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Publicis: dernière ligne droite pour une OPA à gros enjeu

Le troisième groupe mondial de communication a obtenu toutes les autorisations américaines pour son offre sur Sapient, qui doit se clôturer ce soir après quatre reports. Sa réussite sera essentielle pour conforter le bilan de Maurice Lévy.
Maurice Lévy - Publicis
Maurice Lévy - Publicis

Le compte à rebours est lancé. Ce soir, l'offre publique d'achat de Publicis sur l'américain Sapient prendra fin, après avoir été prolongée par quatre fois depuis le 10 décembre dernier. Hier, le troisième groupe mondial de communication a annoncé avoir enfin obtenu toutes les autorisations réglementaires nécessaires pour mener à bien cette opération, notamment aux Etats-Unis, et doit seulement recevoir l'apport de la majorité des actions en circulation. Cela ne devrait être qu'une formalité dans la mesure où début janvier, le Français avait déjà obtenu le ralliement de 78,9% des actions à son offre à 25 dollars par action, soit une valorisation de 3,7 milliards de dollars.

Une véritable performance lorsque l'on sait que le capital de Sapient était divisé entre 222 fonds institutionnels et 248 fonds mutuels, et que 27 hedge funds actionnaires auraient pu tenter de faire du grabuge. En offrant une prime de 44% sur le cours de Bourse de la cible, Publicis s'est assuré le soutien de son board mais aussi de l'essentiel de ses porteurs de parts. Par ailleurs, il s'est attaché à ne pas reproduire les mêmes erreurs sur la gouvernance que lors de sa fusion avec Omnicom, et les tâches ont été clairement réparties post-opération: le patron de Sapient, Allan J Herrick, deviendra CEO de PublicisSapient, et le vice-chairman, Jerrry A. Greenberg, membre du conseil de surveillance.

Neuf mois après l'échec retentissant de son alliance américaine, Maurice Lévy offre donc un beau lot de consolation à ses actionnaires: la plus grosse acquisition de son histoire, devant Digitas, Razorfish, Rosetta et LBI réunies. Aux manettes du groupe pour encore plus de deux ans, depuis qu'il a été prolongé en septembre dernier, le septuagénaire compte l'amener plus encore à la pointe du conseil en technologie. Des compétences sur lesquelles Sapient est plus particulièrement positionné grâce à ses 8400 développeurs en Inde, et qui déterminent plus que jamais la stratégie de communication de ses clients.

Et Publicis compte bien profiter de ces nouvelles capacités pour améliorer considérablement sa marge opérationnelle, qui a pâti de ce divorce et est actuellement à 15,3% contre 16,5% en 2013. Après avoir rempli son objectif de tirer 50% de ses revenus du numérique avec deux ans d'avance, Maurice Lévy promet maintenant que la marge remontera de 200 à 400 pb d'ici 2018 et sera d'ores et déjà la meilleure du secteur cette année.

Les analystes y croient, et Kepler estime ainsi que Publicis bénéficiera de hausses de dépenses de publicité et d'un vent favorable grâce au dollar fort, si bien que la valeur présente un point d'entrée qualitatif intéressant. A 68 euros, l'action retrouve actuellement son plus haut atteint il y a un an lorsque l'euphorie d'un mariage historique était encore prégnante. Il y a toutes les chances pour qu'une fois l'achat de Sapient finalisé, elle touche de nouveaux records et offre toutes les chances à Maurice Levy de tirer sa révérence, avec la satisfaction d'avoir construit en trente ans un empire français de la communication.


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