WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Taux-dette souveraine / Macro-économie / Politique monétaire

Macro-économie / Taux
Taux-dette souveraine / Macro-économie / Politique monétaire

2016, une année historique pour l'Agence de la dette française

La France n'aura jamais payé aussi peu cher pour emprunter l'an dernier, avec un taux moyen de 0,37%. L'AFT a profité de la politique monétaire très accommodante menée par la BCE. La perspective de sortie de QE cette année devrait alourdir la charge de la dette. 
AFT - bureaux
AFT - bureaux

Si 2016 aura été une année mouvementée du point de vue politique, avec l'élection de Donald Trump et le référendum sur le Brexit, cela n'aura pas empêché les investisseurs d'acheter de la dette française. Bien au contraire ! Dans un contexte géopolitique incertain, les obligations de l'Hexagone ont d'autant plus bénéficié de leur statut de valeur refuge, comme le révèle le rapport annuel de l'Agence France Trésor dévoilé ce matin. Ainsi, l'AFT aura levé l'an dernier pour 185 milliards d'euros de titres à moyen et long terme à un taux moyen de 0,37%, soit un plus bas depuis 11 ans, contre un précédent record de 0,63% en 2015 et une moyenne de 4,15% entre 1998 et 2008. 

Des conditions de financement extrêmement favorables donc et qui ont reflété "un environnement de croissance modérée, de faible inflation, assortie à une politique de Quantitative Easing renforcé de la BCE, ainsi qu'un impact baissier du Brexit sur les taux des dettes souveraines les plus sûres", explique ainsi Anthony Requin, directeur général de l'AFT. Dans le détail, l'évolution des taux d'intérêt français a suivi deux phases distinctes en 2016 , précise le rapport : de janvier à septembre, le mouvement de baisse des taux entamé en 2015 s'est poursuivi. Le début d'année a été caractérisé par une remontée de l'aversion au risque, en raison des incertitudes liées à la croissance chinoise et américaine, ce qui a profité aux obligations françaises. La BCE a par ailleurs annoncé une nouvelle baisse du taux de dépôt ainsi qu'une accélération et une extension du programme de rachats de titres. Le référendum britannique du 23 juin a également accentué la tendance à la baisse des taux français, renforçant l'aversion des investisseurs pour le risque et leur fuite vers les valeurs refuge : le 10 ans est ainsi passé de 0,99% début janvier à 0,10% le 29 juillet, avant de se maintenir autour de 0,2% jusque fin septembre.

A partir d'octobre cependant, "les taux à long terme ont amorcé une phase de remontée en deux étapes", précise le rapport annuel. Dans un premier temps, les anticipations d'inflation sont progressivement remontées, en raison de l'amélioration de l'environnement économique et de la reprise des cours du pétrole. L'anticipation des investisseurs d'un resserrement progressif de la politique accommodante menée par la BCE a également poussé les taux vers le haut. Du coup, sur un mois, le 10 ans a remonté de 30 points de base, à 0,5% environ. Les résultats des élections américaines ensuite, ont entraîné des anticipations d'une politique économique américaine dédiée au soutien de la croissance du pays, ce qui a fait monter les taux américains, et par contagion, les taux européens. Le taux à dix ans a ainsi atteint un plus haut de 0,87% le 12 décembre, avant de clôturer l'année à 0,69% contre 0,99% à la fin 2015.

A fin 2016, la durée de vie de la dette française était de 7 ans et 165 jours et celle-ci était détenue à 58,5% par des non résidents. Preuve de l'attrait des investisseurs pour les titres de l'Hexagone, la maturité moyenne à l'émission des OAT de moyen et long terme a atteint  un record de 11,5 années l'an dernier, soit une hausse de près de deux ans et demi par rapport à 2015 : les titres à maturité 7 ans et plus ont ainsi représenté 60% du programme d'émission (hors titres indexés sur l'inflation), contre 54% en 2015. "Dans un environnement de taux historiquement bas, les investisseurs ont en effet recherché en 2016 des titres à plus fort rendement, en allongeant la maturité de leur portefeuille", expliquent ainsi les membres de l'AFT.

L'année 2016 restera "exceptionnelle", avertit cependant Anthony Requin en introduction du rapport. Ce qui signifie que les taux auxquels la France devrait émettre sur l'ensemble de l'année 2017 seront certainement supérieurs à ceux de 2016. Le taux moyen depuis le début de l'année est d'ailleurs situé pour le moment à 0,7%, soit près du double de l'an dernier. Du coup, la charge de la dette devrait augmenter. Celle-ci a ainsi atteint l'an passé 41,4 milliards d'euros, soit un allègement de 3 milliards par rapport à la loi de finances initiale. Mais c'est surtout l'an prochain que la facture risque d'être plus salée pour l'Etat, lorsque la BCE entamera réellement le resserrement monétaire. Car si le taux moyen sera plus élevé en 2017 qu'en 2016, l'Hexagone a continué de bénéficier de très bonnes conditions de financement depuis janvier : l'OAT à dix ans s'échangeait aujourd'hui à 0,687%, soit quasiment le même niveau qu'en début d'année.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article