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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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La gauche sans visibilité et la droite sans projet
par Yves de Kerdrel

François Hollande connaît à nouveau une chute de popularité record pour un président de la République, seulement dix mois après son élection. Mais la Droite reste toujours en piteux état entre un Fillon désormais axé sur 2017, un Copé sans projet établi et un Sarkozy aux aguets. Le risque de voir un scénario italien débarquer en France n'est pas nul.
03/03/2013 - 07:43 Temps Lecture 7 mn.
Comme WanSquare l'avait laissé envisager la semaine passée, les dernières enquêtes d'opinion sont catastrophiques pour le Gouvernement et pour le Président de la République. François Hollande a perdu, en un mois, cinq points de confiance dans le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro magazine, atteignant le taux de 30 %, le plus bas jamais enregistré depuis 1981 par un chef de l'État au dixième mois de son mandat, dans ce sondage. Son Premier ministre Jean-Marc Ayrault perd aussi cinq points de confiance, mais avec 28 %, il fait toujours mieux qu'Édith Cresson, chef du gouvernement en 1991-1992, descendue jusqu'à 22 % dans cette enquête d'opinion réalisée pour l'hebdomadaire du groupe Figaro. Par ailleurs, la majorité des Français pensent que les engagements pris par François Hollande en matière de chômage et de fiscalité ne seront pas tenus, que ce soit en 2013 ou d'ici la fin de son mandat en 2017, selon un sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France. Seules 2 % des personnes interrogées pensent que la France respectera en 2013 son objectif de 3 % de déficit public, 4 % que la courbe du chômage sera inversée d'ici la fin de l'année et 10 % que le chef de l'Etat n'augmentera pas les impôts sur les classes moyennes après 2013. Selon cette même étude, plus des deux tiers des Français (68 %) et un peu moins de la moitié (44 %) des électeurs ayant voté pour François Hollande au second tour de l'élection présidentielle se disent déçus par le chef de l'Etat. Moins d'un an après l'élection présidentielle, une majorité de Français (51 % contre 45 %) pensent que Nicolas Sarkozy aurait fait "plutôt mieux" que lui s'il avait été réélu. VERITABLE CRAINTE DE JACQUERIE En privé certains membres du gouvernement, notamment à Bercy, ne cachent pas leur crainte de voir se lever une forme de populisme à l'Italienne. Un ministre important a évoqué devant nous il y a quelques jours l'hypothèse d'une " jacquerie ". C'est ce qui conduit l'exécutif à rester très réservé quant à d'éventuelles nouvelles hausses d'impôts, dont François Hollande a souligné à plusieurs reprises qu'il n'y ferait recours qu'à titre subsidiaire. La priorité est donc toujours mise sur la réduction des dépenses publiques. Qu'il s'agisse du budget de l'état comme des dépenses d'intervention. Jérôme Cahuzac confirme que l'effort supplémentaire à faire cette année, compte tenu des moindres recettes fiscales, sera de l'ordre de 6 milliards d'euros. Et pas davantage. En revanche à l'Élysée, comme à Matignon ou à Bercy, on se refuse à voir dans la récession actuelle les conséquences du coup de massue fiscal donné en juillet et en septembre derniers. Comme si la notion d'anticipation, si présente dans le cerveau des chefs d'entreprises, des investisseurs et même des consommateurs, n'avait plus cours. Et comme si tout devait être imputé à une détérioration du climat économique en Europe. LES ELUS BIENTOT A LA DIETE Dans ce contexte où il faut racler tous les fonds de tiroirs, le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'apprête à réunir le 12 mars, selon nos informations, une conférence des finances publiques locales pour tenter de trouver un terrain d'entente avec les représentants des collectivités sur l'application territoriale de la politique de rigueur. Le gouvernement a annoncé le mois dernier une réduction de 1,5 milliard d'euros des dotations aux collectivités locales en 2014, et autant en 2015, soit une perte de 4,5 milliards d'euros sur 2013-2015, provoquant un vif mécontentement des dirigeants des associations d'élus. Ce sujet était au menu d'un dîner préparatoire très discret qui a réuni jeudi soir, autour du Premier Ministre, de grands élus socialistes comme Michel Destot (président de l'Association des maires de grandes villes), Christian Pierret (villes moyennes), Martin Malvy (petites villes), Claudy Lebreton pour les départements, Alain Rousset pour les régions ainsi que le président du comité des finances locales, André Laignel. Étaient aussi présents lees ministres concernés. SEGOLENE S'ILLUSTRE DEJA ! La Banque Publique pour l'Investissement qui a tenu son premier conseil de surveillance à Dijon il y a une dizaine de jours, dans une ambiance baroque, continue à prendre forme doucement. Mais à l'intérieur de la Caisse des Dépôts, les frottements se font sentir. Notamment concernant l'intégration du FSI, qui est voué à perdre toute l'indépendance sur laquelle Augustin de Romanet veillait avec tant de soin. Toute cette ambiance renforce de plus en plus le sentiment de déconnexion entre les élites et le peuple qui a été illustré par les élections italiennes. Avec la montée d'un populisme de gauche et le renouveau d'un populisme de droite, réunis tous les deux par un violent euroscepticisme. Tout cela au détriment d'un Mario Monti qui a fait un travail de Titan pour l'Italie en l'espace d'un an, mais qui n'était pas fait pour se jeter dans la très particulière arène politique transalpine. Il n'en reste pas moins que ce qui s'est passé en Italie a rejailli de manière négative sur l'Espagne. Et si l'opinion publique allemande commence à parler de l'exfiltration de l'Italie de la zone Euro, la presse d'outre-Rhin s'inquiète beaucoup de ce qui se passe en France et de l'incapacité du gouvernement à imposer des réformes. La suppression du jour de carence a davantage frappé les esprits à Berlin et à Francfort qu'à Paris. QUEL CASTING POUR LE MEDEF ? C'est dans ce contexte qui commence à devenir très périlleux pour la France que Laurence Parisot a décidé d'officialiser sa candidature, à condition que l'assemblée générale du Medef autorise une modification des statuts de l'organisation patronale. Le problème, affirment de nombreux chefs d'entreprise, c'est que tout le débat se focalise sur ces questions statutaires et sur des affaires de personne. Alors qu'en l'absence d'une opposition crédible et pugnace, le pays a besoin d'un contrepouvoir animé par les entrepreneurs. Comme cela a été le cas lorsque Lionel Jospin était Premier Ministre avec un Jacques Chirac affaibli et une droite " au tapis ". C'est à ce moment là que le casting d'un Gandois s'est révélé catastrophique. Au point de laisser très vite la place au tandem Seillière-Kessler. Dans ce contexte tourmenté, la présidente du Medef a écrit à Jean-Marc Ayrault pour lui demander un rendez-vous en urgence afin de faire le point sur les intentions du gouvernement en matière de réforme des retraites, selon les informations obtenues par WanSquare. Laurence Parisot a sollicité cette entrevue avant une réunion décisive entre partenaires sociaux, jeudi prochain, sur l'avenir des régimes complémentaires. Pour rééquilibrer l'Agirc et l'Arrco, le Medef propose notamment de désindexer leurs prestations -autrement dit de les déconnecter de l'inflation -pendant cinq ans, ce que refusent jusqu'ici les organisations syndicales. Du côté des entreprises, l'heure est toujours à la publication des résultats annuels. Avec de très bonnes surprises comme cela a été le cas pour Veolia, pour GDF-Suez, et même pour le Crédit Agricole. La semaine à venir sera illustrée par les comptes de Carrefour, de Lagardère, de Bourbon et de Scor. Mais aussi par l'assemblée générale du Club Méditerranée. L'heure est aussi aux renouvellements de mandats d'administrateurs. La surprise est venue cette semaine de Michelin qui a décidé de coopter à son conseil de surveillance Anne Sophie de la Bigne, qui est directeur des affaires civiles d'EADS, et parente éloignée des Michelin, Jean-Pierre Duprieu qui est directeur général adjoint de L'Air Liquide, Olivier Bazil ancien vice-président de Legrand, et Michel Rollier, l'ex numéro un de Michelin auquel le groupe doit la qualité de ses performances actuelles.
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