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Compensation carbone : l'exemple du fonds Livelihoods
Le fonds carbone Livelihoods existe depuis 2011. Il a été constitué par Danone, Schneider Electric, Crédit Agricole, Michelin, Hermès, SAP, Groupe Caisse des dépôts, La Poste, Firmenich et Voyageurs du Monde. Tous ont mis sur la table quelques 40 millions d’euros pour pré-financer des organisations non gouvernementales. En contrepartie, ils reçoivent des crédits carbone venant compenser une partie de leurs émissions qu’ils ne peuvent éviter dans le cadre de leurs activités. Cette quantité de crédits carbone reçue va dépendre des résultats obtenus par les projets financés. En clair, plus les initiatives financées améliorent la situation, plus les investisseurs reçoivent des crédits. Ainsi le fonds a déjà séquestré plus de 10 millions de tonnes de CO2 pour une période de 20 ans. Grâce à ce résultat, il a obtenu en juin dernier le titre de “meilleur programme de compensation carbone d’entreprise 2016” par le journal Environmental Finance.
Les neuf projets en cours financés par Livelihoods ont un objectif commun au-delà de l’empreinte carbone : améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs. Pour cela, le fonds finance des actions qui visent à transformer les écosystèmes de communautés rurales dans l’objectif de lutter contre le changement climatique tout en maintenant les modes de vie. Exemple : Hifadhi, un foyer amélioré de la société Ecoact, qui travaille autour de la décarbonisation, avec l’aide de Climat Pal. Lancée en 2011, l’objectif de cette action est “de diffuser 60 000 foyers améliorés sur 3 Districts de la région du Mont Kenya permettant de réduire la consommation de bois et la pression sur le milieu forestier”, explique la société.
Qu’est-ce qu’un foyer amélioré ? Pour faire cuire toute sorte de choses, et en particulier les aliments, les Kenyans prennent trois pierres posées à même le sol et font un feu. De tels foyers à cuisson sont très consommateurs de bois et polluent beaucoup. Le foyer amélioré leur permet de faire du feu tout aussi facilement mais sans polluer. Cette innovation améliore à plus d’un titre la situation des quelque 20 000 familles qui ont été équipées, et plus précisément les femmes qui gèrent ce foyer pour la cuisson : “ économie de temps et de fatigue pour le ramassage de bois, cuisson plus rapide, diminution des fumées qui ont un impact très négatif sur la santé”, énumère Gérald Maradan, directeur général de l’ONG.
En 2016, l’objectif de l’installation de 60 000 foyers améliorés a été atteint. Des foyers vendus à un prix équivalent à 1,5 euro l’unité. Et fabriqués sur place, ce qui crée aussi de l’activité économique, rendant l’objectif encore plus valorisant. A présent, le projet entre dans une nouvelle phase : celle du renouvellement des premiers foyers livrés. Une nouvelle occasion de vérifier que la population s’est attachée à cette innovation.
Quant à Livelihoods, grâce à ce projet, il a atteint un autre objectif : réduire la destruction de la forêt. Selon les estimations du fonds et de Ecoact, les foyers améliorés ont permis de réduire la consommation de bois de plus de 50%. Et ce n’est pas fini : les investisseurs se préparent à planter quelque 130 millions d’arbres.
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