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Yves de Kerdrel
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Une surprise en vue à la primaire de la droite ?
par Yves de Kerdrel
Même si le débat du 3 novembre n’a pas eu d’impact sur l’appréciation que portent les sympathisants de droite sur les candidats à la primaire, les experts anticipent une surprise avec un score plus élevé que prévu de François Fillon aux dépens de Juppé.
Chaque semaine continue d’apporter son lot de mauvais sondages à l’Elysée. Désormais avec 14 % de bonnes opinions et 82 % (+ 2) des Français interrogés qui ne lui font pas confiance, le chef de l'État atteint son plus bas niveau depuis le début de son quinquennat, selon un sondage Elabe réalisé pour Les Echos et Radio Classique. François Hollande perd 8 points auprès des sympathisants de gauche et autant auprès des seuls proches du Parti socialiste. Même chose pour le Premier ministre, qui ne recueille plus que 18 % de confiance, contre 78 % des Français d'un avis contraire. Manuel Valls perd 7 points à gauche et chute de 14 points auprès des seuls proches du PS, à 52 %.
Autre indicateur, celui fourni par Kantar Sofres-OnePoint pour le Figaro Magazine. La cote de confiance du président de la République atteint son plus bas niveau. De toute l'histoire du baromètre, aucun locataire de l’Elysée n'était descendu là où François Hollande a plongé : seulement 11 % des Français lui font confiance ! Les confidences publiées dans un livre ont eu, semble-t-il, un effet dévastateur dans l'opinion et chez les derniers soutiens du chef de l'Etat. Difficile de dire ce qui a le plus pesé, entre la révélation de secrets d'Etat, la présence des journalistes pendant des conversations téléphoniques entre présidents, voire avec le Premier ministre, la reconnaissance d'une intervention de François Hollande pour fausser un appel d'offres de la Ligue de football ou les commentaires acerbes sur chacun !
HOLLANDE MULTIPLIE LES SORTIES
Reste qu'aujourd'hui, François Hollande est tendu et fébrile, selon les informations de WanSquare recueillies auprès de ses proches, alors qu'un grand nombre de ses amis ont médiatiquement et politiquement disparu après la publication du livre. A l'inverse, la stratégie de distanciation du Premier ministre semble lui profiter. La cote de Manuel Valls remonte dans ce sondage-là (+ 3), notamment auprès des sympathisants PS (59 %, + 11). Comme s'il représentait la bouée de sauvetage des socialistes au milieu du naufrage présidentiel. Par ailleurs il faut noter que la descente aux enfers de François Hollande bénéficie à Jean-Luc Mélenchon, qui se hisse pour la première fois sur la troisième marche du podium du baromètre. En gagnant notamment 11 points chez les sympathisants PS.
Il reste que le Président de la République n’entend pas abandonner le combat. Il se considère comme le patron de la gauche et à ce titre ne compte pas laisser la place à Manuel Valls ou à Emmanuel Macron. Pour l’heure il lui faut sortir de la mauvaise passe liée à l’effet catastrophique du livre de confidences. Le Chef de l’Etat multiplie donc les déplacements et les prises de parole au cours desquels il insinue ou bien parle en creux. Avec un même objectif : rassurer sur son état politique et personnel à six mois de l’élection présidentielle, alors que le Parti socialiste s’interroge de plus en plus sur ses capacités à être candidat à un second mandat.
LE LIEN EST ROMPU AVEC VALLS
Plusieurs de ses proches lui auraient pourtant conseillé d’arrêter de piocher pour crever l’abcès politique et médiatique provoqué par l’ouvrage de deux journalistes du Monde. Et par la même occasion accélérer sa déclaration de candidature à la primaire du PS en janvier. Mais lui n’écoute que sa conscience. Pas question de bouleverser ses plans, il attendra décembre comme il l’a toujours prévu. Pour le moment, il tient à vanter son bilan. Pour mener ce travail de reconquête, le travail est préparé par Julien Dray. Hollande 2017 veut essayer d’être Chirac 1995. Celui que tout le monde donnait battu face au favori Edouard Balladur, dont on ne comprenait même pas qu’il puisse maintenir sa candidature, et qui avait réussi, en quelques semaines d’une campagne dans la France profonde, à renverser la vapeur.
Le président va donc multiplier les déplacements dans tout le pays. Vendredi, il était à Locminé, pour parler de développement durable. Avec à ses côtés, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian. Mardi prochain, François Hollande sera à La Rochelle, aux assises économiques de la mer, et jeudi à Nancy. Et cela sans se soucier du démarquage très net opéré par Manuel Valls. Le lien de confiance entre eux est désormais cassé, confie-t-on à Matignon. Les proches du premier ministre moquent d’ailleurs la campagne à l’ancienne de l’ex-premier secrétaire du PS.
JUPPE SUR LA DEFENSIVE
Malgré tout, le camp socialiste se fissure de plus en plus. Pour preuve : un ministre proche de François Hollande n’a pas exclu, jeudi 3 novembre, une candidature de Manuel Valls. Ce ministre c’est Michel Sapin, titulaire du portefeuille de l’économie et des finances, qui a déclaré sur France info que si le chef de l’Etat décidait de ne pas se présenter, le premier ministre sera évidemment un candidat parfaitement naturel pour défendre les couleurs de cette gauche, qui est une gauche de responsabilité. Quant à Emmanuel Macron il continue d’avancer ses pions. L’ancien ministre de l’économie, qui est inspecteur des finances, va démissionner de la fonction publique à la fin du mois « par souci de cohérence et d’exemplarité », a-t-il annoncé, mercredi dernier. L’éventuel candidat à la présidentielle a précisé que sa démission lui coûterait 50 000 euros, ou un peu plus, car il n’est pas au bout des dix ans dus par chaque élève sortant de l’ENA au service de l’Etat.
A droite le débat du 3 novembre, plus intéressant et mieux organisé que le premier, a été l’objet d’un vaste « Tous contre Sarkozy ». Pour autant l’ex Chef de l’Etat était bien plus à l’aise que lors du premier débat. Nicolas Sarkozy a pour sa part tenté d’affaiblir le maire de Bordeaux, en fustigeant le problème politique majeur que représenterait l’alliance de ce dernier avec François Bayrou Bayrou. D’abord sur la défensive, Alain Juppé n’a pas vraiment réussi à se sortir de ce piège. Tout au long du débat, le maire de Bordeaux a tenté de se poser dans les habits du futur chef de l’Etat, au-dessus de la mêlée, revendiquant une hauteur de vue. Au risque de se croire déjà élu à l’avance.
FILLON PEUT TOUT BOULEVERSER
Car pour un grand nombre de sondeurs et d’experts de la vie politique la primaire pourrait encore réserver de belles surprises. Chacun est désormais convaincu que François Fillon, qui fait une campagne sans faute, pourrait dépasser les 20 %, voire même atteindre les 25 %, grâce à un transfert de voix aux dépens d’Alain Juppé qui deviendrait alors le troisième homme. Si bien que la probabilité est forte pour que l’on assiste à un second tour : Sarkozy contre Fillon. Bien sûr tout dépendra de l’importance du corps électoral et de la fluidité du scrutin. Mais cette surprise s’inscrirait dans le sillage de celle créée par la primaire socialiste de 2007 ou par les deux dernières primaires écologistes.
Sur le plan international, la semaine va être naturellement marquée par l’élection présidentielle américaine. Rarement les sondages n’ont été aussi serrés de manière générale de même que les hypothèses concernant les fameux « swing states ». L’indication publiée il y a quelques jours selon laquelle Trump serait gagnant en Floride a amené tous ceux pensaient que l’élection de Hillary Clinton était jouée à modérer leur jugement. De fait les places financières qui, jusqu’ici, donnaient l’impression de se désintéresser de cette élection ont pris peur. Toutes les places occidentales ont souffert des dernières hypothèses. Un recul également enregistré à Hongkong et Shanghaï. La volatilité des sondages donne le tournis aux investisseurs. L’indice de volatilité Vix, véritable « jauge de la peur » à Wall Street, se rapproche des niveaux atteints après le Brexit. Les valeurs refuges reviennent en grâce auprès des investisseurs. L’once d’or est repassée au-dessus de la barre des 1 300 dollars.
DERNIER STATU QUO DE LA FED ?
Même le très républicain Wall Street Journal penche pour Clinton. Ou encore l’ex-patron de General Electric, l’emblématique Jack Welch, qui a soutenu le programme et l’homme jusqu’à ce Tweet du 8 octobre où il a invité le Grand Old Party à changer de candidat. Il est certain que Donald Trump a de quoi inquiéter les acteurs des marchés financiers et les industriels, même s’il leur promet de fortes baisses d’impôts et une dérégulation à tout-va dans la finance ou l’énergie. Ils n’apprécient pas ses plaidoyers protectionnistes, ses diatribes contre le commerce international, ou sa promesse de dénoncer les traités de libre-échange comme l’union douanière Etats-Unis-Canada-Mexique (Alena). Plus que tout, c’est l’inexpérience et l’imprévisibilité de Trump qui affolent la Bourse new-yorkaise.
C’est dans ce contexte très particulier que s’est tenue la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine qui a décidé d’un statu quo sur les taux d’intérêt. Mais, au-delà de ce contexte électoral particulier, tout semble se mettre en place pour un resserrement monétaire lors de la prochaine réunion du FOMC. Même si le communiqué publié par la Fed, mercredi, ne dit pas explicitement qu’elle pourrait relever ses taux dans un peu plus d’un mois, il donne un certain nombre d’indices qui vont dans ce sens. Compte tenu d’un taux de chomage réduit à 5 % et d’un taux d’inflation qui remonte vers les 2 %, les arguments en faveur d’une augmentation des taux des fonds fédéraux continuent de se renforcer.
CROISSANCE MOLLE EN EUROPE
En tout cas, le contexte économique plaide en ce sens. La première estimation du produit intérieur brut du troisième trimestre, publiée le 28 octobre, indique que, après un premier semestre décevant (+ 1,4 %), la croissance a sensiblement accéléré, avec une hausse de 2,9 %. Même si la Fed constate que les dépenses des ménages augmentent modérément et que l’investissement des entreprises reste faible, en revanche, les créations d’emplois sont solides. La publication des chiffres de l’emploi pour le mois d’octobre, vendredi après-midi, pourraient conforter la Fed dans son constat et ouvrir encore un peu plus la voie vers une hausse des taux.
De ce coté-ci de l’Atlantique la croissance reste beaucoup moins dynamique. Au troisième trimestre, le produit intérieur brut de la zone euro a crû de 0,3 % par rapport au trimestre précédent, selon les statistiques publiées cette semaine par Eurostat. Une hausse identique à celle du deuxième trimestre. Les vingt-huit pays de l’Union européenne, eux, ont enregistré une croissance moyenne de 0,4 %, comparable à celle du deuxième trimestre. La bonne nouvelle, c’est que la victoire du Brexit au référendum britannique du 23 juin n’a pas créé de choc négatif majeur sur l’activité de la zone euro. Mais la croissance du troisième trimestre reste néanmoins poussive.
RALENTISSEMENT OUTRE-RHIN
De surcroit 2017 s’annonce déjà sous des auspices moins favorables. Y compris en Allemagne. Selon plusieurs sources, le comité des conseillers économiques du gouvernement allemand a ainsi revu ses prévisions à la baisse. Si, cette année, la croissance devrait frôler 1,9 % outre-Rhin, au plus haut depuis cinq ans, les sages estiment qu’elle ne devrait, en revanche, guère dépasser 1,3 % en 2017. Au printemps, ils tablaient encore sur 1,6 %. Plutôt préoccupant, d’autant que la croissance de l’union monétaire ne devrait pas dépasser 1,1 % en 2017. De fait, il ne faudra plus compter sur le fameux alignement des planètes, qui a porté l’activité européenne en 2015 et en 2016. A savoir, la combinaison d’une inflation faible, d’un euro relativement bas face aux autres devises et de taux d’intérêt modérés. Ces prochains mois, la remontée progressive des prix du pétrole devrait en effet se poursuivre.
Du coté du business, la semaine marquée par le Pont de la Toussaint a été calme. Le seul point particulier à noter concerne l’accord enfin conclu entre les dirigeants de Solocal et les représentants des petits actionnaires concernant un nouveau plan de restructuration de la dette. Les petits porteurs, appelés à participer à une nouvelle augmentation de capital, ont ainsi obtenu 1,5 action gratuite pour chaque action détenue, contre une seule jusque-là. La part des créanciers qui devront également réinvestir au capital de SoLocal, sera un peu plus limitée. Pour que le plan soit mis en oeuvre, il faut qu’il soit voté par les créanciers. Ce qui semble être en bonne voie. La direction de SoLocal espère toujours faire venir des nouveaux investisseurs au capital de l’entreprise. Ils auraient notamment contacté Bpifrance mais rien n’est pour le moment acté, ni dans un sens ni dans un autre.
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01/11/2016 - 08:00

