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Yves de Kerdrel
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François Hollande désormais rattrapé par le social
par Yves de Kerdrel
La conférence sociale qui devait être la base de lancement de la réforme des retraites a accouché d'une souris, avec une intervention du Chef de l'État très critiquée par la CGT et par FO. Ce qui augure mal de cette réforme à venir. D'autant plus que Pierre Gattaz fourbit ses armes pour agir avec détermination dés le 4 juillet.
23/06/2013 - 07:42
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Sale ambiance au Château lundi matin ou la mauvaise audience de François Hollande lors de son intervention à l'émission Capital a donné lieu à des commentaires très critiques à l'égard de Claude Sérillon, le nouveau gourou es communication du Président. Tant le fond de cette prestation a été critiquée, plusieurs conseillers estimant que François Hollande a brûlé une cartouche pour rien, que la forme avec un décor bien peu présidentiel qui ne donnait pas envie de suivre l'émission et qui ne pouvait pas donner de souffle la parole du Chef de l'État.
L'autre raté de la semaine a été la conférence sociale qui devait servir de base de lancement à la réforme des retraites. En fait il y a davantage été question d'emploi. Si le Medef s'est félicité que le président ait remis à l'ordre du jour le sujet du financement de la protection sociale, et donc du coût du travail Laurence Parisot n'a cessé de marteler son opposition à toute hausse des cotisations pour financer les retraites, en plaidant plutôt pour une hausse de l'âge minimum légal et de la durée de cotisation.
JOURNEE D'ACTION SYNDICALE
De son côté, Laurent Berger, le patron de la CFDT, s'est félicité que l'emploi soit mis au premier rang des priorités élyséennes. François Hollande a repris une des principales revendications du syndicat en annonçant une augmentation des contrats aidés et des formations afin de mieux répondre aux offres non pourvues. En revanche, le ton était nettement moins positif du côté de Force ouvrière et de la CGT. François Hollande s'est inspiré dans son discours des préconisations du rapport Moreau, sur l'allongement de la durée de cotisation, une idée à laquelle la centrale syndicale est opposée. Si bien que le numéro un de la CGT a indiqué qu'il y aurait une journée nationale d'action en septembre.
Les premières discussions sur la réforme des retraites entre le gouvernement et les partenaires sociaux devraient en fait s'ouvrir les 4 et 5 juillet, selon les informations recueillies auprès de Marisol Touraine. Dans un premier temps Jean-Marc Ayrault devrait recevoir les organisations syndicales et patronales successivement avant de laisser le relais à sa ministre. Le premier à être reçu sera Pierre Gattaz qui aura été élu la veille à la tête du Medef. Avec une unanimité exemplaire du patronat, puisque le dernier candidat encore en lice, Hervé Lambel, devrait se rallier à lui dans les jours qui viennent.
LES 100 PREMIERS JOURS DE GATTAZ
Non seulement le nouveau " patron des patrons " évoquera avec le Premier Ministre la réforme des retraites, mais aussi les trois chocs qu'il attend du gouvernement : choc de fiscalité en essayant de prévenir tout geste indélicat dans le cadre de la préparation de la loi de finances pour 2014. Choc de compétitivité qui doit porter, selon lui, sur 50 milliards d'euros, surtout après l'échec du CICE et doit se faire " à l'allemande " par une hausse de 3 % de la TVA avec un transfert de charges. Choc de simplification enfin pour libérer l'initiative, la prise de risque et l'envie d'entreprendre. Peu après cette rencontre le patron de Radiall devrait rencontrer le Président de la République avec comme objectif notamment de le convier à l'université d'été du Medef de la fin août. Dés le 3 juillet il aura fait connaître le nom de 5 nouvelles personnalités qualifiées cooptées au conseil exécutif. Selon les informations de WanSquare, il devrait s'agir de 3 femmes et de deux hommes. On évoque notamment l'arrivée de Clara Gaymard qui a encore réservé sa réponse.
Enfin de retour de son voyage à Doha au Qatar, où il était notamment entouré de Jean-Pierre Jouyet, de Patrick Kron, d'un représentant de Dassault et de quelques autres grands patrons, François Hollande a été fraichement accueilli par la publication d'un mauvais sondage publié par le Journal du Dimanche, où il perd trois points en juin et retombe à 26%. Le Chef de l'Etat accuse notamment une baisse de huit points chez les salariés du secteur public. Preuve que la réforme des retraites - même sans toucher à l'âge légal du départ - ne passera pas comme une lettre à la Poste. Le Président recule fortement à gauche : -21 points chez les écologistes et surtout -8 au PS. Relégué en seconde ligne, Jean-Marc Ayrault ne perd que deux points (31%). Mais lui aussi n'est pas épargné par les craintes des salariés du secteur public auprès desquels il perd dix points
LE SYMBOLE DE VILLENEUVE SUR LOT
Du côté de l'opposition, c'est toujours le vide absolu. Jean-François Copé est de plus en plus contesté en interne, et pas seulement par Laurent Wauquiez. De fait un certain nombre de personnalités qui l'avaient soutenu se rapprochent progressivement de François Fillon. Plus par défaut que par envie. A cette débandade pourrait s'ajouter ce soir la victoire éventuelle du candidat Front National à Villeneuve sur Lot. Ce dernier pourrait profiter de l'abstention et même du vote de nombreux socialistes, comme cela a été le cas dans l'Oise il y a quelques semaines.
Sur le front économique, les nouvelles ne s'améliorent toujours pas. Même le Gouverneur de la Banque de France a reconnu, en dépit de la légendaire prudence, le risque de récession pour la France. Par ailleurs les projections budgétaires sur l'ensemble de l'année font déjà apparaître un manque à gagner de 9 milliards d'euros (un demi point de PIB) qui pourrait encore être révisé à la hausse au cours des semaines qui viennent. A cela s'ajoute la décision, certes attendue de la Fed, de cesser sa politique monétaire accommodante. Ce qui a entrainé, cette semaine une forte secousse sur les places financières.
LA FED CHANGE DE PIED
Sur 60 économistes interrogés, 28 pensent que la Fed réduira ses achats de titres d'état dès septembre et pratiquement tous voient la chose se produire avant la fin de l'année. Ils sont cinq seulement à penser que la Fed attendra 2014 pour agir. Les résultats de cette enquête sont conformes à ceux d'un autre sondage réalisé auprès de 17 "primary dealers" - intermédiaires financiers en contact direct avec la Fed - immédiatement après la réunion de la Fed. La Fed rachète actuellement pour 85 milliards de dollars d'obligations par mois, et les économistes pensent qu'elle ramènera ses achats mensuels à 65 milliards dans un premier temps, les prévisions variant de 10 à 40 milliards.
A ce climat maussade s'est ajouté en fin de semaine la décision de Standard & Poor's d'abaisser son appréciation générale du secteur bancaire dans l'Hexagone. L (agence de notation estime que le ralentissement économique, et les faibles perspectives de croissance compriment les revenus des grandes banques, au moment où elles doivent, en parallèle, repenser leurs business models. Dans sa revue des banques françaises, l'agence a notamment abaissé d'un cran la note du Crédit Mutuel, du Crédit Foncier et Communal d'Alsace et de Lorraine, du Crédit Logement et d'Exane. En revanche, elle conserve ses évaluations inchangées pour BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole et la BPCE, et note le renforcement de leur capital. Plus globalement, le système bancaire français passe du groupe 2 au groupe 3 dans le classement BICRA (Banking Industry Country Risk Assessment), ce qui témoigne d'une augmentation des risques.
LE CLUB MED MAL PARTI
Enfin rien ne va plus dans le dossier Club Med dont le titre cote toujours au dessus du prix de l'offre publique. Colette Neuville vient d'envoyer une longue lettre à l'AMF lui demandant de ne pas déclarer conforme l'offre en l'état. La présidente de l'Adam souligne notamment le manque d'information disponible sur Axa PE et ses futurs actionnaires. Par ailleurs, Colette Neuville met l'accent sur le fait que " l'offre a été conçue et préparée par des personnes détenant des informations privilégiées, autrement dit des initiés ".
Enfin, la présidente de l'Adam interpelle l'AMF en ces termes : " Il est injustifiable de ne pas prendre en compte la valeur des actifs immobiliers alors même que la stratégie du groupe depuis plusieurs années vise à les vendre pour se focaliser sur la gestion des villages et que, dans le secteur hôtelier, la valeur des actifs immobiliers constitue la base de toutes les transactions " La balle est maintenant dans le camp de l'AMF mais aussi du conseil d'administration du Club Med qui va devoir prendre en compte ces remarques pour la rédaction de sa note en réponse.
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