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Macron donne le coup d’envoi du premier contrat d’assurance-vie en capital-investissement
« Nous devons réussir collectivement à réorienter les modes de financement de l’économie », a martelé ce matin Emmanuel Macron. Après avoir mis en place le PEA-PME, les fonds de prêts à l’économie, un cadre pour le crowdequity ou encore la société de libre partenariat, Bercy tente un nouvel outil pour dynamiser l'épargne française et mieux financer les entreprises qui ont du mal à trouver des fonds propres dans notre pré carré. C'est ainsi qu'est née la première unité de compte en private equity dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie dont le ministre de l'Economie a fait l'éloge ce mardi. La création de ce nouveau produit a été permise par la Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques d’août 2015. Si plusieurs assureurs travaillent à la concrétisation d’un tel dispositif, les premiers à avoir dégainé une offre sont AXA France et la société de gestion NextStage.
A l'occasion de sa présentation, Emmanuel Macron a tenu à souligner l’importance de l’investissement en fonds propres. Le locataire de Bercy a également rappelé que les différents modes de financement ont été mis à mal à la suite de la crise par les multiples réglementations, qu’elles soient budgétaires, bancaires (Bâle) ou assurantielles (Solvabilité 2). « Nous avons eu un ennemi en la matière : le cadre de régulation », a affirmé le ministre.
Quel est le raisonnement du gouvernement ? Si les normes prudentielles des assureurs leur rendent difficile l’investissement en private equity, les assurés avisés peuvent, eux, porter le risque de liquidité et soutenir le financement des entreprises. Le gouvernement espère que le contrat d’assurance-vie en capital-investissement, qui concrétise donc cette équation, permettra de dégager « quelques milliards d’euros » pour les petites et moyennes sociétés. Lesquelles sont souvent en manque de financement et/ou obligées d'aller chercher ailleurs les deniers dont elles ont besoin.
C'est dans ce cadre qu'AXA propose à ses clients les plus aisés de combiner la souplesse de l’assurance-vie et la recherche de performance (non garantie) de long terme des PME et ETI en croissance. Grâce à ses clients, l'assureur a déjà pu récolter 400 millions d’euros, dont la gestion est confiée à NextStage. Les assurés «expriment depuis longtemps le souhait d’accéder à cette classe d’actifs de long terme au travers d’unités de compte à l’intérieur de leur contrat d’assurance-vie existant », déclare dans le communiqué Olivier Mariée, directeur des activités épargne et Wealth Management d’AXA France. A ce sujet, Emmanuel Macron a d'ailleurs rappelé que faute d'avoir pour l'instant les outils nécessaires, les investisseurs français avertis n'hésitent pas à rediriger leur épargne au Luxembourg, pays qui offre plus de possibilité en la matière.
De son côté, NextStage a insisté sur la comparaison entre notre tissu économique et celui de notre voisin d’outre-Rhin. « Il est clé d’accompagner les Entreprises de Taille Moyenne, le 'French Mittelstand', qui représentent le vecteur le plus efficace pour créer des emplois, de la croissance et de la compétitivité, comme l’illustre le rôle central des entreprises du Mittelstand dans le succès économique de l’Allemagne », a souligné Grégoire Sentilhes, Président de NextStage. Le véhicule présenté aujourd'hui ayant été le fruit de discussions entre les différentes parties, Emmanuel Macron a tenu à mettre l’accent sur cette méthode de co-construction des règles et des produits. « Si ce n’est pas pensé avec la place, ça fonctionne moins bien », a affirmé le ministre qui souhaite que cette façon de faire persiste dans le temps.
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