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Feuilleton de l'été

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Marguerite Bérard-Andrieu : l'élégance de ceux qui réussissent vraiment

Pour commencer cette série d'été 2017, dédiée à la promotion Senghor, il nous a semblé évident de vous présenter en premier la major de promo. Directrice générale Finances Groupe, Stratégie, Juridique et du Secrétariat du conseil de surveillance du Groupe BPCE, cette dernière est également une ancienne du cabinet de Nicolas Sarkozy et de Xavier Bertrand.
Marguerite Bérard-Andrieu
Marguerite Bérard-Andrieu

Marguerite Bérard-Andrieu est une habituée des premières places. Elle est sortie première, en 2004, de la promotion Léopold Sédar Senghor de l'ENA, laquelle regorge pourtant de talents. Elle a également pris cette année la tête de du classement des leaders économiques de demain de l'Institut Choiseul. En effet, sa carrière a été ponctuée de postes prestigieux et, depuis son arrivée chez BPCE en 2012, elle n'a cessé de voir ses domaines d'interventions élargis, de la stratégie, en passant par la conformité ou encore les affaires juridiques. Elle est également aux commandes des finances depuis mai dernier et membre du comité de direction générale du groupe. D'ailleurs, les acteurs de la place de Paris qui connaissent la directrice ne tarissent pas d'éloges sur elle, estimant qu'elle est l'une des personnes à avoir le plus fort potentiel de sa génération.

Pour autant, Marguerite Bérard-Andrieu a gardé sa simplicité. Il y a quelques mois, lorsqu'elle est arrivée en tête du classement de l'Institut Choiseul, elle nous confiait : "Ce n'est pas de la fausse modestie mais il faut relativiser ce type d’exercice. Ce qui est très agréable c'est en revanche d'avoir des marques d’attention de la part de personnes qui pensent à vous à cette occasion. (..) Et de manière plus personnelle, cela a aussi fait très plaisir à ma maman !".

Et d'ajouter : "Tout le monde peut connaitre des échecs à certains moments de la vie. Ce qui est intéressant d’observer dans les parcours des gens qui connaissent le succès, c'est plutôt les moments de creux et comment ils ont pu faire dans ces moments d'adversité pour repartir de l'avant", souligne la directrice au CV prestigieux. A la question de savoir ce qui lui a permis de gravir ainsi les échelons, la DG raconte, par exemple, que la gestion du temps et sa capacité à en accorder aux autres a été l'une des clefs. "Mes meilleures idées sont nées de moments où j’ai pris le temps et dans une vraie position d'écoute", estime l'intéressée. Cette dernière continue d'ailleurs de se nourrir des réflexions des autres, notamment à l'occasion des mentorings avec des femmes auxquels elle participe. "Si l'intelligence est nécessaire, ce n'est pas une condition suffisante. Il faut avoir une vision et savoir la faire partager, sinon cela ne sert à rien", conseille celle qui est à la tête de 350 âmes de manière directe.

Avant d'intégrer le privé et d'occuper un poste de super-manager, Marguerite Bérard-Andrieu a connu les arcanes du pouvoir, d'abord à l'inspection des finances. Car la directrice est passée par l'ENA. Elle a été major de la promotion Senghor (2004), dont le classement a été annulé par le Conseil d’Etat à la suite de la fronde des élèves. De cette même cuvée sont donc issus Emmanuel Macron, Nicolas Namias, qui est à la tête de la stratégie chez Natixis ou encore le mari de notre interlocutrice, Thomas Andrieu, actuellement au cabinet du garde des Sceaux. Marguerite Bérard-Andrieu a, elle, notamment été en charge des questions d'emploi et de protection sociale à la Présidence de la République dès 2007, puis directrice de cabinet de Xavier Bertrand (ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, 2010-12). Au sein d'une majorité cohérente avec sa sensibilité, elle a travaillé sur la réforme des retraites ou encore sur celle des médicaments dans le cadre du scandale du Mediator.

Bien que très respectueuse de l'alternance démocratique, Marguerite Bérard-Andrieu a souhaité à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy quitter l'administration publique. Plusieurs portes s'ouvraient alors à elle, mais ce sont finalement ses échanges avec François Pérol, l'homme fort du Groupe BPCE, qui la convaincront d'intégrer la maison qui est désormais la sienne. "J'apprécie beaucoup sa vision pour le Groupe et sa personnalité et cela ne s'est jamais démenti après avoir travaillé cinq ans avec lui", raconte la DG, qui indique que travailler avec les autres dirigeants du Groupe BPCE est également une vraie source de motivation. Ce qui permet de contrebalancer les moments un peu plus ardus que l'on peut rencontrer dans ce type de métiers.

Marguerite Bérard-Andrieu est par ailleurs ravie d'avoir rejoint un jeune groupe, lequel a d'ailleurs huit ans, comme son fils aîné, s'amuse-t-elle. "C'est un groupe mondial, avec des marques comme Caisse d’Epargne et Banque Populaire qui font partie du patrimoine et sont devenues des noms communs pour l'ensemble des Français. Notre groupe gère 20% du financement de l’économie française et à côté de cela, nous sommes un groupe jeune et nous avons encore beaucoup de choses à construire. C'est passionnant." Marguerite Bérard-Andrieu planche ainsi notamment sur le nouveau plan stratégique. "La stratégie c'est un peu comme un hélicoptère qui doit prendre de la hauteur et observer à 360° pour décrypter les tendances qui vont arriver."

Marguerite Bérard-Andrieu est en outre membre du comité directeur de l'Institut Montaigne. Au sein de ce think tank porté par Henri de Castries, ex-patron d'AXA, elle nourrit sa réflexion et essaie d'apporter sa contribution au débat public. Marguerite Bérard-Andrieu est enfin administratrice au sein du Groupe BPCE avec des mandats en interne, mais est également membre du conseil de Scor et d'Havas. Contente de pouvoir travailler aux côtés de Denis Kessler et de Yannick Bolloré, elle rappelle que le cinquième réassureur mondial est parti de loin et qu'il est aussi intéressant de se pencher sur un métier "cousin" au sien. Chez Havas, elle appréhende également les tendances de demain via la communication. Autant de cordes supplémentaires à son arc !

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