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Professions financières / Corporate finance

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2012 ou le changement de paradigme des LBO

Avec un financement bancaire au point mort, les fonds vont devoir être inventifs pour boucler des deals et créer de la valeur. Mais le couple risque/rendement fait de cette classe d'actifs une valeur sûre à long terme.
Le LBO ne vit pas ses dernières heures, loin s'en faut. Les prophètes d'un "grand soir" du métier semblent ne voir que le gros côté de la lorgnette, celui des deals à plusieurs milliards d'euros, qui ne sont certes que mirages en ce moment. Après de gros deals comme Foncia et Spie en 2011, l'année commence par une impossibilité financière - côté dette - de finaliser ce type d'opérations. Mais le segment midcap est resté actif jusqu'aux derniers jours de l'année, comme en témoignent les LBO de Kiloutou, Groupe Bertrand (brasseries Lipp, Bert's et Angelina) ou Européenne Food (livraison pour distributeurs automatiques de snacks), dans les dernières semaines de l'année. Mais les fonds de private equity ont eux aussi été victimes du retournement de marché cet été, qui a nettement coupé l'année en deux. Désormais, très difficile de boucler un financement bancaire à plus de 25-30 millions d'euros; les nouveaux actionnaires de Spie - Axa PE et Clayton Dubillier & Rice - en savent quelque chose, qui n'ont pas encore réussi à convertir leur bridge ce qui leur coûte de plus en plus cher. Aujourd'hui, le contexte est très tendu : malgré l'intervention de la BCE, les banques cherchent frénétiquement des liquidités pour entrer dans les clous de Bâle 3 et hésitent à se prêter entre elles sans connaître les expositions exactes aux PIIGS. "Dans le midcap, le recours à des fonds spécialisés en dette, comme ICG ou Ares Capital, qui pourvoient en dette unitranche à un coût global d'environ 10%, est de plus en plus fréquent", témoigne Charles Andrez, director chez Hawkpoint. Les conseils ont leur carte à jouer, via un travail plus fourni d'ingénierie financière, ce qui permet aux boutiques indépendantes de se revaloriser face aux filiales de réseaux bancaires. Dans ces difficiles conditions, qui sera actif en 2012? Le monde des affaires imagine des spin-off de grands groupes, qui chercheront à se débarrasser de leurs filiales non core business et à rapatrier - encore plus - de cash pour affronter la période de disette. Verallia par exemple, filiale d'emballage en verre de Saint Gobain, était un candidat à l'IPO, mais la fermeture des marchés début juin en a empêché la réalisation. Aujourd'hui, une nouvelle mise en vente se heurterait au niveau de valorisation - 2 milliards d'euros à l'époque - mais aussi à un possible changement de vue stratégique de Saint Gobain. Ce fleuron cyclique de la construction du CAC 40 pourrait trouver judicieux de garder dans ses comptes un acteur résilient et profitable. Les LBO bis ou ter pourraient donc bien fleurir à nouveau cette année, d'autant que la vente de Converteam à General Electric en mars symbolise la réussite de ce type d'opération. Les deux LBO successifs ont fait les fortunes des fonds actionnaires (Barclays PE puis LBO France) et du manager (la part du P-dg M. Bastid et des salariés a été valorisée 400 millions d'euros). "Les fonds ont encore beaucoup d'argent à investir et se doivent d'être actifs pour rémunérer leurs LPs et garder leur confiance. Les transactions secondaires, plus aisées car sur des cibles déjà rôdées à l'exercice, pourraient être favorisées en 2012", indique Charles Andrez. Restent les impondérables: une entrée de l'Europe en récession et l'évolution de la crise de la dette souveraine.
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