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Régulation / Concurrence / Régulation / Politique européenne / Politique économique

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L’Europe frileuse à l’idée d’octroyer le statut d’économie de marché à la Chine

Hier, le Parlement européen a interrogé la Commission sur ses intentions. Bruxelles qui doit faire une proposition en vue d’accorder ou non ce statut réfléchit également à ses méthodes de calcul des taux de dumping.
accord France/Chine - Xi Jinping et François Hollande
accord France/Chine - Xi Jinping et François Hollande

La Chine va-t-elle avoir un accès privilégié au marché européen ? C’est la question qu’ont posée lundi les eurodéputés à la Commission européenne. Bruxelles doit en effet se prononcer sur la possibilité ou non pour l’Empire du Milieu de se voir octroyer le statut d’économie de marché. Un statut qui permettrait de renforcer les liens commerciaux entre les deux territoires et d'attirer de nouveaux investissements, mais qui pourrait également avoir des conséquences sur l’emploi et l’industrie manufacturière du Vieux Continent. Notamment parce que l’UE sera moins à même d’imposer des amendes en cas de dumping. C’est pourquoi le Parlement européen a souhaité savoir comment la Commission entend traiter le sujet et si elle envisage de mener une étude d’impact approfondie.

Pour mémoire, le pays à la grande muraille a rejoint l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001. A cette époque, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande. Un statut qui devait être revu 15 ans plus tard, soit d’ici décembre 2016. Certains pays, comme l’Australie ont déjà accordé le statut d’économie de marché (MES) à Pékin. De leur côté, le Japon, les Etats-Unis, l’Inde et l’Europe donc doivent chacun se prononcer sur la question. A noter que le choix de Bruxelles devra être validé par les Etats membres, et ce alors même que certains comme l’Italie se montrent très frileux à l’idée d’offrir un régime plus favorable au géant asiatique. Des Etats soutiennent néanmoins ce changement. C’est le cas de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas ou encore de l’Allemagne mais à condition pour cette dernière que certains garde-fous soient prévus.

« L’Union européenne a établi cinq critères techniques pour définir une économie de marché et, pour l’instant, la Chine n’en remplit qu’un », ont indiqué hier les eurodéputés. « Dans 80% des cas, le pays exportateur visé dans les enquêtes antidumping et antisubventions de l’Union est la Chine », ont-ils ajouté. C’est d’ailleurs pourquoi la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a indiqué que le statut ne pouvait être octroyé sans conditions et qu’il fallait se pencher sur les règles antidumping elles-mêmes. Elle souhaiterait proposer un nouvel instrument efficace, qui permettrait à l'UE de continuer à respecter ses obligations envers l'OMC.

En outre, Cecilia Malström a présenté une estimation préliminaire d'un maximum de 77 000 pertes d'emplois dans les secteurs de l'UE actuellement touchés par les exportations faisant l’objet d’un dumping en provenance de Chine si aucune mesure d'atténuation n’est mise en place. Mais, selon une étude publiée en septembre par le think tank US Economic Policy Institute, « une décision de l’UE d’accorder unilatéralement à la Chine le statut de MES mettrait en péril entre 1,7 et 3,5 millions d’emplois dans l’UE en limitant la capacité à imposer des droits de douane sur les produits faisant l’objet d’un dumping ». D’ailleurs, les Américains ont déjà alerté les Européens sur les risques qu’ils encouraient en accédant à la demande chinoise. Néanmoins, et bien que leurs arguments puissent se défendre, nos voisins d’outre-Atlantique voient également d’un mauvais œil le resserrement des liens commerciaux entre l’Europe et l’Empire du Milieu.

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