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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Bousculade à gauche... et débandade à droite
par Yves de Kerdrel

La guerre Fillon-Copé, au delà d'un climat délétère à droite, traduit un vide élyséen dramatique. A gauche, les ambitions se précisent. Après François Hollande, c'est Martine Aubry qui devrait se déclarer très vite, suivie par DSK.
03/04/2011 - 08:32 Temps Lecture 6 mn.
De l'avis de plusieurs conseillers du Chef de l'Etat, l'Elysée ressemblait au début de la semaine dernière à une sorte de théâtre d'ombres. Une énorme agitation, des règlements de compte lors des deux petit-déjeuners de lundi et mardi, et finalement des ministres qui n'en font plus qu'à leur tête, s'exprimant avec une liberté totale dans les médias, dans une cacophonie incroyable, avec aucune crainte de se faire sermonner soit par l'Elysée, soit par Matignon. D'aucuns à droite commencent à regretter le départ de Claude Guéant du secrétariat général de la Présidence de la République. "A cette époque-là, explique un Ministre, dans le quart d'heure qui suivait une déclaration intempestive, n'importe quel détenteur de maroquin reçevait un coup de fil de remise au pas. Et Matignon se voyait contraint d'en faire autant." Cela ne laissait de la place qu'à de rares esclandres comme celles réservées à Rama Yade ou à Jean-Louis Borloo. SARKOZY VEUT RESTER PATRON DU G20 Le problème du Chef de l'Etat, c'est qu'il ne veut pas se mêler des affaires de l'UMP. A tel point que Jean-François Copé se plaint ouvertement de la difficulté qu'il a d'intéresser Nicolas Sarkozy aux affaires internes de la Rue de La Boétie. Le Président a, pour l'heure, trois priorités qu'il ressasse à tous ses visiteurs : régler le problème de la Libye, jusqu'au bout, avec l'élimination de Kadhafi - ce qui n'est pas prévu par la résolution de l'ONU ; régler le problème ivoirien, où les soldats français jouent un rôle discret, mais déterminant ; et en tant que responsable du G 20, assurer une forme de gouvernance mondiale, d'où son déplacement impromptu au Japon. A droite, nombreux sont ceux qui souhaitent désormais un départ rapide de Fillon, afin de mettre en ordre un gouvernement de combat pour 2012. Mais à l'Elysée on estime - à juste titre - que ce n'est pas le moment. D'autant plus que les cantonales ont davantage été un échec pour la gauche que pour la droite, en termes de départements perdus et gagnés. Ce que l'élection des présidents de conseils généraux a confirmé, dans la journée de jeudi. LE BIAIS DES SONDAGES PUBLIES A titre personnel, Nicolas Sarkozy refuse de céder à l'affolement de sa majorité. D'abord parce qu'il sait que l'adversité est son meilleur atout en période électorale. Ensuite, parce que les études que lui fournit Pierre Giacometti sont très différentes de celles que reproduisent les médias. Les simulations faites par l'Elysée ne prennent pas en compte une candidature Villepin. En revanche elles intègrent depuis plusieurs semaines le nom de Nicolas Hulot à la place d'Eva Joly. Or la candidature du présentateur de "Ushuaïa" ne fait désormais plus de doute. L'éviction d'Eva Joly lors des primaires des écologistes est également inscrite dans les faits, comme l'a montré l'omniprésence de Cécile Duflot sur les plateaux de télévision au cours des derniers jours. Or pour l'Elysée, la présence de Nicolas Hulot au premier tour de la présidentielle est une excellente nouvelle, dans la mesure où il ne prend aucune voix à droite, mais il mord surtout sur le réservoir électoral de DSK, et éventuellement de Matine Aubry. La déclaration de candidature de François Hollande, initialement programmée pour le week-end du 17 avril a été avancée compte tenu de la multplication des signes en provenance de Washington annonçant une déclaration de DSK sans doute ce même week-end, c'est-à-dire au lendemain de la réunion de printemps du FMI qui se tient les 15 et 16 avril. Une autre "fenêtre de tir" est envisagée par les communicants de Dominique Strauss-Kahn autour du week-end de Pâques. De manière à toucher le maximum de français. HOLLANDE JOUE L'AUTHENTICITE Mais il y a aussi la candidature de Martine Aubry qui ne fait plus de doute au PS, depuis que son entourage l'a convaincue qu'elle était le point d'ancrage de la gauche, et qu'elle avait réussi à éclipser l'image de Ségolène Royal. Ce qui était encore imprévisible au mois de novembre, lorsque cette dernière revendiquait l'héritage de François Mitterrand. Nicolas Sarkozy continue de dire, à ceux qu'ils reçoit, que son adversaire le plus dangereux serait François Hollande. L'ancien secrétaire du PS poursuit sa montée régulière dans les sondages, comme vont le confirmer, plusieurs études à paraître au cours des tous prochains jours. Les sondages qualitatifs le placent en meilleure position sur le plan de "l'authenticité". Et c'est ce qui inquiète le plus l'Elysée. C'est pourquoi, en plus des déjeuners d'intellectuels, d'éditorialistes ou d'écrivains que fait le Chef de l'Etat, Catherine Pégard a été priée de réunir des philosophes, sociologues et observateurs de tous bords avec toujours les deux mêmes questions : "qu'est ce que Nicolas Sarkozy doit faire pour changer d'image ?" et "comment peut-il reconquérir la jeunesse ?" LAUVERGEON ECONDUITE A TOKYO Curieusement, c'est justement autour de la jeunesse, que François Hollande a construit son projet, avec un programme économique très structuré, que Stéphane Le Foll, son directeur de cabinet et Michel Sapin ont calibré de manière à ce que l'essentiel des mesures déterminantes puissent être mises en oeuvre dans les deux mois qui suivront l'élection présidentielle. Du coté des affaires, on se dirige vers une reconduction de Anne Lauvergeon à la tête d'Areva. Son déplacement, médiatisé et télévisé au Japon, en même temps que le Président de la République a été pourtant très mal perçu. Lors de la rencontre du Chef de l'Etat avec les français de Tokyo, jeudi matin, la patronne d'Areva avait cherché à s'y joindre. Mais elle a eu la fâcheuse surprise de s'entendre dire, par les services du Protocole, que sa présence n'était pas souhaitée. Malgré tout, Nicolas Sarkozy ne veut pas ajouter "de crise à la crise". Ce sera donc une victoire à la Pyrrhus pour "Atomic Anne". D'autant que "l'hiver nucléaire" qui s'annonce, assombrit les perspectives d'Areva. Autre affaire en cours, la reprise de Foncia par un fonds, pour une valeur qui devrait s'établir finalement à 1 milliard d'euros pas très loin des 1,1 milliard retenus dans les livres de BPCE après les provisions effectuées par François Pérol. Bridgepoint, que conseille Leonardo, est, pour l'heure le mieux placé dans la course.
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