Macro-économie / Taux / Politique monétaire / Macro-économie / Taux-dette souveraine
Macro-économie / Taux
Politique monétaire / Macro-économie / Taux-dette souveraine
L'inflation américaine va-t-elle de nouveau faire tanguer les marchés ?
C'est plus que prévu. Les Etats-Unis ont dévoilé en début d'après-midi une hausse des prix de 2,1% sur un an en janvier (et 0,5% sur un mois), et un indice HICP "core" (ne prenant pas en compte les prix de l'énergie et des biens de consommation) de 1,8% (0,3% sur un mois), soit des niveaux plus élevés que ce qu'anticipaient les analystes (le consensus tablait sur 1,9% et 1,7% sur un an pour l'inflation globale et sous jacente). Une hausse des prix qui résulte certes de la progression du baril et donc des coûts de l'énergie (qui ont grimpé de 3% sur un mois) mais également de la hausse des prix de l'industrie textile, qui a connu sa plus forte progression depuis près de 30 ans en janvier, à 1,7%.
Or, "les marchés sont devenus hypersensibles aux données d'inflation", comme l'explique Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo, et ont d'ailleurs sensiblement corrigé en début de semaine dernière en raison de données meilleures que prévu concernant les hausses de salaires aux Etats-Unis. "Les marchés ont réagi au risque d'emballement de l'inflation, risque lui-même annonciateur d'une politique monétaire restrictive", poursuit l'économiste. Les principaux indices de la Bourse américaine ont donc de nouveau tiré la tête aujourd'hui et ouvert en baisse, tandis que le rendement des Treasuries à 10 ans a grimpé en flèche à près de 2,9%, alors que le risque d'accélération de la hausse des prix semble se concrétiser.
James Knightley, chef économiste chez ING estime ainsi que l'inflation core devrait dépasser l'objectif de 2% de la Fed dès le mois de mars, tandis que l'inflation globale devrait atteindre 3% d'ici l'été. "Dans un environnement de forte croissance de la consommation, les entreprises auront la capacité de remonter le prix des produits finaux, et cela devrait d'autant plus être le cas que les salaires progressent dans le même temps", explique ainsi l'analyste. Bruno Cavalier est du même avis et voit toutes les raisons d'une poursuite de la hausse des prix aux Etats-Unis. "La croissance dépasse son rythme potentiel, le marché du travail est tendu, les conditions financières sont jusqu'à présent très souples et la politique budgétaire vient d'être fortement assouplie", résume ainsi l'économiste.Faut-il pour autant craindre un resserrement monétaire plus rapide que prévu, ainsi que le redoutent les investisseurs depuis dix jours ? Les avis divergent sur le sujet. Ainsi, Oddo ne voit pas encore se dessiner de dérapage des prix si fort qu'il pousserait la Réserve américaine à changer sa politique monétaire de manière plus graduelle. "Après des années d'inflation au-dessous de la cible, de nombreux membres du FOMC sont sûrement prêts à tolérer une inflation un peu au-dessus", rassure l'économiste. Qui estime qu'il faudrait que l'inflation sous-jacente atteigne 2,5% voire 3% pour que la Fed s'inquiète d'une surchauffe des prix. ING de son côté est plus pessimiste et envisage de réviser à la hausse sa prévision de 3 hausses des taux pour cette année, si l'accélération de l'inflation se poursuit. Un scénario que les marchés prennent visiblement au sérieux, vu la remontée des taux américains depuis début février et la chute des Bourses lundi dernier.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

