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Essilor-Luxottica relance les volumes du marché M&A français
Qui a dit que les corporates risquaient de se montrer frileux en ce début d’année, à l’approche des élections présidentielles ? Pas les mastodontes du CAC 40, résolument tournés à l’international comme vient de le montrer la fusion annoncée entre le Français Essilor et l’Italien Luxottica, qui créent un géant pesant 46 milliards d’euros en Bourse si l’on se rapporte aux cours de vendredi soir.
Trois conseils prennent d’ores et déjà une sérieuse option sur les league tables M&A de l’année : Citigroup Global Markets et Rothschild côté français, et Mediobanca côté italien. Ils avaient nommé l’opération Cirrus et ont négocié dans le plus grand secret pendant six mois, afin de faire aboutir cet accord entre le fondateur et milliardaire Leonardo del Vecchio, détenteur de 62% du groupe qui commercialise les Ray-Ban et Oakley, et le Français, leader mondial des verres correcteurs.
Si le deal est historique par sa taille et son impact sur le marché mondial de l’optique, il est néanmoins comptabilisé comme une opération à 24 milliards d’euros (25,6 milliards de dollars) par Dealogic. La base de données considère en effet que lors d’un mariage entre égaux, il faut prendre en compte la valeur de l’acquisition de la plus petite entité par son partenaire. Si bien que selon ces critères, il s’agit de la troisième plus grosse acquisition historique par un groupe français en Europe, derrière le rachat de sa filiale UK par Orange en 2000 pour 50,3 milliards d’euros, ou encore l’achat géant de l’allemand Hoechst par Sanofi en 1999, pour 31,7 milliards d’euros. Et elle passe en quatrième position si l’on élargit à toutes les transactions mondiales par des Français, derrière l’emplette de Seagram aux US par Vivendi, également en 1999.
Toutes ces données en disent long sur l’appétit des grands groupes hexagonaux prêts à se lancer dans les fusions géantes, dignes du tournant des années 2000, pour piloter leur avenir et la croissance de demain.
Sur le marché européen en revanche, l’opération tombe en neuvième position car le Top 3 a été préempté par les transactions historiques signées l’an passé : le rachat du suisse Syngenta par le chinois ChemChina (43,3 milliards d’euros) et celui de l’allemand Linde par l’américain Praxair (40,9 milliards d’euros) dans la chimie, et celui du néerlandais Qualcomm par l’américain NXP dans les semi-conducteurs (43,1 milliards d’euros).
Mais l’opération est en tout cas de très bon augure pour le millésime 2017 du marché M&A français à l’étranger: les 16 deals annoncés par des corporates de l’Hexagone totalisent déjà 27,8 milliards d’euros depuis le début de l’année, contre 41,7 milliards pour l’ensemble de l’année 2016, selon Dealogic !
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