de la défense. « C’était passionnant car il était question de régler les questions financières liées à la fin des conscriptions et l’externalisation de plusieurs tâches » se souvient-il. Il apprend à cette occasion à gérer les relations au sein de l’armée mais aussi de l’administration.

Une fois sorti de l’Ena, il obtient un poste au Trésor et y reste pendant 4 ans, d’abord aux finances publiques et au calcul du déficit, puis à la macro économie internationale. Il y croise des visages devenus connus depuis comme Claire Waysan, directrice de Cabinet de Michel Sapin lorsqu’il était ministre des Finances ou encore Sandrine Duchêne, aujourd’hui secrétaire générale d’Axa France et ancienne Conseillère politique économique et finances publiques de François Hollande de 2012 à 2013.

Puis il choisit la mobilité au sein du service public pour aller voir d’autres horizons. Il atterrit alors à la Caisse des Dépôts, au moment où Augustin de Romanet (ancien enarque) est nommé à sa tête. Il rejoint alors le département finance et stratégie de la Caisse qui regroupe le pilotage des filiales, les opérations de M&A et les établissements publics. « C’est comme si on regroupait sous un même toit, la direction du budget, l’APE et la direction du Trésor » résume-t-il. Il participe notamment aux travaux préparatoires de rationalisation des structures d’investissement de la Caisse avant que le FSI ne soit créé en 2008. A partir de ce moment-là, il travaille à la création du fonds et sur le transfert des actifs de la Caisse des Dépôts au FSI. Puis pendant deux ans, il s’occupe de la gestion actionnariale du FSI avant de devoir rejoindre le Trésor, son temps de mobilité arrivant à terme.

« Ils m’avaient clairement oublié et m’ont proposé des postes qui ne m’intéressaient pas, notamment dans la diplomatie économique » raconte Benjamin Richard. Il dit donc non aux postes et retourne à la Caisse où une direction stratégique venait d’être créée. Mais peu de temps après, les réflexions sur la création d’un investisseur professionnel pour le compte de l’Etat, via Bpifrance, sont lancées. Il participe aux réflexions sur l’organisation de ce nouvel organe public et y est embauché fin 2012. « Mon passage à la Caisse des Dépôt m’a appris une chose : nous devons fonctionner comme des entrepreneurs mais avec une mission d’intérêt public. Il faut de la discipline comme dans le privé mais avec une mission publique » estime ainsi Benjamin Richard. Quant à l’Ena, des liens se sont créés surtout à l’Académie de la Bière à Strasbourg, notamment avec Emmanuel Macron avec qui il partageait aussi de longues parties de ping pong. Et « sans hésitation, cela créé une facilité de dialogue et d’accès que j’ai pu utiliser dans le cadre de mes fonctions professionnelles » conclue-t-il.

A lire aussi, les précédents portraits de notre série d'été:

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