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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA: Valéry Freland : la diplomatie, un métier mais surtout une passion

Le consul général de France à Boston a rejoint l’ENA en concours externe, après plusieurs années au CSA. Il poursuit depuis une carrière internationale qui l’a emmenée à Rome, en Tunisie et aujourd’hui aux Etats-Unis, où il contribue à faire rayonner l’influence française dans une région très francophile.

S’il n’a pas évolué dans le microcosme de l’élite parisienne, Valéry Freland a très tôt su qu’il voulait un jour intégrer la haute fonction publique. « Un ami d’enfance, dont la mère était conseillère d’orientation en sixième, m’a rappelé qu’à l’époque, je disais déjà que je voulais faire l’ENA », confie-t-il. Issu d’une famille de médecins à Nantes, il développe cette vocation au contact de sa grand-mère : « pour elle, il fallait faire soit l’ENA soit Normale Sup ». A la fin des années 80, il entre à Sciences Po où il trouve une formation « extraordinaire », déjà ouverte sur l’internationale, une école de la rigueur où l’on apprend à articuler sa pensée, ce qui devient une arme pour toute la vie. Signe du destin, il se lie avec un jeune américain à qui il rend visite à Boston, où il reviendra près de 30 ans plus tard comme consul.

Il échoue à l’Ena et hésite avec le journalisme, mais se décide finalement pour le droit afin de se placer sur le long terme, développe une vision romantique de l’Etat et de l’intérêt général. Après un DEA en droit de la communication, il postule au CSA et y passe trois ans et se forme sous la houlette de Laurence Franceschini. Trois ans plus tard, son directeur de cabinet Jean-Claude Moyret emmène Valéry Freland avec lui au Quai d’Orsay, où il sera chargé des questions d’exception culturelle, d’audiovisuel et de culture à l’OMC et dans les instances européennes. Ses mentors le poussent et acceptent même de lui financer une année de préparation à l’ENA, qu’il réussit et intègre en 2002. «Ce qui m’a surpris, c’est la diversité des profils, des personnalités fortes et très différentes », relate-t-il. Il planche pendant 6 mois avec Sébastien Proto sur la réforme de l’hôpital et enchaîne des stages passionnants : auprès du préfet en Nouvelle-Calédonie, sujet à de fortes tensions ethniques, puis au Saint-Siège à Rome, où il s’émerveille de la richesse intellectuelle et du réseau international de ces prélats.

D’Emmanuel Macron, qu’il n’a pas beaucoup fréquenté, il se souvient d’un beau garçon aux boucles blondes, souriant et amical, mais déjà différent des autres et un peu lointain. Grâce à ses camarades exemplaires, notamment Sébastien Proto et Stéphanie Seydoux, il sort 19ème et, s’il rate à une place près les grands corps, il obtient exactement le poste qu’il voulait, comme rédacteur au Quai d’Orsay, à la direction des Affaires européennes. Et y côtoie « des hauts fonctionnaires brillants, ayant un grand sens de l’Etat », comme Pierre Sellal ou Christian Masset. En 2007, il part à Bruxelles comme conseiller culture et audiovisuel, en pleine présidence française de l’UE. Il travaille sur l’exception culturelle et la protection des droits d’auteur et, s’il déplore un système bureaucratique et pas assez axé sur le terrain, y trouve une profonde envie d’agir.

En 2009, il rentre en France pour collaborer auprès de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. « Un excellent diplomate, d’une grande intelligence, plein d'humour et qui s’intéresse avant tout à l’autre et à sa culture ». Une vie de cabinet très intense, 7 jours sur 7 où il multiplie les déplacements. Au bout de 13 mois, il est nommé conseiller de coopération et d’action culturelle à Tunis, quatre mois avant la Révolution culturelle. «Personne ne pouvait imaginer que cette dictature allait s’effondrer en 10 jours, cela a créé de la peur mais aussi une forme d’exaltation », raconte-t-il, et loue le dévouement des tunisiens qui protégeaient les rues mais aussi les Français. Il s’épanouit dans cette fonction de diplomate, un métier passionnant qui consiste à rencontrer des gens de tous horizons et à lancer des projets. Mais qui, il le reconnaît, a aussi ses contraintes avec de nombreuses sorties et cérémonies et une porosité avec la vie privée. A Boston depuis septembre 2015, il a trois priorités : accompagner les entreprises françaises sur place (pas moins de 20 000 français et 250 entreprises, dont Schneider, Saint-Gobain, Natixis ou Sanofi, sont basés dans la région). Mais aussi développer les relations universitaires entre les deux pays, les partenariats scientifiques, notamment avec un symposium sur l’égalité hommes-femmes à Wellesley. Et enfin, la francophonie et le développement des programmes bilingues, dans une région qui, malgré le protectionnisme de son Président, est plus que jamais avide d’enseigner le français à ses enfants.

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