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Conseil d'attractivité: grands mots, petits moyens

Le premier conseil stratégique d’attractivité organisé par le président de la République a plutôt ressemblé à un exercice de communication vis-à-vis des entreprises et investisseurs étrangers qu’à un changement réel de mentalité. Peu de mesures concrètes ont été dévoilées.
Hollande
Hollande

Le président continue de surfer sur la vague du pacte de responsabilité pour tenter de regagner la confiance des chefs d’entreprises. Ce matin, ce sont donc les sociétés étrangères que François Hollande a tenté de convaincre du bien fondé de venir s'implanter dans l’Hexagone. Trente quatre entreprises ou investisseurs étaient conviés au Palais de l’Elysée afin de discuter de leur perception du marché français. Et la plupart ont confié leurs difficultés à s’y installer, en raison d’un environnement réglementaire et fiscal trop contraignant.

Si le président s’est vanté de compter 20 000 entreprises étrangères sur le territoire, embauchant près de 2 millions de personnes, il s’est bien gardé de mentionner que l’attractivité française avait reculé, avec une baisse de 12,8% du nombre de projets enregistrés en 2012 et un impôt sur les sociétés le plus élevé d’Europe (qui a atteint 36,9% en 2013 du fait de la surtaxe temporaire pour les entreprises de plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires). Et les dirigeants d’entreprises parmi lesquels notamment le Dg de McKinsey, le vice chairman de Blackrock ou le CEO de Santander et du fonds souverain chinois côté finance, le président de Siemens de Volvo ou de Solvay et Adecco (unique patron français représenté parmi les participants de la matinée) sont certainement repartis sur leur faim.

Car, mis à part l’instauration de visas de longue durée pour les chercheurs, entrepreneurs ou investisseurs étrangers, et la réduction des délais pour obtenir ces précieux sésames, le président n’a pas annoncé beaucoup de mesures concrètes. « La France doit être un pays simple, et ce n’est pas toujours l’image qu’elle peut envoyer vers l’extérieur et à l’intérieur », a déclaré le président, citant les échanges du matin même avec les chefs d’entreprise. En réponse, Hollande a seulement promis une simplification du régime de TVA applicable aux entreprises importatrices à partir de 2015, sans vraiment donner plus de détail sur ce en quoi elle consisterait. Petite avancée en revanche, François Hollande s’est engagé à garantir un environnement administratif qui restera le même du début à la fin de l’investissement via une extension de la procédure dite du rescrit (engagement de la part de l’administration à ce que les règles sociales et fiscales ne soient pas modifiées sur la durée de l’investissement). Enfin, Hollande a annoncé l’instauration d’une aide financière de 25 000 euros pour accompagner les start-up étrangères qui souhaiteraient s’implanter en France, sans détailler comment cet engagement serait financé.

Sur le poids de la fiscalité, qui est certainement l’un des principaux facteurs de découragement des investisseurs étrangers pour s’installer en France, le président n’a finalement apporté aucun engagement, se contentant de mentionner les 12 milliards d'euros de crédit impôt recherche pour 2014 et les 20 milliards d’euros prévus l’an prochain. Surtout, il est paradoxal qu’au moment où le président essaie de convaincre sur les efforts mis en place par son gouvernement pour restaurer la compétitivité française, l’Assemblée nationale soit en train de discuter la loi Florange, qui pourrait être validée par les députés la semaine prochaine ! Alors que le président tentait de séduire les investisseurs étrangers, rappelant que l’attractivité de la France découlait en grande partie d’une plus grande compétitivité du pays, les députés discutaient d’un texte qui obligera les entreprises de plus de 1000 salariés qui souhaitent fermer une unité de production à trouver un repreneur pendant trois mois sous peine de lourde pénalité. Une promesse de campagne de Hollande que le président n’a naturellement pas mentionné auprès du parterre de chefs d’entreprises, et qui devrait complexifier les processus de décisions déjà bien lourds en cas de cession. Le président pourrait bien avoir à s’expliquer sur le texte lors de son prochain rendez vous avec les dirigeants d’entreprises étrangères, dans six mois.

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