WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
Une semaine décisive pour les retraites et pour les marchés
par Yves de Kerdrel

Chacun sait désormais que si l'Euro est sauvé, l'axe franco-allemand est moribond. Mauvais présage pour le G 20 sur la régulation et pour l'ambiance sur les marchés. Au moment où la France doit lever le voile sur ses premiers projets en matière de retraite.
15/05/2010 - 09:35 Temps Lecture 5 mn.
Eric Woerth, qui aime tout sauf la lumière des projecteurs, va se retrouver en première ligne cette semaine. Selon les informations de WanSquare, le Ministre du Travail a arrêté les premières orientations de sa réforme des retraites qu'il devrait rendre publiques dés demain. D'autant que Parti socialiste dévoilera ses propositions mercredi. Il ne faut pas s'attendre à de grandes surprises après les pistes dégagées par le Conseil d'Orientation sur les Retraites. Augmentation de la durée de cotisation, mais de façon très progressive et sur le très long terme, histoire de reporter les efforts sur les prochains quinquennats et taxation majorée pour les revenus financiers - avec notamment une hausse de la CSG, voire de la CRDS -, et forte imposition des stock-options et des retraites-chapeau, histoire de montrer que l'effort est partagé et équitable. La seule chose que l'on ignore concerne la convergence entre le secteur public et le secteur privé. Il se peut que compte tenu des mouvements sociaux prévus à court terme, les projets d'Eric Woerth ne soient pas rendus publics dés cette semaine. A l'Elysée on attache une grande importance à ces annonces qui doivent montrer aux investisseurs du monde entier que le pays poursuit ses réformes structurelles. Une manière d'éviter que les rumeurs sur une éventuelle dégradation de la note de la dette tricolore - comme celle intervenue vendredi dernier - soit de nouveau considérée comme crédible sur les marchés. D'autant que le calendrier va s'accélérer autour de la question des finances publiques. Dans les prochains jours les quatre groupes de travail constitués lors de la Conférence sur les déficits devraient rendre leur rapport. Le groupe présidé par Michel Camdessus devrait notamment préconiser l'établissement d'une règle d'or concernant le déficit budgétaire. Christine Lagarde a confirmé à WanSquare qu'elle y était personnellement très favorable, sans que cela prenne forcément une tournure constitutionnelle. De surcroit Jacques Attali a commencé à faire du teasing à propos du pré-rapport que sa commission doit rendre cette semaine sur la France en 2020. Il a rencontré Jérôme Cahuzac il y a quelques jours pour lui dire que la question de la dette publique avait été considérée comme la priorité numéro un de sa commission. Ce que l'ancien conseiller de François Mitterrand va publier n'est qu'un pré-rapport destiné à ouvrir le débat avec les parlementaires. Tout cela afin de remettre un rapport définitif au président de la république autour de la mi-juillet. C'est dire si l'on va encore beaucoup parler de la dette, des déficits et de la faiblesse des mesures de rigueur cette semaine. Surtout si les pays dits du "Club Med" accélérent dans la mise en oeuvre de leurs propres régimes de minceur. A l'Elysée on note que François Baroin se contente de faire de la figuration. Du coup, c'est Christine Lagarde qui occupe le terrain sur les sujets des comptes publics avec Jacques Le Pape, son directeur adjoint de cabinet à la manoeuvre en liaison avec Xavier Musca à l'Elysée et Marie-Anne Barbat-Layani à Matignon. En attendant la tendance des marchés risque de rester orientée à la baisse, qu'il y ait ou non des signes marquants de rigueur. Si celle-ci ne se manifeste pas, les investisseurs feront part de leur crainte. Si la rigueur est trop voyante, alors les marchés prendront peur pour les conséquences en matière de consommation. N'oublions pas qu'en France les dépenses publiques représentent 55 % du PIB, les transferts sociaux 35 %, et la part des transferts qui se retrouvent dans la consommation 17 %. Cela signifie que lorsque l'Etat dépense 100 euros, 33 euros se retrouvent directement dans le circuit économique. Le yo-yo des marchés va relancer le débat sur la régulation des hedge funds et la directive AIFM. Les britanniques restent vent debout contre le texte qui est soumis au vote. Mais ils sont isolés. Et par égard pour le tout nouveau gouvernement de David Cameron, Bruxelles cherche une manoeuvre dilatoire afin que le premier texte européen soumis au nouveau gouvernement de sa Majesté ne fasse pas ressortir l'isolement du successeur de Gordon Brown. De nouveaux rebondissements sont donc à attendre de ce coté-là. En attendant les valeurs financières vont continuer de souffrir. qu'il s'agisse des assureurs comme des banques, elles risquent d'être très secouées au cours des prochaines séances. Axa et le Crédit Agricole sont notamment dans le collimateur des hedge funds à cause de leur exposition en Grèce. Seules les manoeuvres concernant une possible cession des parts de Commerzbank détenues par Generali pourraient inverser cette tendance, en raison de l'aspect spéculatif de l'opération. L'un des rares points positifs des jours à venir devrait résider dans la poursuite des opérations financières de taille moyenne. Selon les informations de WanSquare le rachat définitif de Go Voyages par Axa Private Equity devrait intervenir cette semaine. Au moment même où Accor se livrera à ses "investor days" concernant le spin-off d'Accor Services. Enfin plusieurs annonces d'IPO devraient prendre corps à condition que le CAC 40 ne passe pas sous les 3.550 points. ydekerdrel@wansquare.com
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Quand les fous s'emparent des clés de l'asile...

09/05/2010 - 09:50

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Le cri du Canari et l'explosion de la mine

02/05/2010 - 09:35