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Gestion d'actifs
Gestion : les financiers et les industriels à l'assaut de la thématique de la flore intestinale
Le microbiome, cela vous dit quelque chose ? En langage courant, il s’agit de la flore intestinale. Sujet au centre d’une véritable révolution scientifique puisque depuis que les chercheurs ont réussi, il y a 5 ans, à profiter du séquençage génétique pour tout savoir sur les bactéries intestinales, le monde entier est en ébullition pour profiter des conséquences médicales, alimentaires, pharmaceutiques et bien évidemment financières de cette formidable découverte. Car elle est véritablement en passe de permettre de découvrir le mécanisme de nombreuses maladies et les traitements adéquats, de proposer des solutions de prévention, de nouvelles méthodes de diagnostic et de réduire les coûts de santé. « L’intestin héberge un nombre important de bactéries constituant le microbiote, comportant 150 fois plus de gènes que le génome humain. Chaque individu possède un microbiote unique. Des études récentes ont montré le lien entre l’altération du microbiote intestinal et les pathologies métaboliques, les maladies inflammatoires de l’intestin, le diabète, l’obésité, la maladie d’Alzheimer, de Parkinson, les maladies cardio-vasculaires ainsi que d’autres pathologies fréquentes. Ce marché représente un tournant majeur dans l’univers de la santé, pouvant insuffler une nouvelle dynamique à l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire, comme l’a été le séquençage du génome humain par le passé », explique Isabelle de Cremoux, présidente du directoire de Seventure Partners, société de gestion, filiale de Natixis qui s’est notamment spécialisée dans les sciences de la vie.
Seventure Partner a ainsi levé un fonds européen de capital investissement de 160 millions d’euros dédié aux entreprises innovantes dans le secteur de la santé, de la nutrition, du microbiote et du connected health. Font partie des souscripteurs plusieurs grands groupes industriels, à commencer par Danone qui s’intéresse depuis longtemps à ce type de sujets, mais aussi Tereos, Bel, Lesaffre et Novartis. Le fonds a déjà investi dans plusieurs sociétés, notamment en partenariat avec l’INRA qui possède une équipe de 350 chercheurs sur le sujet, et s’inscrit en position de leader mondial. La société de gestion détient, par exemple, 41% d’Enterome qui développe des produits de diagnostic de maladies graves du diabète, ou maladies du système nerveux (dépression, scléroses, Parkinson, autisme). Société dans laquelle Nestlé vient également de prendre des parts. Elle est aussi à la tête de 43% de Maat, qui propose des solutions de transplantation de flore intestinale dans le cadre de lourds traitements imposant l’administration d’antibiotiques. Pour se faire une idée de ce marché, il existe aux Etats-Unis une entreprise également spécialisée dans ce type de transplantation, dénommée Seres, cotée sur le Nasdaq et valorisée actuellement….2 milliards de dollars alors qu’elle ‘en n’est aux phases d’expérimentations. Nestlé y a déjà investi plus de 200 millions de dollars. « Ce qu’il faut bien savoir, c’est que tous les pays et tous les groupes mondiaux mettent le turbo pour avancer dans ce domaine du microbiome, tant les retombées sont immenses. Aux Etats-Unis, la Maison Blanche vient d’annoncer qu’elle comptait mettre 500 millions de dollars de subventions pour favoriser la recherche dans ce domaine et la fondation de Bill Gates, 100 millions de dollars supplémentaires. En France, nos chercheurs sont immédiatement démarchés par des universités américaines à coups de salaires mirobolants pour aller travailler chez eux », précise Isabelle de Cremoux.
Tendance, certes de bon aloi pour les entreprises logées au sein de son portefeuille, cette thématique devant intéresser très rapidement de nouveaux investisseurs tant industriels qu’institutionnels.
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