WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Fusions, Acquisitions / M&A

Fusions, Acquisitions
M&A

Les sociétés US, cibles d'un marché M&A bullish en 2014

Les corporates américains ont démarré l'année avec plusieurs transactions à but fiscal, mais elles sont ensuite devenues des cibles privilégiées en raison du niveau de croissance. Le nombre de deals reste néanmoins en retrait en 2014.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Royaume des fusions-acquisitions, les Etats-Unis se sont placés au centre de l'échiquier mondial des deals en 2014. Selon les données de Thomson Reuters, les sociétés américaines ont été les premières cibles des transactions mondiales puisqu'elle ont représenté la moitié des 3 240 milliards de dollars de M&A cette année, selon les données de Thomson Reuters. Le millésime n'avait pourtant pas commencé de cette manière: durant les premiers mois de 2014, les corporates américains ont multiplié les opérations dites d' "inversion", visant à racheter un groupe dans un territoire fiscal attractif pour y transférer son siège et échapper au fisc américain.

Ce fut notamment le cas dans la santé, avec le raid avorté de Pfizer sur AstraZeneca pour quelque 118 milliards de dollars ou encore celui d'AbbVie sur Shire Pharmaceuticals pour 55 milliards de dollars, toutes deux des cibles britanniques. Dernière tentative en date: celle d'Actavis sur le laboratoire canadien Allergan pour 62,5 milliards de dollars, qui s'est soldée par un échec puisque la cible a accepté l'offre du chevalier blanc Actavis. Par ailleurs, le gouvernement américain a vu rouge et décidé de couper court à cette floraison de deals opportunistes, en passant une loi visant à les rendre beaucoup moins favorables.

Au cours des derniers mois, ce sont plutôt les sociétés américains elles-mêmes qui ont fait l'objet des convoitises des groupes étrangers. Pour les banquiers d'affaires, les Etats-Unis représentent le nouveau territoire émergent, où le taux de croissance est attractif, les opportunités nombreuses et les deals faciles à boucler. En particulier, les groupes européens ont cherché à compenser l'atonie de l'activité économique locale: selon la banque d'investissement Baird, les acquisitions de groupes américains par des homologues du Vieux Continent ont plus que quadruplé au cours des douze derniers mois, à 150 milliards de dollars. En témoigne l'acquisition de Sapient par Publicis, notamment pour compenser son mariage avorté avec Omnicom, ou encore celle de la branche informatique de Xeros par Atos. Enfin, Xavier Niel a lui-même vu très gros avec une offre sur T-Mobile US, le quatrième opérateur mobile du pays, qui n'a pas abouti.

Car de l'autre côté de l'Atlantique, les bonnes nouvelles se sont accumulées ces derniers mois: le PIB a crû à un rythme annuel de 5% au troisième trimestre, et la croissance devrait atteindre 3,2% l'an prochain, bien au-delà des prévisions pour l'Europe. Par ailleurs, les conditions sont optimales du côté des entreprises européennes, qui gardent d'importantes réserves de cash, comme du marché, où le financement est aisé et peu coûteux. Les groupes européens et asiatiques peuvent en outre compter sur le maintien des taux bas à moyen terme par les banques centrales, alors que la Fed reprend progressivement le chemin de la hausse des taux.

Reste que si l'année a été marquée par les annonces de ces méga deals qui ont propulsé le marché mondial des M&A en hausse de 35% en 2014, le nombre de transactions a seulement gagné 3% sur un an. De fait, il n'y avait pas beaucoup de volume et d'activité cette année, de l'avis d'un banquier d'affaires. D'où l'importance d'être sur les gros deals, et surtout que ceux-ci aboutissent, alors que le marché a connu un taux d'échec de 19% l'an passé, un record depuis 2007. Or selon Freeman & Co, les six principales opérations avortées ont coûté près de 1 milliard de dollars de fees aux banquiers conseils...


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article