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Yves de Kerdrel

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La montée en puissance de Hollande complique les plans de DSK
par Yves de Kerdrel

Le député de la Corrèze réunissait hier ses partisans, pour leur tenir un discours sur la "valeur travail". Il s'impose, alors que tous les éléphants du Parti Socialiste se gauchisent.
30/01/2011 - 08:47 Temps Lecture 6 mn.
Qui aurait imaginé, il y a seulement six mois, que François Hollande serait aujourd'hui le seul candidat aux primaires du Parti Socialiste à voir sa cote de popularité monter régulièrement ? Personne. C'est le résultat, à la fois d'un travail de terrain qui a permis à l'ancien premier secrétaire du PS de se reconstruire une image d'homme de terroir, voire même de successeur naturel de Jacques Chirac en Corrèze (lui-même successeur du très radical Père Queuille !). C'est aussi le résultat d'un travail de fond qui permet à François Hollande d'être aujourd'hui le seul, au PS à pouvoir présenter un projet original, et non pas pioché dans les boites à idées de Terra Nova ou de la Fondation Jean Jaurès. Le député de la Corrèze avait été le premier à esquisser les lignes d'une vaste réforme fiscale, dont les idées ont été depuis reprises à droite comme à gauche par ses adversaires, notamment en ce qui concerne un taux réduit de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis. Désormais, il est le premier à articuler un discours neuf sur "la valeur travail". Chacun sait qu'il n'a jamais été un fanatique des 35 heures. Mais, pour autant il ne tombe pas dans le piège de Manuel Valls qui consiste à vouloir "déverrouiller" ce mécanisme au risque de créer une nouvelle "usine à gaz". ALLEGER LES CHARGES SUR LE TRAVAIL Selon les informations obtenues par WanSquare, le programme de François Hollande comporte toute une partie très chère aux dirigeants d'entreprises et qui vise à alléger les charges sur le travail en transférant progressivement les cotisations maladie et famille sur une nouvelle assiette comportant la richesse produite. Ce qui est très différent de la défunte TVA sociale, que d'aucuns, à droite, veulent faire renaître sous le nom de "TVA emploi." A la différence de Ségolène Royal qui veut parler à la "France des ouvriers", ou de Martine Aubry qui a décidé de gauchiser brutalement son discours, voire de Arnaud Montebourg qui réclame un nouveau modèle économique et n'hésite pas à réclamer l'expropriation des bénéfices dégagés par les banques, François Hollande se refuse à courir derrière Jean-Luc Mélenchon. De fait il occupe un terrain qui lui est propre, mais qui devrait, en fait, être labouré par DSK, s'il se déclarait candidat aux primaires. L'ex Premier Secrétaire fait le pari qu'en occupant le terrain de la social-démocratie, complètement abandonné, par les éléphants de la Rue de Solférino, il rendra encore plus compliquée une éventuelle candidature du Directeur Général du FMI. DSK DE PLUS EN PLUS HESITANT Comme nous le laissions envisager, dans ces colonnes, la semaine passée, Nicolas Sarkozy a, bel et bien, profité de sa conférence de presse sur la présidence française du G 20 et du G 8 pour tacler à plusieurs reprises DSK, même si en réponse à une question, il a fait mine de le défendre. Personne n'a été dupe que les propositions de réforme du FMI formulées par le Chef de l'Etat visaient à démontrer que Dominique Strauss-Kahn ne faisait pas "le job". L'intéressé est toujours condamné au devoir de réserve. Pour l'heure, il voyage beaucoup, notamment pour tâter le terrain auprès des grands électeurs du FMI, afin de savoir s'il a des chances d'obtenir un second mandat. Ses partisans, à Paris, font courir le bruit que les américains veulent à tout prix le remplacer par le représentant d'un grand pays émergent, afin de l'obliger à se déclarer plus vite que prévu. Mais lors de son dernier passage à Paris, ses amis l'ont trouvé plus qu'hésitant, notamment compte tenu du calendrier retenu pour les primaires. Aujourd'hui il se voit mal quitter la direction générale du FMI, pour se faire battre aux primaires quelques semaines plus tard. GUEANT DE RETOUR DANS LES MEDIAS La séquence des voeux est désormais terminée pour le Chef de l'Etat. Et il entend désormais consacrer de plus en plus de temps à aller à la rencontre des français. Une nouvelle émission de télévision, le confrontant à quelques citoyens de toutes origines, doit avoir lieu sur TF1 d'ici la mi-février. En attendant, il a autorisé ses principaux conseillers à reprendre le chemin des médias pour parler en son nom. C'est ce qu'a commencé à faire Henri Guaino. Et Claude Guéant fait passer le message, auprès des principaux supports de presse écrite ou audiovisuelle, qu'il est disponible pour intervenir. Alors que François Fillon avait expressément demandé son "silence" au Chef de l'Etat, lors du remaniement. Assurance qu'il n'avait d'ailleurs jamais obtenue, contrairement à ce qui a été alors affirmé. Sur le front économique, les problèmes de dettes souveraines sont pour le moment largement éclipsés par l'instabilité qui s'est emparée de tout le bassin méditerranéen, jusqu'à la Jordanie. La "révolution de Jasmin" a ouvert une sorte de Boite de Pandore pleine d'espoirs, bien sûr, mais aussi pleine d'incertitudes à très court terme. En revanche les investisseurs ne vont sûrement pas apprécier certaines déclarations faites à Davos sur la possibilité pour un pays comme la Grèce de racheter - à un prix très décoté - sa propre dette, avec l'argent du Fonds de secours européen. Même si plus personne ne se fait d'illusion sur un très rapide et drastique rééchelonnement de la dette grecque. MGM TRES ATTENDU A BERLIN Par ailleurs, les semaines qui viennent devraient voir resurgir des moments de tension entre Paris et Berlin, alors que, dans les coulisses, les deux capitales préparent la succession de Jean-Claude Trichet, dont le mandat prend fin en octobre prochain. A l'Elysée, il se confirme que la France mettra son veto à la nomination d'Axel Weber, le patron de la Bundesbank. Ce qui fait renaître l'hypothèse Draghi du nom du gouverneur de la Banque Centrale Italienne, mais qui a comme pêché originel d'être un ancien de Goldman Sachs. C'est dire si Maurice Gourdault-Montagne, ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé, aujourd'hui ambassadeur de France à Londres, qui vient d'être nommé à Berlin où il arrivera d'ici une quinzaine de jours, va avoir à déployer des trésors de diplomatie.
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