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Feuilleton de l'été

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Stéphane Boujnah, Santander : le banquier de la République

Boujnah
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Au mois de décembre dernier, Stéphane Boujnah recevait la légion d’honneur des mains de Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur. Tout le gratin des affaires, de la politique et des médias assistait à cette cérémonie, notamment Arnaud Montebourg encore ministre de l’économie ou Marisol Touraine. Car Stéphane Boujnah qui vient de fêter ses cinquante ans n’a jamais caché son engagement pour des idées de progrès. Idées qu’il a du mal à retrouver dans la politique menée depuis deux ans par ses amis socialistes.

Mais cet ancien collaborateur de DSK, lorsque ce dernier était à Bercy, puis de Christian Sautter et de Christian Pierret a plusieurs vies. D’abord il est banquier et lorsque les dirigeants de Santander, plus grosse banque de la zone euro par la capitalisation boursière décident de le nommer il y a un mois à la tête de toute l’activité de banque d’affaires du groupe pour la zone euro, ils ne se soucient pas de savoir quel est son engagement politique où les raisons humanistes profondes qui l’ont amené à être il y a quelques années co-fondateur de SOS Racisme.

C’est par les technologies et le début de l’ère numérique que Stéphane Boujnah est devenu banquier au début des années 2000 après avoir quitté les cabinets ministériels. Il est alors recruté par le Crédit Suisse First Boston à Palo Alto au cœur de la Silicon Valley. Il s’y forge un solide carnet d’adresses dans ce monde en pleine effervescence avant de rejoindre le bureau londonien de la Banque. En 2005, il est recruté par Jacques Henri David comme managing director et senior banker de la Deutsche Bank à Paris. Grâce à ses relations dans la sphère des entreprises publiques il mène alors d’importantes opérations pour EDF, en Espagne, pour la Cogema, puis pour Areva, mais aussi conseille Gilles Michel, chargé de mettre sur pied le FSI. Il a déjà à cœur d’être le banquier de la République.

En 2010 il est débauché par Santander qui souhaite muscler son bureau parisien et devient directeur général France et Benelux. Depuis quatre ans, il a considérablement développé cette activité en accompagnant dans leurs projets en Amérique Latine toutes les grandes entreprises françaises. Il a ainsi conseillé GDF Suez à l’occasion de la privatisation d’un opérateur colombien. Il a été conseil de Casino dans ses différentes aventures brésiliennes. Il a aidé Lafarge à céder ses actifs en Équateur, et Total à mettre sur pied des financements pour ses activités au Brésil. Et c’est tout naturellement que Jean-Pascal Tricoire, patron de Schneider s’est adressé à lui pour mener une OPA amicale de 2 milliards d’euros sur l’espagnol Telvent.

Depuis le mois de juillet son champ d’action est donc pus large. A monnaie unique, et à superviseur unique, il est le responsable unique des activités de financement et d’investissement de Santander pour l’Europe continentale. A ce titre, il siège au comité exécutif du géant espagnol. Un bon piédestal pour apprécier la conjoncture mondiale et continuer à distiller ses conseils, à ses clients, à ses amis politiques ou à la Fnac dont il a été nommé administrateur juste avant sa cotation.

Par ailleurs Stéphane Boujnah préside le très actif think-tank En temps Réel qui regroupe une bonne partie des anciens de la Fondation Saint-Simon et où se retrouvent Gilles de Margerie ou Philippe Crouzet. C’est au nom de cette passion de l’intérêt général, que Jacques Attali lui avait également demandé de faire partie en 2007 de la commission pour la libération de la croissance. De quoi occuper largement ce père de famille attentif qui voue une reconnaissance admirable à la République pour avoir fait de lui, mi-juif tunisien, mi savoyard, le banquier citoyen qu’il est devenu.

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