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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Ce que Nicolas Sarkozy va dire jeudi soir sur TF1
par Yves de Kerdrel

Le Président de la République va tenter de recoller avec la première préoccupation des français : l'emploi. De manière à ne pas se laisser enfermer dans le piège sécuritaire, où veulent le cantonner les socialistes.
06/02/2011 - 08:26 Temps Lecture 6 mn.
Comme WanSquare a été le premier à le révéler dans ces mêmes colonnes, le Président de la République a donc choisi d'intervenir dans une "émission de proximité" qui se déroulera jeudi prochain sur TF1 après le journal de 20 heures et qui sera animée par Jean-Pierre Pernaut en présence d'une douzaine de français de tous milieux et de toutes origines, sociales, politiques, et géographiques. Les grands thèmes de cet exercice, intitulé "paroles de français" sont discutés depuis quelques semaines déjà lors de la réunion informelle que Nicolas Sarkozy tient chaque dimanche soir à l'Elysée, soit dans son bureau, soit dans ses appartements privés, autour de Claude Guéant, Patrick Buisson, le publicitaire Jean-Michel Goudard, qui travaille désormais à temps plein à l'Elysée, le sondeur Pierre Giacometti et Franck Louvrier, le responsable de la communication présidentielle. Bien sûr il y sera question de sécurité, de récidive, et de justice après l'affaire du meurtre de la jeune Laetitia. Mais les proches du Président de la République, l'ont convaincu, de ne pas se laisser enfermer dans un discours uniquement sécuritaire, et de renouer avec ce qui reste la première préoccupation des français : le chômage. Près d'un tiers de l'émission devrait donc être consacré à ce thème. Ce qui va obliger Nicolas Sarkozy à dévoiler, plus tôt qu'il ne le souhaitait, des mesures en faveur de l'emploi. Celles-ci devraient notamment porter sur l'extension de la convention de reclassement personnalisé et la pérennisation du contrat de transition professionnelle. Par ailleurs de nouvelles initiatives devraient être annoncées concernant l'emploi des jeunes, à travers le développement de l'apprentissage. LES BONNES SURPRISES DE L'INTERIM Si le Président de la République a décidé de dévoiler plus tôt que prévu son "paquet-emploi", c'est parce que la tendance s'améliore doucement sur le front du chômage, en dépit des chiffres de décembre qui avaient révélé une hausse surprise de 33.000 du nombre de sans-emploi. Trois éléments jouent en faveur d'une amélioration tendancielle du marché du travail. D'abord, la conjoncture, qui n'est pas mauvaise en ce début d'année, comme en témoigne l'indicateur de confiance des patrons de PME. Ensuite l'absence de plans sociaux de grande envergure : les préfets de régions récemment convoqués par Xavier Bertrand ont témoigné qu'aucune "casse sociale" n'était prévue à court terme sur leurs territoires respectifs. Enfin, depuis trois semaines les chiffres de l'intérim sont fortement orientés à la hausse, avec des rythmes de croissance de l'ordre de 20 %. Ce qui constitue le meilleur indicateur avancé d'une embellie sur le front de l'emploi. En revanche, il est fort probable que Nicolas Sarkozy commence à "lever le pied" sur le sujet de la dépendance. Car à l'Elysée, comme à Matignon et à Bercy, on a pris conscience que le sujet était trop vaste et les délais trop courts, pour mener à bien une vraie réforme dans les mois qui viennent. D'autant que, s'il faut mettre en place des "recours sur succession" et un financement assis en partie sur une hausse de la CSG, cela aura des conséquences directes sur la réforme fiscale en préparation. Ajoutons à cela que les responsables de la FFSA, comme le président d'Axa, font passer le message, soit auprès des ministères concernés, soit directement au Chef de l'Etat, qu'ils se passeraient bien, pour le moment, d'une telle réforme. REGLEMENT DE COMPTES A OK CORRAL Du côté du gouvernement, on espère vivement que cette émission aura aussi pour effet d'inciter Jean-François Copé à recadrer son fameux "débat d'idées" dont plus personne ne sait s'il s'agit d'un règlement de comptes personnel avec François Fillon ou bien d'une machine à faire perdre la droite aux cantonales, voire Nicolas Sarkozy en 2012. Le dernier petit-déjeuner des ténors de la majorité, qui s'est tenu mardi à l'Elysée, a donné lieu à des discussions viriles, qui commencent à laisser des traces au sein du gouvernement. Mais aussi dans les médias. La nouvelle équipe de l'UMP se montre très interventionniste. Le responsable du service politique d'Europe 1, Thierry Guerrier, en a fait les frais récemment, en recevant un coup de fil furieux de Jean-François Copé. Simplement parce qu'il avait salué le matin en deux phrases les efforts faits par Xavier Bertrand, pour mettre fin aux suspicions de conflit d'intérêt, après l'affaire du Mediator. Même scénario au JDD qui a été sommé de consacrer une demi-page au patron de l'UMP, et à ses réseaux, il y a une semaine. Rue de Solférino, l'ambiance n'est pas plus sereine, surtout depuis que deux sondages consécutifs ont fait état de la chute de 5 et 7 points de la cote de popularité de DSK. D'autant qu'au sein du PS, personne ne profite de cette perte d'image du directeur général du FMI. Au contraire, les cotes respectives de Martine Aubry et de Ségolène Royal ont tendance à baisser. Quant à l'écart droite-gauche, qui était de seize points favorable à l'opposition, il y a encore six mois, il n'est plus positif que de cinq points. LE GRAND RETOUR D'IZRA Sur un tout autre registre, c'est cette semaine que les journalistes du Monde se prononceront sur le choix de leur nouveau patron. Erik Izraelewicz, devrait être élu facilement, à la condition qu'il forme un tandem avec un junior technophile. Ce choix est perçu avec beaucoup d'appréhension au siège des Echos, dont "Izra" a été le directeur de la rédaction. D'abord parce qu'il entend renforcer les pages économiques du Monde. Ensuite, parce qu'il est très favorable à une parution du journal le matin, qui le mettrait en concurrence frontale avec le quotidien économique. Ensuite parce que tout cela intervient à un moment où la diffusion des Echos enregistre une forte baisse (selon les derniers chiffres de l'OJD) malgré le lancement d'une nouvelle formule en septembre dernier. Au point de repasser derrière Libération !
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