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éditorial / Yves de Kerdrel

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François Hollande veut reprendre la main dans l'opinion
par Yves de Kerdrel

De plus en plus attaqué dans les sondages, le Président de la République cherche à reprendre la main à travers une série de déplacements en France et par une intervention à la télévision. Mais le calendrier politique des semaines à venir ne lui est guère favorable.
10/03/2013 - 07:41 Temps Lecture 6 mn.
Depuis maintenant deux semaines, et la révélation auprès des français que les trois grandes promesses économiques de l'année ne seront pas tenues, les cotes de popularité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault ne chutent pas ; elles dégringolent littéralement. Le dernier indicateur fourni, cette semaine par Paris-Match à partir d'un sondage de l'Ifop faisait ressortir une impopularité record de l'exécutif avec une chute de 6 points en l'espace d'un mois. Quant aux Échos du même jour, ils révélaient (via une enquête CSA) que seulement 33 % des français faisaient encore confiance à François Hollande (soit 5 points de moins en un mois) et 30 % accordaient du crédit à Jean-Marc Ayrault. Face à cette situation catastrophique et qui ne peut pas se retourner du seul fait des conditions économiques du moment, les communicants de l'Élysée ont convaincu le Chef de l'État de repartir à la conquête de l'opinion. D'abord à travers une série de déplacements ponctuels dans l'Hexagone. Dés cette semaine il sera à Dijon et devrait visiter deux entreprises, dont Urgo. Ensuite, si un créneau opportun se fait jour, à travers une intervention télévisée classique dans le cadre d'un journal de 20 heures. Mais le problème, c'est que le calendrier ne permet pas, pour l'instant, à François Hollande, d'être audible. TOUJOURS PAS D'OPPOSITION Car pour le moment l'actualité économique n'envoie que des signaux négatifs. A commencer par la hausse du chômage. Puis avec les lettres de cadrage envoyées aux ministres pour le budget 2014 qui font état d'une baisse de 5 milliards d'euros des dépenses publiques, sur les 100 milliards de dépenses non concernées par les salaires, les pensions et les intérêts de la dette. Enfin avec la panne de croissance qui affecte le pays, et qui découle en grande partie de l'assommoir fiscal mis en place depuis le mois de juillet dernier. Si bien qu'à l'heure actuelle il n'y a pas un patron du CAC 40 qui cherche à renforcer sa présence en France. Au contraire, tous cherchent le moyen de se développer en Asie, aux États-Unis, voire en Europe Centrale. L'exécutif ne peut donc pas prendre la parole. Quant aux ministres ils continuent les couacs, comme on a pu le voir il y a quelques jours à propos de l'affaire du " diesel ". Avec d'un côté Cécile Duflot et Delphine Batho réclamant une sur taxation du gazole. Et d'un autre coté, Arnaud Montebourg, cherchant à protéger les intérêts des constructeurs français. Malgré tout cela, les sondages montrent que l'opposition n'a pas retrouvé de crédibilité. Et comment pourrait-il en être autrement après ce qui s'est passé au sein de l'UMP. Et après les premiers propos tenus par Nicolas Sarkozy semant le trouble à droite, notamment parmi les proches de François Fillon. TROUBLES DANS LE PATRONAT Compte tenu de ce vide politique à droite, la vraie opposition au gouvernement pourrait être incarnée par le Medef. Mais le patronat est hélas rentré en campagne électorale. Avec la volonté de Laurence Parisot de poursuivre son action. Ce qui crée beaucoup de remous. L'UIMM a clairement fait savoir qu'elle s'opposerait à tout changement de statut du Medef. Cela ne signifie pas pour autant que son patron Frédéric Saint-Geours pourra se présenter. Car à l'intérieur de l'UIMM, il y a de fortes résistances. Ce qui fait le jeu de Pierre Gattaz, qui est soutenu par de plus en plus de dirigeants de l'industrie et des services. Par ailleurs du côté de l'Afep, certains membres historiques de l'association commencent à critiquer, de manière à peine voilée, le nouveau mode de fonctionnement mis en place par Pierre Pringuet. Dans ce contexte, nombreux sont les dirigeants de grands groupes qui multiplient les entretiens en tête-à tête avec les principaux locataires de Bercy. Ne serait-ce qu'au cours de la semaine à venir Arnaud Montebourg devrait s'entretenir avec Benoit Potier, P.D.G. de L'Air Liquide, Patrick Kron, P.D.G. d'Alstom, Gérard Mestrallet, patron de GDF-Suez et le dirigeant italien des Generali (ce lundi). Puis avec Henri Proglio, patron d'EDF, Luc Oursel, dirigeant d'Areva et Martin Bouygues (ce mardi). Et enfin avec Philippe Varin, président du directoire de PSA, jeudi soir. Quant à Pierre Moscovici il s'entretiendra demain en milieu de journée avec Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, à l'occasion d'un déplacement à Clermont-Ferrand LES MARCHES EUPHORIQUES Il y a fort à parier qu'au cours de ces différents entretiens la nouvelle taxe à 75 % sera évoquée, tant elle pose des problèmes de management aux patrons de grands groupes. Comme nous l'assurait cette semaine, le dirigeant d'une grande banque : " il n'est même plus envisageable d'embaucher un cadre étranger dans l'une de nos structures françaises ; plus personne ne veux venir ". Dans l'entourage de Pierre Moscovici on affirme que le texte remplaçant la taxe à 75 % retoquée par le Conseil constitutionnel aurait " le même esprit " et durerait deux ans. Le gouvernement a " posé un certain nombre de questions " au Conseil d'État pour s'assurer que la nouvelle mesure soit acceptée par le Conseil constitutionnel. La réponse devrait parvenir à la fin de la semaine à venir. Et les sages du Palais Royal devraient confirmer qu'au delà de 67 - 68 %, toute taxe est spoliatrice. Du côté des marchés, l'ambiance est toujours favorable. Surtout à New York où le Dow Jones retrouve ses meilleurs niveaux. Mais aussi à Paris où le CAC 40 a gagné 3,8 % au cours de la semaine écoulée sur fond de résultats meilleurs que prévu pour Carrefour et Lagardère. Les craintes d'une crise italienne n'auront donc pas duré très longtemps. Même si Fitch vient de dégrader la dette transalpine. Interrogé sur les risques portés par le récent scrutin italien, marqué par un rejet massif de l'austérité et incapable de dégager une majorité, Mario Draghi a fait remarquer, en fin de semaine, que les taux d'emprunt de la Péninsule étaient déjà retombés à leur niveau d'avant les élections. Le président de la BCE affirme, par ailleurs, ne pas déceler les signes d'une spirale déflationniste. A Francfort, on se félicite même du calme qui prévaut sur les marchés et on continue de tabler sur une reprise graduelle de l'activité dès le second semestre de 2013. QUI EN VEUT A LAGARDERE ? La semaine à venir sera marquée par la queue de la comète des publications de résultats. Avec notamment les comptes de Gemalto, Rubis, Dassault Aviation et Altran Technologies. Par ailleurs toute la Place attend la publication par un grand hebdomadaire d'une enquête " à charge " sur le groupe Lagardère. Une enquête évoquant notamment la complexité des relations entre ce groupe et Vivendi à travers leur participation conjointe au capital de Canal +.
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