éditorial
L'horizon s'éclaircit pour Sarkozy... mais pas pour DSK !
par Yves de Kerdrel
Nicolas Sarkozy a retrouvé sa combativité. Il estime que beaucoup d'éléments se mettent en place pour lui permettre de se présenter en 2012 avec un bilan plutôt positif. L'embarras de DSK n'est pas dissimulé par ses propres amis. Y compris Laurent Fabius qui met en place cette semaine une task-force économique.
17/04/2011 - 08:00

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Les parlementaires que Nicolas Sarkozy a reçus à déjeuner à l'Elysée la semaine dernière ont tous été impressionnés par la combativité du Chef de l'Etat. Bien sûr, en privé il a toujours du mal à encaisser ce qu'il appelle "la trahison" de Jean-Louis Borloo, auquel il a laissé deux textos juste avant son émission avec Arlette Chabot intitulés "Réfléchis-bien" et "Ne fais pas n'importe quoi !". Bien sûr il n'arrive toujours pas à entretenir des rapports normaux avec son premier ministre. Bien sûr il regarde avec peu de satisfaction les sondages le concernant, contrairement à ce qu'il affirme en public. Mais il se dit - et il le dit en privé, comme en public - qu'il vaut mieux que tout cela se passe aujourd'hui. Car il a un an pour remonter la pente et régler un par un tous les problèmes.
Le premier exemple qu'il donne, c'est celui du Front National. La chute de Marine Le Pen dans le dernier indicateur du Point réalisé par Ipsos, commence à réduire le nombre de commentaires laissant envisager que la fille de Jean-Marie Le Pen se retrouvera de toutes façons au second tour en mai 2012. Il reste convaincu que Claude Guéant, qu'il continue d'appeler ou de voir régulièrement, reste son meilleur allié pour réduire le poids du Front National.
VILLEPIN EN MODE RECUPERATION
Deuxième exemple : Dominique de Villepin, que la majorité parlementaire a peu attaqué à l'occasion de son projet aussi grotesque que ridicule, est clairement en voie de récupération par l'Elysée. L'intéressé sait très bien que, même si judiciairement, il est en mesure de se présenter l'année prochaine, il n'aura pas les 500 signatures requises. Son projet n'a pas été conçu pour être un projet de campagne, mais pour obliger Nicolas Sarkozy à reprendre éventuellement certaines dispositions. De manière à ce que son ralliement au "Chef de l'Etat" ne soit pas considéré comme un voyage à Canossa. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on laisse d'ailleurs entendre qu'un troisième entretien entre les deux hommes pourrait intervenir prochainement.
Troisième exemple : les relations avec Alain Juppé restent au beau fixe. Le Ministre des Affaires Etrangères et le Président de la République se parlent presque tous les jours. Ils parlent bien sûr de l'intervention française au large de la Libye, de la réussite de l'affaire ivoirienne - que Nicolas Sarkozy a suivie minute par minute - mais aussi de ce que devra être la "parole" du candidat au printemps 2012. Le Chef de l'Etat a d'ailleurs demandé à Bruno Le Maire de montrer régulièrement sa copie au Ministre d'Etat, concernant l'évolution du projet présidentiel.
DEMARRAGE RATE POUR HULOT
Quatrième exemple : la multiplication des candidatures à gauche commence à créer un climat de confusion dans l'opposition, d'autant que l'on assiste à la ré-apparition de Ségolène Royal. Même si Nicolas Hulot a, de l'avis de la plupart des observateurs, râté son entrée en campagne, il perturbe gravement le jeu aussi bien pour un DSK, que pour un Borloo, s'il souhaite aller jusque là, et bien sûr pour les écologistes. C'est dire si cette candidature est regardée de manière très favorable à l'Elysée. Malgré cela tout n'est pas rose pour Nicolas Sarkozy. D'abord parce que la conjoncture économique est moins satisfaisante que ce qui était espéré. La révision en baisse des perspectives de croissance faite ces jours-ci par Christine Lagarde en témoigne. Ensuite, parce que l'affaire de la Libye reste encore très incertaine, en dépit de la détermination affichée en commun avec David Cameron et Barack Obama. Enfin parce que les ministres jouent plus que jamais un jeu individuel. Sans remontrance de la part du Chef du Gouvernement qui commence à s'entourer d'une garde rapprochée.
Désormais chacun attend de voir ce qui va se passer au Parti Socialiste et si DSK a décidé du moment de sa candidature. Très agacé par la candidature de François Hollande et par la place prise aussi bien par le député de Corrèze que par Martine Aubry dans les médias, le directeur général du FMI a retardé une première fenêtre de tir, initialement prévue pour ce week-end, après la réunion de printemps de l'institution financière qu'il dirige. Dans dix jours il dîne avec les patrons de l'Afep, à l'invitation de Maurice Lévy. Peut-être en saura-t-on davantage après ce dîner à huis clos ?
LA TASK-FORCE DE FABIUS
En attendant Laurent Fabius, très remonté contre François Hollande, s'emploie à baliser le terrain pour DSK. Il a constitué un cénacle confidentiel de personnalités économiques, afin de réfléchir sur les mesures financières à prendre d'urgence en cas d'alternance. Ce groupe, comparable au Collège des Dix monté par Nicolas Sarkozy en 2005 et présidé alors par Alain Lambert, devrait tenir sa première réunion cette semaine. Devraient y participer, Louis Schweitzer, Serge Weinberg, mais aussi Christian Forestier, administrateur général du CNAM, ancien directeur de cabinet de Claude Allègre et membre de l'Institut Montaigne, Guillaume Bachelay, l'un des principaux rédacteurs du projet socialiste, Pierre-Alain Muet, le Secrétaire national du PS à l'économie et d'autres experts que Laurent Fabius peine à recruter.
CLIMAT DE CONFUSION
Du côté des entreprises, on a assisté de façon assez stupéfaite la semaine passée à l'annonce de la fameuse prime de 1.000 euros, dans les sociétés qui distribuent des dividendes et à la présentation des grandes lignes de la réforme de l'ISF avec la mise en place d'une "exit tax" curieuse pour un pays qui a la triste expérience de la Ligne Maginot. Ces mesures viennent s'ajouter à des postures curieuses en matière énergétique, à l'égard de Total ou de la non-possibilité d'exploiter le gaz de schiste dans le sud de la France. Tout cela crée un climat de confusion que Laurence Parisot a parfaitement résumé dans Le Monde daté de ce dimanche.
La seule nouvelle positive concerne le probable report de la mise en oeuvre de la Loi NOME sur le partage de la rente nucléaire. Le décret d'application qui était attendu au début du mois d'avril, devrait rester dans un tiroir, quelques mois encore, permettant ainsi à EDF de rester maître chez lui, et de pas être contraint de brader l'électricité produite par ses 58 réacteurs. Des réacteurs, dont le coût de maintenance et d'entretien va forcément augmenter, de manière assez conséquente, après la catastrophe de Fukushima.
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