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Marché de l'emploi: pourquoi les britanniques narguent la France

Le taux de chômage britannique est descendu à 7,1% entre septembre et novembre. La faiblesse de la livre, la reprise du crédit et de la consommation ont permis de relancer le pays et la création de plus d'un million d'emplois en quatre ans. De quoi donner des idées au gouvernement Ayrault?
Pôle emploi
Pôle emploi

Alors que la France ne sait plus quelle solution inventer pour résorber son taux de chômage et susciter des créations d'emplois, de l'autre côté de la Manche, les Anglais ont, semble-t-il, trouvé la formule. Hier, le pays a ainsi dévoilé un taux de chômage de 7,1% entre septembre et novembre (280 000 nouveaux postes), alors que les analystes tablaient sur 7,3%. Si la création d'un million d'emplois d'ici la fin du mandat de François Hollande sera un véritable challenge pour l'Hexagone, la Grande-Bretagne elle, est parvenue à instaurer 1,34 million nouveaux postes depuis février 2010. Sur la même période, la France n'est parvenue à créer que 150 000 emplois. Comment expliquer la fulgurante baisse du chômage au Royaume-Uni depuis un an et la France pourrait-elle s'inspirer du succès de sa voisine ?

Le tableau du marché du travail côté britannique est vraiment encourageant. Alors qu'en 2010 et 2011 les nouveaux postes étaient majoritairement des embauches temporaires ou à durée déterminée, les contrats à temps plein représentent désormais la plus grande partie des nouveaux emplois (hausse de 2,1% sur un an). Autre signal positif, la reprise du marché de l'emploi concerne l'ensemble du pays et non plus seulement la région de Londres et le Sud Est et touche l'ensemble des secteurs. "Au troisième trimestre, les emplois ont grimpé de 0,4%, de 1,4% et de 2,2% sur un an dans le secteur manufacturier, la construction et les services", explique Catherine Stephan, analyste chez BNP Paribas. Même si ces derniers représentent toujours la très grande majorité des emplois du pays (80% de services).

 

L'embellie généralisée du marché du travail britannique résulte en grande partie de la reprise du pays, qui s'est accélérée sur les douze derniers mois et se poursuivra l'an prochain, comme l'a dévoilé le FMI mardi soir. Ainsi, la croissance de la Grande-Bretagne a atteint 1,4% en 2013 et devrait grimper à  hauteur de 2,4% cette année selon l'institution, qui a révisé ses prévisions en hausse de 0,6 points depuis octobre. Et de nombreux économistes tablent plutôt sur 3%. 

"Il y a encore un an, nous étions en aussi mauvaise forme que la France", explique James Knightley, analyste chez ING à Londres. Selon lui, plusieurs facteurs ont permis au pays de retrouver des couleurs. Le regain de confiance des chefs d'entreprises tout d'abord, mais également le fait que le crédit soit bon marché et accessible facilement grâce à la mise en place du programme funding for lending de la Banque d'Angleterre. "La Banque d'Angleterre a sans doute réagi plus rapidement et de façon plus agressive que la BCE pour relancer la machine économique", explique l'analyste. La faiblesse de la livre a également favorisé les exportations britanniques. Enfin, selon James Knigtley la reprise du pays et de l'emploi découle de la bonne tenue de la consommation. Au mois de décembre les ventes au détail ont ainsi augmenté de 5,5%. 

La hausse des créations d'emplois en Grande-Bretagne résulte donc principalement d'une accélération de la reprise économique du pays. Or la France ne pourra compter que sur une hausse de 0,9% de son PIB cette année, selon les prévisions du FMI et de Bercy. Un élément cependant, pourrait donner quelque espoir au gouvernement français dans sa lutte contre le chômage. L'embellie du marché du travail britannique découle également de la modération salariale (+0,9% sur un an) et de la politique de l'offre menée par les conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir. Ceux-ci ont rapidement instauré une baisse de l'impôt sur les sociétés et une baisse des charges pour l'emploi de jeunes. C'est clairement l'esprit du pacte de responsabilité annoncé par François Hollande au début de l'année. Encore faudra-t-il que ces allègements soient financés par des baisses de dépenses suffisantes. Mais le changement de ton du président est un signal positif en faveur des entreprises et de l'emploi.

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