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Salaire minimum : l’Allemagne est-il le seul pays qui va connaître l’inflation ?
Le gouvernement allemand est enfin parvenu à se mettre d’accord avec les partenaires sociaux sur le projet de loi sur le salaire minimum après plusieurs semaines de tractations : toutes les entreprises allemandes, quelles que soient leurs branches, devront avoir instauré, d’ici 2015 dernière limite, un salaire minimum de 8,5 euros. Seule exception à la règle: les mineurs, les stagiaires et apprentis ainsi que les chômeurs de longue durée, les six premiers mois de leur embauche. Les sociétés allemandes, qui sont déjà en cours de négociations avec les partenaires sociaux sur ce sujet du salaire minimum, auront jusqu'à 2017 pour trouver un accord. La loi devrait maintenant être présentée devant les députés, qui auront jusqu'à juillet pour voter le texte.
L’instauration d’un salaire minimum est certes une petite révolution pour l’Allemagne qui a toujours privilégié les négociations par branche et la flexibilité. Mais le pays restera cependant situé en sixième place des Etats européens : à 8,5 euros par heure, l’Allemagne est loin derrière le Luxembourg (10,8 euros) et la France (9,2 euros) et juste au-dessus du Royaume-Uni (équivalent de 7,7 euros). Il reste que la mise en place de ce SMIC allemand devrait contribuer à faire remonter les prix cette année et l’an prochain, alors que l’inflation a atteint des prix planchers en zone euro (elle était de 0,9% en Allemagne en mars).
Selon les analystes de Barclays, elle devrait ainsi atteindre 1,2% cette année dans le pays, puis 1,8% en 2015. « Nous estimons que la forte hausse des salaires sera l’un des moteurs de la hausse de l’inflation core. Nous anticipons une augmentation de 3% des salaires cette année et l’instauration de bonus plus élevés dans l’industrie, dans un contexte d’accélération de la croissance », explique Thomas Harjes, économiste chez Barclays. Principal élément d’explication donc, l’introduction d’un salaire minimum. Sachant que les syndicats du secteur public négocient en ce moment pour des hausse salariales de l’ordre de 7%, et que ce secteur sert généralement de base pour les augmentations dans le privé, Barclays estime qu’elles pourraient cette année dépasser les 3% en 2014, ce qui est beaucoup plus que les années précédentes. Si une inflation à 1,2% pour 2014 reste un niveau relativement bas, c’est tout de même plus que pour l’ensemble de la zone euro de 1% cette année selon les prévisions de la BCE. On comprend dans ces conditions que l’Allemagne soit moins pressée que la BCE décide de baisser ses taux directeurs.
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