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Gouvernance - rémunérations / Du côté des décideurs
Rémunérations des patrons : il y a Carlos Ghosn et les autres
La polémique autour de la rémunération Carlos Ghosn ne faiblit pas. Les actionnaires et commentateurs attentent notamment la réponse de Renault au Haut Comité de gouvernement d'entreprise de l'Afep-Medef, qui a critiqué la réaction du constructeur à la suite du « say on pay » négatif sur le package du dirigeant. Cette affaire, qui conduit le gouvernement à vouloir légiférer en rendant par exemple le vote des actionnaires en assemblées générales contraignant, ferait presque oublier que certains patrons n’attendent, eux, pas d’être dans l’œil du cyclone pour écouter leurs investisseurs. Ainsi, Jean-Laurent Bonnafé de BNP Paribas ou Jacques Aschenbroich de Valeo ont-ils renoncé d'eux-mêmes cette année à une partie de leurs émoluments.
Dans le détail, le directeur général de BNP Paribas a tiré un trait sur ses indemnités de départ. A noter d’ailleurs que le « say on pay » du patron a été voté à plus de 81% et le renouvellement de son mandat d’administrateur a été validé à près de 99%. Autre patron à avoir fait un geste : Jacques Aschenbroich, dirigeant de Valeo. L’homme a fait une croix sur son indemnité de départ au moment de sa nomination en tant que PDG en février. Et lors de l'assemblée générale, les actionnaires de l’équipementier automobile ont approuvé à plus de 94% les éléments de rémunération de Jacques Aschenbroich au titre de 2015.
Chez Legrand, c’est Gilles Schnepp qui a renoncé à une hausse de 17% de son variable, soit à 95 000 euros supplémentaires, lesquels auraient pu lui permettre de remporter 630 000 euros. Sa rémunération, qui a donc finalement atteint 1,16 million d’euros (625 000 en fixe et 535 000 en variable), a été approuvée à quasiment 99% par les actionnaires. « Les dirigeants sont nombreux cette année à renoncer à une partie de la rémunération qui leur est due, et pourtant appelée à être votée. Preuve qu’ils sont, dans la grande majorité, à l’écoute de l’opinion, des salariés et des actionnaires individuels », explique l’Hebdo des AG, qui compile toutes les données de ces grands rendez-vous.
Si certains l’ont fait sans pression, d’autres ont dû faire un geste à destination du public et des investisseurs, faute d’approbation naturelle. Ainsi, Philippe Crouzet, président du directoire de Vallourec, a renoncé à son variable au titre de 2015 (661 778 euros) en février dernier. Cette main tendue répondait notamment à une demande d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie. Ainsi, les patrons ont-ils souvent la sagesse de ne pas s’accrocher à leurs gratifications, même si elles leur ont été promises et sont parfois bien justifiées, afin de ne pas se retrouver sous les fourches caudines des différents acteurs, ou tout simplement parce qu’ils anticipent bien en amont les désirs de leurs actionnaires. Il serait donc dommage de mettre tous les dirigeants dans le même panier.
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