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Feuilleton de l'été / Du côté des décideurs

Feuilleton de l'été
Du côté des décideurs

Maryse et Thierry Aulagnon : un amour de jeunesse

Maryse Aulagnon
Maryse Aulagnon

Il n’y a pas que François Hollande à avoir trouvé sur les bancs de l’ENA celle qui allait devenir sa femme et la mère de ses enfants. Un autre couple bien connu des milieux financiers est lui aussi né en pleines révisions des subtilités du droit public, des sciences politiques et administratives : Maryse et Thierry Aulagnon. Entrés tous les deux en 1973 dans cette noble école de la République, ils se marient, en effet, un an plus tard avant même de terminer le cursus de deux années. Pour la petite histoire, ils ne se sont même pas connus à Science Po avant leur entrée respective puisque Thierry avait dû d’abord effectuer son service militaire avant de fouler l’avenue de l’Observatoire à Paris. Leur relation était tenue secrète à ses débuts. A tel point que lorsqu'ils ont envoyé les cartons d'invitation pour leur mariage, bon nombre de leurs camarades sont tombés des nues en voyant le bristol. Cette promotion « Léon Blum » aura donc permis à ces deux bourreaux de travail (Maryse sort 3eme) de se parfaire ensemble à la « chose » publique. Ils vont d’ailleurs très vite se faire remarquer l’un et l’autre, Thierry en devenant le conseiller technique de Pierre Bérégovoy puis le directeur de cabinet de Michel Sapin, Maryse en tant que conseiller technique de Laurent Fabius qu’elle suivra ensuite lorsqu’il passera au budget en tant que spécialiste des questions internationales.

La suite se décline également pratiquement à l’unisson : Ils décident de quitter les ors de la République pour basculer dans le privé. Maryse prend de l’avance sur sa moitié en atterrissant dès 1985 à la CGE de Georges Pébereau. Mais c’est surtout une rencontre qui va réellement la faire basculer dans l’univers des affaires, celle de Jean-Charles Naouri. Ancien « dir cab » de Pierre Bérégovoy alors à la manœuvre pour développer des fonds de capital investissement (bien avant de se focaliser sur la grande distribution), il va effectivement nommer Maryse directrice générale d’Euris. Son penchant pour l’immobilier la pousse ensuite très vite à participer à la création d’une société immobilière : Affine, bébé qu’elle n’aura de cesse de faire croître et grandir, au rythme des crises financières et immobilières et des désistements de certains de ses actionnaires. Affine, c’est aujourd’hui une entreprise au patrimoine de 600 millions d’euros qui vaut 150 millions d’euros en Bourse, sans parler des actifs de sa filiale belge. Fort de cette double expérience publique/privée, Maryse Aulagnon est très courtisée par les entreprises en mal d’administratrices féminines de qualité. Elle est ainsi au board d’Air France KLM, de Véolia (depuis 2012) et membre du conseil de surveillance de BPCE. Mais cette mère de 2 enfants n’en a pas fini avec les « occupations » puisqu’elle est également administratrice de la fondation Palladio qui réfléchit à la façon d’intégrer dans les métiers des spécialistes de l’immobilier les évolutions économiques, technologiques, environnementales, démographiques et anthropologiques qui touchent la construction de la ville.

Thierry ne bascule dans le privé qu’à partir de 1996. Il entre alors au GAN, en charge de l’immobilier et des affaires générales avant d’en devenir membre du directoire. Il arrive ensuite à la Société Générale en 2000 où il devient très vite responsable de la banque d’investissement et de SG CIB. Il y développe un pôle ultra dynamique, façon ruche, donnant aux banquiers conseil qui l’entourent l’envie de se dédoubler pour mener à bien les projets de rapprochement ou de restructuration. Après 15 ans de bons et loyaux services, Thierry vient de partir à la retraite. Nul doute qu’il fourbit sûrement ses armes pour continuer à exercer une activité liée de près ou de loin au monde du corporate finance.

Parmi les passions communes du couple : la musique. Maryse est notamment mécène, via Affine, de Pro Musicis, association qui sélectionne les meilleurs artistes classiques pour leur organiser des concerts publics, lesquels offrent en échange des concerts de Partage pour enfants handicapés ou en souffrance, personnes âgées dépendantes, ou des détenus. Association qui compte aussi parmi ses mécènes la Fondation Monoprix, de Jean-Charles Naouri avec lequel Maryse a gardé d’excellentes relations. Thierry, lui, est un violoniste virtuose et pourrait d’ailleurs profiter de ses « nouveaux horaires » pour se faire aussi un nom dans cet univers.

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