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Diana Ingrédients, le jackpot du private equity
Diana Ingrédients achève sa vie aux côtés de
fonds de private equity, qu’il côtoie depuis sa création en 1990. Au terme d’enchères
menées depuis l’automne dernier par Lazard et JP Morgan, Ardian est entré en
négociations exclusives avec l’industriel allemand Symrise, afin de lui vendre
le fabricant d’ingrédients naturels pour 1,3 milliard d’euros. C’est encore
davantage que le prix de 1,2 milliard qui se murmurait jusqu’alors, et le deal
équivaut à un multiple de 14 fois l’Ebitda !
Il faut dire
que la société, qui bénéficie d’un positionnement international sur un marché
en croissance et très rentable, a suscité l’intérêt. Trois fonds (CVC,
Pamplonna et Eurazeo) et deux industriels, Symrise et le japonais Ajinomoto,
avaient été sélectionnés pour le deuxième tour, et le mieux-disant l’a emporté.
Les fonds, qui avaient formulé des offres en adossant un multiple de dette de 6
à 7 fois l’Ebitda, n’ont probablement pas réussi à s’aligner face à la force de
frappe de l’industriel coté allemand. Ce dernier a souscrit un prêt relais
auprès de JP Morgan pour l’intégralité de l’opération, mais compte lancer une
augmentation de capital pour financer une partie du deal.
L’opération
paraît d’emblée particulièrement juteuse pour l’équipe de Philippe Poletti, qui
avait racheté le groupe à Cognetas en 2007 pour quelques 710 millions d’euros,
dette comprise. Mais Diana s’est révélé être un actif modèle pour le private
equity, puisqu’elle a aussi fait les affaires de ses deux actionnaires
précédents : Cognetas a fait une belle culbute puisqu'il avait déboursé 270 millions d’euros pour y entrer
aux côtés du management lors d’un MBO en 2004. Cette opération avait alors signé la sortie de PAI
Partners, partenaire de la première heure, qui a engrangé une confortable plus-value.
Diana Ingrédients a été totalement transformé et a changé d’échelle au cours de ces 14 années. Son chiffre d’affaires est ainsi passé de 146 millions d’euros en 2003, à la veille de l’entrée de Cognetas, à 253 millions en 2006 lors de l’entrée d’Axa Private Equity, puis à 451 millions l’an passé, pour une marge d’Ebitda de 21%. Le groupe basé à Vannes est désormais présent dans 23 pays, génère plus de 50% de son chiffre d’affaires hors d’Europe et dispose d’une expertise pointue en R&D. Surtout, il a développé un deuxième pilier de son activité dans la nourriture humaine, qui représente désormais 40% de ses revenus.
D’où la possibilité pour son repreneur Symrise, présent dans ce domaine, de parier
sur l’émergence de deux marchés mondiaux complémentaires : l’allemand va pouvoir
diversifier son portefeuille d’ingrédients naturels dans le marché des arômes,
mais aussi développer une nouvelle activité de « pet food », pour
laquelle il peut apporter son réseau et sa présence forte dans les pays
émergents, où se situe la croissance de demain. Enfin, la forte implantation de
sa R&D permet d’anticiper de nouvelles innovations, et une croissance en
vue de 10%. Sur la base d’une structure financière composée à 70% de dette et à
30% d’equity, les analystes anticipent une relution du bénéfice par action de
Symrise de 3% l’an prochain, hors toute économie de coûts. Une nouvelle belle
affaire en perspective.
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